Friends Of Pain

Les Warriors Of Darkness renaissent de leurs cendres, plus fort, plus soudés que jamais. FoP est une Team MH3U et MH4.
 
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 I was born for your happiness

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 4 Avr - 4:29

Toujours un peu d'espoir
Ouais, c'est dommage
Et Geygey pour le dessin

_________________
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Ven 17 Avr - 22:46

Je vais l'adapter en bd, comme ça, tu pourras la lire.



I was born for your happiness
Souvenirs



Chapitre 35 : Opposées


Je reviens vers Sakura. Elle me regarde, abasourdie, et me demande où est passé Kabuto.

- En sécurité. Comment te sens-tu après toute cette histoire à Konoha ?
- Hein ?
- Je te demande comment tu encaisses toutes ces exécutions.
- J'obéis aux ordres de Tsunade-sama, c'est tout.
- Je m'en fiche, je veux savoir ce que tu en penses.
- C'est tout à fait normal d'en venir aux exécutions publiques, ils étaient près à la tuer…
- Ah bon… Ma pauvre. En plus d'être sourde comme un pot, tu es aussi bête que tes pieds.
- Je dois te tuer au risque de mourir avec toi, déclare-t-elle avec indifférence. Tu représentes un trop gros danger pour le village.
- Vois si tu peux, murmuré-je avec le sourire.

Et je charge sans crier garde. En deux secondes, je me retrouve face à elle. J'attrape sa nuque et lui décoche un formidable coup de genou dans la figure, ressentant l'agréable craquement de son nez contre ma rotule. Elle recule, sonnée. J'enchaîne alors avec un coup de pied dans l'abdomen, la propulsant à quelques mètres. Sakura semble se ressaisir en envoyant quatre kunai. Je trouve tout juste le temps de bloquer l'attaque en faisant pousser une aile d'airain. Un, deux, trois, quatre impacts. Je pivote sur la droite, déploie mon aile et la ramène vivement vers l'avant, propulsant ainsi une dizaine de plumes tranchantes droit sur elle. Sakura en pare quelques unes, les autres ne l'atteigne pas… sauf une. Sur la joue gauche. J'espère pour elle qu'elle sait extraire un poison.
La gamine arme son poing droit et vient frapper le sol d'une puissance phénoménale, provocant ainsi une déformation qui dévale dans ma direction. Sans attendre, je bondis dans les airs, saute sur un rocher qui s'élevait, accumule de la vitesse et retombe lourdement sur Sakura creusant la terre d'un immense cratère, mais elle s'est esquivée. Les arbres déracinés s'effondrent dans leur tombe de fortune sous le grondement forestier. Je balaie le nuage de poussière qui obstrue toute visibilité une brève rafale, mais mes sens viennent se heurter à un obstacle en mouvement : Sakura, sur la droite. Hors de ma portée.
Elle fuse sur la gauche, confiante, tandis que je rengaine mon aile, décidée à ne pas m'en servir pour le moment. Lorsqu'elle atteint mon niveau, elle engage un coup de poing que je bloque de ma paume, concentrant une faible dose de chakra qui vient amortir la puissance. J'en profite aussi pour agripper sa main afin de tirer Sakura vers moi et lui balancer ma jambe droite dans l'abdomen. Elle se plie en deux sous la douleur, alors j'enchaîne avec un coup de poing dans la mâchoire.

- Navrée d'abîmer ton joli petit minois, provoqué-je en constatant qu'elle est maquillée.

Sakura réplique par un regard censé m'impressionner, mais j'avouerai qu'après Orochimaru, ce n'est pas celui-ci qui me fera frissonner ! Je la laisse se relever, mais sans attendre, elle effectue d'un quelque mouvement un déplacement lui permettant de se retrouver dans mon dos. Toutefois sur mes gardes, je la sens empoigner mes cheveux avec fermeté.

- Navrée de devoir couper ces magnifiques cheveux, imite-t-elle.
- Je doute qu'ils apprécient, souris-je.

Elle les lâche, étouffant un cri de surprise. Je me retourne tranquillement. Lorsque son regard se détourne de ma chevelure vivante pour se poser sur le mien, ses muscles se tétanisent et sa mâchoire ensanglantée tomberait presque à ses pieds. Elle lâche le kunai, recule de quelques pas, perdant l'équilibre, et manque de chuter, mais un arbre l'en empêche.

- Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur cette tête, hein ?
- Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu es devenue…

Mon sourire s'efface progressivement de mon visage, virant à la limite de la grimace.

- Tu te moques de moi, Sakura… Si d'après toi je suis monstrueuse, dis-moi quelle humaine regarderait ses amis défiler un à un sur un échafaud trop étroit pour tous les accueillir d'un seul coup.

Je retrouve peu à peu mon apparence originelle, sentant mes boucles sombres retomber de part et d'autre de mon visage, de mon cou, de ma poitrine, le long de ma nuque et de mon dos. Je libère ainsi Sakura de mon entrave, et, pour toute réponse, cette dernière détourne le regard.

- Je protège le village, souffle-t-elle.
- J'ai cru comprendre que vous êtes ici dans le but de tirer les vers du nez de Kabuto au sujet de Sasuke.
- Comment il va ?
- Il est toujours détestable, alors je suppose qu'il va bien, satirisé-je.
- Même s'il est un Nunkenin, il ne s'en prendra pas au village, contrairement à toi.
- Il ne s'en prendra pas à Konoha parce qu'il n'en a rien à foutre de vous, accentué-je. Il est animé par une seule cause : la vengeance, et ce, depuis le début. Tu ne m'as pas l'air de bien l'avoir compris, Sakura, et pourtant, tu t'auto-proclames être la donzelle la plus proche de lui.
- Tu crois tout savoir, comme d'habitude, crache-t-elle, mais tu ne sais rien de lui.
- Je suis loin de le comprendre personnellement, mais je sais pertinemment qu'il veut obtenir par n'importe quel moyen la tête de son frère, et pour cela, il a choisi de rejoindre Orochimaru, car lui, il le forme. Konoha ne l'aurait pas aidé, ou pas suffisamment.

Je lâche un léger rire.

- Toi-même, élève de Tsunade qui est au même titre que Jiraiya-san et Orochimaru, je ne vois pas ce que tu as acquis d'elle durant ces deux dernières années.

Soudain, elle se crispe.

- Pour quelqu'un qui cherche à tuer, continué-je, tu ne vas pas bien loin.

Sa pupille s'atrophie, les muscles de son visage se tendent, elle salive, son front perle…

- Tu n'as même pas remarqué que je t'ai mortellement empoisonnée.
- Tu… as… dit, bafouille-t-elle avant de cracher du sang.
- Eh quoi ? Tu m'as fait confiance pour ne pas te tuer ?
- N… Naruto…

Elle hurle sous la morsure de la douleur.

- Ça fait mal, hein, le venin de veuve noire…
- Tu as dit… Na… ru…
- Sakura, m'amusé-je. Ne me dis pas que tu comptais sur un lien immatériel pour t'éviter la mort ?…

Elle grimace de plus belle, puis s'effondre sur ses genoux.

- Ne me dis pas que tu te sers volontairement de l'affection qu'a Naruto pour toi…

Je m'avance jusqu'à elle pour m'agenouiller à son niveau et ainsi plonger mon regard sombre dans le sien.

- Il n'empêche que… ton trépas lui servirait admirablement bien de leçon.

Il semblerait qu'elle réalise le sens de ma phrase.

- Je te… maudis…
- C'est inutile, ris-je. Les dieux l'ont déjà fait. Mais je te laisse le choix de vivre ou de mourir, il te suffit de répondre à une faveur.

Sakura étouffe une lourde plainte.

- Écoute, poursuis-je. Tu promets soit de nous débarrasser d'un membre de l'Akatsuki, soit… de tuer Tsunade pour moi.

Je souris davantage.

- Tu as deux petites minutes pour réfléchir et articuler ta réponse, l'une d'elle te laissera la vie sauve, autrement, tu mourras.

Je patiente longuement sous la respiration sèche de Sakura. Les deux minutes sont bientôt écoulées et elle ne m'a toujours pas donnée sa réponse… Ah… elle n'est pas si stupide que cela… toujours persuadée que Naruto la protège, et elle a bien raison.
Je soupire et place ma main contre sa joue, au niveau de la plaie. Sous mon intervention, le poison parcourt son trajet inverse pour ressortir. La petite goutte extrêmement toxique joue entre mes doigts ; je la fais alors passer sur ma main gauche et elle disparaît dans mon index métallique. Je me redresse ensuite. Sakura sourit d'un air malicieux qui ne me plait guère.

- Tu gagnes cette fois-ci, fis-je froidement. Mais n'espère…

Un bruit assourdissant et une brève secousse sismique viennent rompre ma phrase. Surprise, je me retourne vivement en direction de ce phénomène inconnu, et là… le choc… Un être humanoïde recouvert d'une sombre peau orangée se tient assis, devant nous, quatre queues de renard dansantes au dessus de sa tête… Une chevelure blonde se laisse voir sur le haut de son crâne, mais une lame est enfoncée dans sa chair… non… elle ne le traverse pas… Bien entendu, il s'agit de Naruto… mais… cette lame est immense ! Je lève mes yeux au ciel, suivant la trajectoire, puis aperçois très haut, presque dans les nuages, la tête d'Orochimaru portée par un cou grand comme il n'est pas permis… la lame sort carrément de sa bouche…
Je me souviens avoir laissé Yamato, Kabuto et Sai près du pont. La seule personne que je peux délivrer pour le moment est l'homme de bois. J'annule alors le sort d'entrave, puis détourne mon attention sur Naruto. Non… sur un Kyubi miniature… D'ailleurs, il bouge… passant sa main derrière la lame… Ouh-là ! Ça ne sent pas bon ! Il la repousse vivement en notre direction, usant d'une puissance incroyable ! Réflexe : je bondis hors de portée de l'épée, me réfugiant dans les hauteurs des arbres qui eux, ne seront pas rasés. Cependant, Sakura ne me suit pas. Elle n'a en fait tout simplement pas le réflexe… L'imbécile ! Elle va se faire…


































Décapitée…


































Je regarde la partie tranchée s'élever dans les airs, rejoindre le sol, rebondir lourdement contre la terre, rouler, rouler, rouler… Le corps s'affale, inerte, sous mes yeux horrifiés. Je reste là, immobile, perchée sur un arbre durant de longues secondes, la tête vidée par cette scène d'une violence écœurante…

- Sakura ! hurle au loin la voix de Yamato.

Je me ressaisis alors, puis saute à terre, cherchant du regard la tête de Sakura. Je finis par la retrouver à quelques mètres… Ma salive glisse dans le fond de ma gorge tandis que mes pas me guide vers elle. Plus je m'avance, plus j'ai l'impression qu'elle se mettra à parler, mais je décide de nier toute émotion et sentiment susceptibles de faire fuir mon assurance, alors, je marche jusqu'à elle. Sakura a vu venir la mort, mais elle n'a rien sentie… C'est une entaille claire, nette et précise. Brûlée sous le coup de la puissance et de la vitesse, même. Ces yeux verdâtres sans vie, épouvantés, fixent un point droit devant. Quelques mèches roses lui recouvrent la moitié du visage tanné à force d'avoir roulé dans la terre. Je soupire longuement avant de me pencher pour la ramasser par le haut de son crâne.

- Sakura ? Saku…

Je m'empresse de fourrer la tête humaine encore dégoulinante de sang dans un sac de lin matérialisé sur le moment.

- Toi ! Sa… Sakura !

Je ressers l'élastique en laissant chuter lourdement la hotte.

- Un accident, répondis-je sans me retourner.
- Quoi ?
- C'est Naruto, lorsqu'il a dégagé l'épée. Elle n'a pas eu le réflexe de s'échapper, et voilà.
- Ne rejette pas la faute sur les autres…
- Je devrais être couverte de sang, rétorqué-je en lui faisant face. Or, je ne le suis pas, voyez-vous ?

Son regard sombre plonge dans le mien durant un long moment jusqu'à ce qu'il le détourne sur le sac qui pendant à mon bras.

- Dans ce sac, prononce-t-il. Qu'est-ce que c'est ?
- À votre avis… Yamato-daichou ?

Son visage se crispe, marquant un certain mépris.

- Donne-la moi…
- Pourquoi donc ? J'en ai besoin…
- Comment peux-tu en avoir besoin ! explose-t-il de rage. Comment peux-tu en avoir besoin alors que tu dis ne pas avoir voulut sa mort !
- Maintenant que c'est fait, il faut bien trouver une utilité à ce ridicule accident. Sachez-vous plus utiles vivants pour nous débarrasser de quelques membres de l'Akatsuki que morts, alors pourquoi tuer Sakura qui fut la clef du soutien et l'élève de Tsunade ?

Il ne dit rien. Le vent souffle dans nos cheveux.

- Que comptes-tu en faire…
- Vous la rendre à notre prochaine rencontre, déclaré-je. En attendant, je la garde avec moi. Je vais devoir vous laisser, Yamato.

Je matérialise mon sceptre afin de faire appel à un aigle géant qui vient se poser à mes côtés dans un formidable appel d'air.

- Attends !
- Elle et moi avions une personne en commun qui nous est chère. S'il advient que cette-dernière passe l'arme à gauche, j'ai promis de me débarrasser de Sakura en premier choix.

Je monte aisément sur le dos du rapace royal.

- Aujourd'hui, cette jeune fille n'est plus, tuée par la rage de cet ami, poursuivis-je. La simple idée de ne pas avoir su protéger mon ennemie de notre ami commun me ferait presque rire, vous me voyez ?

Je marque une pause, creusant mon regard noir, vide de compréhension.

- Bien sûr que non, laissé-je échapper. Enfin ! protégez Naruto de Kyubi. Vous l'avez compris, vous aussi, que ce démon représente un trop grand danger pour lui… Pour lui et pour son entourage, d'ailleurs.

L'oiseau s'agite, ne trouvant pas son aise à rester sur terre, alors je lui donne le droit de déployer ses ailes et de s'envoler, repoussant au passage les branches des arbres de sa large envergure. Nous survolons les lieux saccagés de ce fameux pont. Je jette un coup d'œil sur Sai. Le jeune homme est accroupi près du corps inconscient de Naruto. Il respire… c'est déjà cela. Nous passons au dessus de la deuxième moitié sylvestre ; au loin, un immense cratère perce parfaitement la forêt par un contraste arbres/terre refoulée. J'aperçois deux Orochimaru au centre : l'un est allongé, inerte, le cou complètement déformé ; l'autre se relève péniblement. Je soupire, puis quitte le dos de ma monture pour aller à la rencontre de mon supérieur. En me voyant approcher avec mon sac, il trouve étrangement à sourire tandis qu'il grimaçait juste avant.

- Eh bien, souffle-t-il de sa voix rauque, amusé. Que m'apportes-tu là, Seiko-chan ?

Ne sachant pas vraiment comment lui dire, je me contente d'hausser les épaules, mais au final, j'ajoute du tac au tac :

- Une tête.

Il me regarde de haut en bas, ne paraissant nullement surpris par ma déclaration.

- Tu collectionnes ?
- Non, je compte la rendre en main propre à Naruto.

Orochimaru rit légèrement…

- Tu sembles tenir à ce gosse, raille-t-il en me dévisageant de haut.
- Je tiens à ce que le message passe, si vous n'en voyez pas d'inconvénient.

Je baisse les yeux sur la hotte brune ensanglantée tandis qu'Orochimaru croise les bras.

- Tu en as réellement après Tsunade, note-t-il.

Elle a tout de même tué les shinobi qui la servaient, sans hésitation, lorsqu'ils se sont opposés au changement de régime politique. Enfin… Tsunade. Tsunade, ou cette chose qui a pris le contrôle de sa conscience.

- Si nous y allons ? esquivé-je en reposant mon regard sur lui.
- J'imagine que tu ne sais toujours pas te transporter instantanément au repaire.
- Non, désolée…

Le Sannin soupire de lassitude et baisse à son tour les yeux.

- Dire que je comptais sur Kabuto pour te l'enseigner…
- Je pense que c'est raté, souris-je doucement.

Golden-Eyes reste pensif. À vrai dire, il y a de quoi s'inquiéter pour l'avenir : en plus d'exceller en médecine, Kabuto a vécu plus de quinze années aux côtés du renégat. Il connait donc ses nécessités primaires, quant à moi… eh bien… C'est alors que je remarque qu'Orochimaru me fixe avec insistance. Je me sens rougir en estimant ses intentions…

- Je… je ne peux même plus utiliser les techniques de soin, m'empressé-je d'intervenir. Si je suis incapable de le remplacer sur ce point, je ne vois pas comment pourrais-je me convertir pour vous.

Une onde vient frémir à mes sens. Je me retourne en direction du pont pour observer l'étendue forestière qui s'étale devant nous.

- Nous ferons mieux de ne pas nous éterniser ici, commente le Sannin.
- Au pire des cas, vous pouvez rentrer directement. Je vous rejoints ensuite par le moyen le plus rapide que je connaisse.
- Non, tu restes avec moi.

"Reste ici", "reste avec moi"… en gros je reste, je l'ai compris… S'il s'imagine que je vais pour retourner ma veste, il se fourre le doigt dans l'œil. Enfin…
Orochimaru tourne les talons et entame la course. Je le suis alors, silencieuse, avec cette horreur se balançant dans mon poing gauche.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 18 Avr - 9:50

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Chapitre 10 : Repaire du Sud


Fin-décembre. Hiver. Une bien belle saison. Nous partons aujourd'hui pour le repaire situé sur une île au sud du pays de l'Eau, ce qui nous coûte vingt-quatre heures de voyage, soit un jour de marche et une nuit de bateau. Nous ne sommes pas bien nombreux, quinze, exactement.
On dirait bien que c'est la première fois qu'Ichiro prend le navire et il n'y a rien de réjouissant lorsque l'on est victime du mal de mer. Seiko et Emon se chargent de le soutenir en le sollicitant de regarder les vagues. Kabuto, lui, classe ses affaires. Kaliachi se repose, Hisae reste non loin de moi, Sasuke est assis et les autres observent calmement l'horizon ou s'occupent de quelconque manière. J'aperçois du coin de l'œil Ichiro renoncer aux conseils des deux jeunes et aller s'assoir plus loin. Seiko et Emon abandonnent eux aussi leur soutien et restent sur la passerelle à admirer l'océan. Je me plonge ensuite dans mes réflexions.

- Ichiro ! s'écrie Seiko. Tu ne sais pas ce que tu loupes !

Lorsque je lève mon regard sur elle, je la vois penchée sur la rampe à observer je ne sais trop quoi dans l'eau. Le jeune homme appelé râle sans se lever pour autant. Emon effectue un geste vif, et, dans la seconde qui suit, un mammifère marin bondit juste devant la jeune femme.

- Magnifique !

C'est Emon qui…
Le jeune homme double son geste, et, cette fois-ci, ce sont deux dauphins qui apparaissent. Je vois Hisae s'éloigner pour s'approcher d'eux et observer elle aussi le spectacle en gardant toutefois une certaine distance avec Seiko. Kaliachi, qui s'est réveillée entre-temps, entraîne Kabuto, et ce sont tous les membres qui suivent. C'est en remarquant l'éclaircissement spontané du visage de mon second que je me résigne à les rejoindre. Je me place entre Seiko et Hisae et regarde ensuite. Effectivement, dix dauphins nagent à notre rythme. Emon baisse les bras, les dix disparaissent sous les flots, les relève et les dix effectuent un saut magistral simultanément.

- Emon, souffle ma seconde. Tu es génial…

Il est vrai que lorsque l'on fait la même chose avec des serpents, c'est bien moins reconnu…
Seiko détourne son attention sur moi, comme si elle m'avait entendu penser, puis me sourit d'un air amusé et ravi.

- Il n'y a rien à faire sur ce bateau, défendis-je avant qu'elle ne me fasse une remarque.

Pour toute réponse, elle sourit d'avantage et se concentre à nouveau sur ce qu'elle qualifie de génial. Ces bêtes ne font que des cabrioles orchestrées par Emon, après tout. Je m'éloigne alors, lassé. Le jeune homme aussi au bout de quelques minutes et tout redevient comme avant. Sasuke est resté assis sur son banc à fixer droit devant lui.

Simple test de ma part : je change de place, m'éloignant de quelques mètres en tachant de m'isoler. Comme à ce que je m'attendais, Hisae me suit aussi discrètement qu'elle peut. Je ne sais pas tellement ce qui trotte dans sa tête, mais cela risque fortement de me déplaire. Je la vois s'avancer au bout d'un certain temps pour regarder le soleil se coucher. Elle soupire et laisse flotter ses cheveux blonds et lisses dans le vent. Je l'observe un instant avant de détourner le regard, agacé par cette attitude. Toutefois, je reste quelques minutes puis retourne à ma place initiale.

Je pensais y retrouver les autres, mais je ne vois que Seiko, toujours en compagnie de cette statue de Sasuke. Elle observe aussi le paysage baignant dans l'incandescence du crépuscule, les bras croisés sur le rebord. Elle baille, s'étire, puis se replace. Je pense bien qu'elle ne m'a pas remarqué. Soudain, un bruit assourdissant dans mon dos vient briser le silence. Je me retourne et aperçois la gamine ramasser un tas de ferraille qu'elle a fait chuter. Elle jette un coup d'œil sur Seiko qui n'a pas bronché, puis sur moi, et lorsque son regard croise le mien, elle se raidit et s'empresse de le détourner.

Hisae est une jeune fille blonde aux cheveux mi-longs et aux yeux verts âgée de treize ans que l'on pourrait croire muette en raison de sa grande timidité. Effectivement, elle ne parle pratiquement à personne, si ce n'est qu'aux autres filles du même âge que le sien. Je l'ai recueillie dans un village non loin d'Ame au mois de juin, il me semble. La seule survivante, ou du moins, la seule encore sur les lieux. Je compte la laisser au repaire du Sud, de toutes façons. Cela m'évitera de me la trimbaler toute une vie, d'autant plus qu'elle ne me lâche pas d'une semelle et cela commence à bien faire…

Quant à Seiko, elle semble s'être mise d'avantage à l'ouvrage depuis notre dernière discussion et prend son rôle de seconde très au sérieux. C'est limite si elle a dégagé Kabuto !

Du côté de ce jeune homme, il faut l'admettre : un sacré coup de mou, et ce depuis le soir où il est revenu sans Seiko, en omettant la période qui précède ce fameux retour et donc, la nomination.

Hisae finit de replacer ce qu'elle a fait tomber et vient s'assoir sur un banc. Sasuke rejoint sa cabine, Seiko, elle, laisse le vent porter son bras nu qu'elle suspend sur le rebord et souffler dans sa chevelure sombre. Les montagnes, ces dames noires du Feu, se dessinent parfaitement sur la voûte céleste teintée de mille et une couleurs. Au dessus de nous, la Grande Ourse. Cependant, en observant le ciel à la recherche d'autres constellations, je perds un peu l'équilibre. Je décide de m'avancer jusqu'à la rampe, rejoignant ainsi ma seconde dans un silence marin. Elle baille de nouveau en portant sa main à sa bouche, puis se replonge dans ses pensées qui sembles si lointaines. Hisae se joint aussi à nous, mais cette fois-ci, elle se place entre Seiko et moi.

- L'aube et le crépuscule, souffle mon bras-droit. Les deux moments où la beauté paysagère atteint son apogée.

Je ne réponds pas, mais approuve silencieusement.

- Hisae, laisse-nous seuls, ordonné-je plutôt.

La jeune fille se crispe sur la rampe, s'immobilise un court instant, puis tourne les talons. Il ne fait pas encore nuit, mais cela ne tardera pas non plus. Seiko garde le silence, elle n'a pas bougé. L'horizon, la ligne d'intersection entre le ciel et l'océan, est presque devenu invisible, laissant lieu à une confusion céleste et marine. Je lève mon regard en direction de la cabine du capitaine, une des seules pièces illuminées dans ce navire de marchands, puis porte mon attention sur la jeune femme qui attend patiemment que je prenne la parole.

- C'est au sujet d'Hisae, commencé-je.

Seiko ne dit toujours rien, elle se contente de fermer les yeux dans un soupir en même temps que la disparition totale de l'astre diurne derrière les montagnes, puis elle réouvre ses paupières.

- J'ai l'impression qu'elle ne m'apprécie pas, déclare-t-elle toujours sans me regarder.
- Elle ne trouve sa place au sein de l'organisation.
- Pas encore, cela viendra. Elle n'a que treize ans et elle est un peu secouée par les événements.
- Tu avais aussi treize ans lorsque tu es arrivée.
- J'en avais quinze, corrige-t-elle. Et je ne pense pas être une excellente référence.
- Je compte la laisser au repaire du Sud.

Cette fois-ci, elle se tourne vers moi et trouve à sourire.

- Vous hésitez ?
- Pas du tout.
- Pourtant, vous m'en parlez.
- Ce n'est qu'une annonce.
- Kabuto est-il au courant ?
- Non, ce n'est pas très important.
- Vous souhaitez me faire part d'une chose, alors.
- C'est tout ce que j'ai à te dire pour le moment.
- D'accord… Vous savez qu'Hisae vous admire.
- Je l'ai simplement recueille.
- Comme la plupart des personnes ici, il me semble.

Je m'accoude finalement au rebord du navire et observe le paysage nocturne en silence, non loin de ma seconde qui fait de même.

- Ne vas pas me faire croire que je suis quelqu'un de bien, marmonné-je.
- J'ai jamais dit cela et je ne dirai pas le contraire pour autant. Je vous apprécie malgré vos défauts, c'est tout.
- Soit tu es d'une hypocrisie légendaire, soit tu es complètement stupide.

Le murmure des flots règne dans le silence nocturne. Cette quiétude est vraiment plaisante, mais Seiko n'a fait aucune remarque.

- Je dois être stupide, souffle-t-elle de sa voix effleurante.

Je détourne mon attention sur la jeune femme qui se détachent péniblement de la rampe.

- Il fait froid, mine de rien.

Je l'observe s'éloigner de sa démarche féminine tandis qu'elle me salue d'un geste gracieux de la main, puis elle disparait dans l'ombre des cargaisons. Un léger frisson parcourt le long de mon échine. Il est vrai qu'il fait froid…




Nous accostons le lendemain sur une plage déserte à quelques heures de notre destination. Nous avons tendance à voyager léger, mais le climat actuel ne nous en a pas permis. Vêtements, couvertures… le minimum pour maintenir la température corporelle au bon degré. Cela n'a néanmoins pas suffit à Seiko qui ne cesse d'éternuer, de renifler, et de se moucher toutes les cinq minutes. Kaliachi s'est risquée à l'embêter à ce sujet, mais elle a très vite compris que ce n'est pas le bon moment. Il semblerait que Seiko s'agace en un tour de main lorsqu'elle est malade ; j'en sourirai presque…

Nous marchons quelques heures en empruntant les petits chemins. Les forêts d'ici ne sont pas aussi grandes que le pays du Feu, mais les falaises sont nombreuses. Ce pays regorgeait de ressources avant la seconde grande guerre shinobi, aujourd'hui, nous ne retrouvons que des rochers.

Nous arrivons finalement au repaire en traversant quelques rivières. C'est un endroit constitué de plusieurs bâtiments principaux : grossièrement l'administration, un réfectoire avec les cuisines, une usine de travaux forcés, les chambres du personnel, douches comprises, les cellules collectives, une infirmerie… et c'est tout.

Karin, une jeune Uzumaki, est d'ailleurs censée nous accueillir. Je la vois s'avancer vers nous, puis me saluer.

- Je ne connais pas tout le monde, constate-t-elle avec indifférence.
- Non, effectivement, admis-je en me décalant. Voici Sasuke-kun, mon futur réceptacle, Kaliachi, l'assistante de Kabuto, et Seiko.
- Enchantée, salue cette-dernière.
- Ma seconde.

Karin a eu une réaction particulière suite à la vue du jeune Uchiwa, et lorsque je lui ai présenté Seiko, elle lui a lancé un regard dédaigneux. Peut-être la jalouse-t-elle…

- Je prendrai l'infirmerie comme laboratoire, annoncé-je.
- C'est un atelier qui est au fond ? se renseigne ma seconde.

Karin hausse les épaules, l'air navre.

- Le courant ne passe plus, et vu que personne l'utilise, je me suis dit que c'est inutile de réparer et qu'on pouvait se débrouiller sans.
- Tu permettras que je trifouille quelque chose ? Je peux peut-être le remettre en marche.
- Hein ? Euh…
- Merci. Au fait, tu es ?
- Karin…
- Karin, répète-t-elle. D'accord.

Et elle s'éloigne en direction de l'usine.

- Je te laisse faire la visite, fis-je en regardant la silhouette de Seiko s'évanouir dans la brume.

Je tourne ensuite les talons pour trouver exil à l'infirmerie. Les heures passées, je n'ai fait que convertir les lieux et régler quelques petites affaires. Sasuke est venu me voir afin de se renseigner sur un terrain d'entraînement.

- Il y a beaucoup d'espace autour de cet endroit.
- Je ne peux pas tester mes nouvelles techniques dans cet environnement…
- Fais comme tout le monde et adapte-toi. Tu n'as qu'à explorer d'autres possibilités, à moins que ce ne soit trop te suggérer, fis-je sarcastiquement.

Il ne tarde pas à sortir de mon champ de vision, probablement frustré de ne pas avoir de réponse. Je ne me déplace pas en fonction de ses besoins, mais en fonction des miens. Tant mieux s'il trouve quelque chose à son aise, autrement, tant pis. Satisfait de retrouver ma solitude, je retourne à mes occupations. Seiko semble bien le faire, elle… Justement, en y pensant, j'ignore de qu'elle compte faire en réparant cette usine. Bien entendu, si elle y parvient… Je décide alors de mettre de côté mes affaires et de la rejoindre afin de voir comment elle s'en sort. Lorsque je franchis le seuil de la porte, je constate que la brume s'est dissipée. Personne dans les alentours. Je mène mes pas jusqu'à l'usine, siège de l'apport en électricité de toute la prison, dans un silence des plus royaux perturbé seulement par le crissement de la terre sous mes semelles. Les portes de l'atelier ont dues être endommagées par les guerres… tout comme le reste de l'architecture. Je pousse les poignées dans le grincement puissant de la rouille pour faire face à l'immensité de l'usine. Je ne localise pas Seiko tout de suite, je dois lever mon regard sur les passerelles pour la trouver accroupie près d'une machine. Elle se redresse, lentement, puis se retourne pour me regarder.

- Tu n'as pas réussi à rétablir le courant.

Elle hausse les épaules. Je la rejoints alors.

- C'est plus que cela, indique-t-elle. J'ai trouvé des rats, ils ont probablement du ronger les fils, et puis, vous savez, avec toutes ces guerres, les dégâts matériels sont nombreux.

Elle soupire, un peu lasse.

- Regardez-moi ça… C'est au bout d'une heure et demi que je commence à comprendre cette machine !
- Qu'as-tu fais, autrement ?
- J'ai commencé par capturer les rats et j'en ai trouvé cinq, répond-elle en me présentant trois cages de rongeurs. Mais bon… en plus d'être porteurs de maladies, il faut que la durée de gestation soit d'une vingtaine de jours pour sept à quinze petits… J'ai alors placé des pièges un peu partout, j'ai réussi à réparer quatre machines, et celle-ci est ma cinquième. Il y en a sept en tout… Ensuite, je devrai trouver un moyen pour les reconnecter entre elles, puisque les câbles sont irrécupérables.
- Tu m'avancerai beaucoup si tu arrives à la fin de ce lourd programme, souris-je.
- Ah oui…

Elle rit légèrement.

- J'espère d'avantage finir avant la fin de la semaine, dans ce cas.
- Une fois que tu comprends le système, le réparer est un jeu d'enfant.
- En théorie, mais pas en pratique.
- Oh, tu y arriveras, assuré-je en croisant les bras. Tu es bien partie.
- J'apprécie votre encouragement, avoue-t-elle, un peu intimidée.
- Tu as de la chance : l'essentiel n'est pas endommagé.
- Oui… J'ai pensé à vous en capturant les rats, peut-être que vous en aurez besoin pour vos expériences.
- Je ne manque pas de cobayes.
- Ils peuvent vous servir pour les expériences mineures… le noir, la blanche et le brun me semblent en bonne santé.
- Et ces deux-là, non ?
- Ah, eux… je les ai séparés parce que celle-ci me sert d'appât et l'autre est… euh… en rut. Vous pouvez tous les prendre, sauf la brune. Je vous en apporterai d'autres si j'en trouve… et si vous le souhaitez.

Je me surprends à me questionner sur son avis par rapport aux cobayes humains. Cela ne m'étonnerai pas qu'elle soit contre, mais ce que j'apprécie, c'est qu'elle se garde bien de me faire le reproche. Seiko n'a au moins pas hérité de cette fâcheuse manie qu'ils ont tous à Konoha : celle de faire la morale lorsqu'une action ne leur convient pas. Ma seconde se retourne pour faire face à son sujet.

- Cela dit, avance-t-elle en croisant les bras, je vais devoir m'y remettre.
- Je te laisse, dans ce cas.
- Oui, ce combat est le mien !

Sa plaisanterie me fait doucement sourire. Il est vrai qu'elle s'acharne dessus depuis plus de quatre heures, et le plus étonnant, c'est qu'elle y trouve du plaisir. Elle se retourne afin de faire face à sa machine tandis que je me dirige vers les rongeurs qu'elle me propose de prendre comme cobaye.

- Aïe…

Je me retourne pour voir Seiko porter son index droit à sa bouche. Quelques gouttes de sang sont tombées sur le sol.

- Machine : un, dit-t-elle, Seiko : zéro…

Elle retire son doigt et le pince légèrement ; une cascade d'hémoglobine en émerge. Visiblement surprise, elle s'empresse de le remettre en bouche. Je reste un moment à l'observer. Quelque chose m'intrigue…

- Ce n'est rien, déclare ma seconde en me surprenant à la fixer.

Au contraire, ce n'est pas rien… Elle s'est sévèrement coupée et on dirait bien qu'elle est en train de se soigner… Je décide de faire preuve de plus de discrétion dans mon analyse en prenant les cages de mes nouveaux cobayes.

- Apporte-m'en d'autres si tu en trouves en bonne santé.
- Hum hum…

Je disparais ensuite.
Le soir venu, je remarque la blessure est totalement cicatrisée. Étrange…

Les jours s'écoulent rapidement. Seiko a bien fini par atteindre son objectif au bout du deuxième de la semaine. Elle ne s'entend cependant pas avec Karin, c'était à prévoir, aussi… L'Uzumaki est une jeune fille de quatorze ans avec un esprit garçon-manqué et une faiblesse pour Sasuke-kun. Tout comme Hisae, elle a été une des seules rescapées suite au massacre d'un village. Ces deux-là semblent s'apprécier, en tous les cas… Elles s'apprécient et méprisent une personne en commun. Tant mieux si elles s'entendent bien, nous n'en avons plus pour très longtemps…
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 18 Avr - 10:48

En bd, j'pense que j'aurais beaucoup moins de mal pour lire

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 18 Avr - 11:02

Je pense aussi. En plus, j'ai déjà commencé.


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Chapitre 36 : L'oiseau en cage


Ce sac horrible, cette hotte de l'épouvante posée sur une table en bois. Dire que j'ai du me la trimballer des heures entières ! C'est affreux… affreux ! Et pour qui Golden-Eyes m'a-t-il prise lorsqu'il m'a demandée si je collectionne les têtes ? J'aimerai le savoir, et il m'excusera, mais je ne suis pas aussi glauque que lui… De toutes les façons, collectionner n'est pas mon objectif premier ; cela tombe bien : il n'y a même pas assez de place dans mes chambres pour ranger une série de timbres, alors imaginons des têtes… c'est abominable… Et à l'intérieur de ce sac, Sakura me fixe. Un long frisson vient parcourir mon échine tandis qu'une grimace se grave sur mes joues. Au fond, elle n'était pas mauvaise, cette gosse. Elle était juste… complètement stupide et corrompue, ce ne pouvait pas être de sa faute. La forme de son visage se distingue sur les plis de la hotte : au niveau des yeux se forme deux creux provoqués par l'arcane sourcilière, le nez est une pente qui descend et qui laisse le tissu sombre tomber sur les lèvres. C'était un bête accident… Une vibration inconnue parvient à mes sens. Je détourne mon regard de Sakura et réfléchis un court instant avant de quitter la pièce. Je longe les couloirs dans la pénombre du repaire, faisant résonner mes pas dans ce silence sinistre. Une cinquantaine de bougies éclairent chaque corridor de leur faible intensité, mais elles ont le mérite de chauffer ces tunnels souterrains creusés dans la roche. Les flammes dansent tristement du haut de leurs mèches au rythme des vibrations de l'air. Je descends les escaliers et continue ma marche durant quelques seconde jusqu'à ce que le frisson se présente de nouveau…Quoiqu'en l'analysant, il ne m'est pas inconnu : je l'ai ressenti lorsque nous étions au pont du Ciel et de la Terre. Je le surprends à sourire doucement tandis que je lève le bout du nez vers le plafond. Naruto… Je suis juste sous tes pieds.

- Ce n'est pas possible tout ce vacarme, hein ? Seiko.
- Effectivement, soufflé-je.

Je me tourne vers Ichiro qui campe à mes côtés.

- Faites vos affaires, nous partons aujourd'hui.

L'homme me considère du haut de son regard si particulier encadré par deux mèches rouges qui descendent le long de son visage musclé.

- Allez.

Et il disparaît. Je fixe alors le long couloir sombre, puis tourne les talons en quête d'un passage menant au deuxième étage.
Je remonte les escaliers récemment emprunté et poursuis mes recherches en me fiant à mon instinct. Mes pas me guident dans les entrailles du repaire jusqu'à ce que j'entende la précipitation de Naruto au même niveau que moi. Ça s'arrête, une porte s'ouvre, un court silence, un claquement, et ça reprend. Je marche alors à sa rencontre, le cœur un peu battant en imaginant sa réaction. Il faut que je lui parle, de toutes les façons, en espérant qu'il accepte de m'écouter.
Une petite tête blonde apparaît au fond du couloir, regarde à gauche, puis à droite sans me voir, regarde de nouveau à gauche… et, dans un instant de doute, se retourne vivement vers la droite. Je suis déjà près de lui, le dévisageant avec insistance.

- Toi… souffle-t-il.

Il arme son poing et le décoche avec violence sur ma joue, me faisant reculer de quelques pas. Il enchaine avec un second coup sur l'autre joue, puis balance sa force dans mon abdomen. Je décide de ne rien faire. Il se défoule, les larmes aux yeux, sur mon corps qui n'a pas été frappé depuis plusieurs années. Je reçois sa puissance furieuse dans une douleur effroyable, mais je tiens le coup tandis qu'il enchaîne la violence.

Il s'arrête enfin, haletant bien plus que moi. Je me redresse sur mes paumes pour recracher tout le sang que j'ai accumulé.

- Pourquoi… Pourquoi tu ne te défends pas…

Je me relève avec peine en jurant silencieusement mes blessures.

- Hein ? Pourquoi !

À cela, je me contente de réponde par un haussement d'épaules accompagné d'un léger sourire. Ce qui ne semple pas lui plaire, puisqu'il réplique avec un énième coup de poing.

- Dis-moi pourquoi, sanglote-t-il.

Je reste silencieuse un instant, puis lui déclare simplement :

- Il est grand temps que tu poses les bonnes questions, Naruto.
- Quoi ?

Je soupire en replaçant quelques mèches rebelles.

- Commençons par le commencement. Lorsque tu es parti t'entrainer avec Jiraiya, j'ai quitté Konoha pour rechercher des informations sur mes origines, et lorsque je suis revenue au village, plus rien n'était comme avant.

Le blond reste muet, étrangement attentif. Je continue alors :

- Tu as peut-être remarqué, aussi, que Tsunade est différente, que tout ne tourne plus en rond dans sa tête. Effectivement, tous les shinobi disparus en mission ont été exécutés sous ses ordres, sur la place publique. Tous. Car tous se sont levés contre sa personne. Ino, Shikaku, Asuma, Shizune, Gai. Izumo et Kotetsu, je crois… et… Anko. Anko était la dernière avant moi… J'ai réussi à m'échapper et à rejoindre les rangs d'Orochimaru. Je ne pouvais pas rester à Konoha après tout cela. Je veux faire tomber Tsunade afin de rendre au village son éclat d'avant. Et je suis malade, la seule personne capable de me sortir de ce pétrin est Orochimaru. C'est ce qu'il fait en échange de mes services.
- Seiko…
- Je suis obligée, soufflé-je. Mais… malgré tous les défauts que tu peux lui trouver en plus de ceux qu'il a déjà, j'ai tendance à m'attacher aux personnes.
- Pourtant, tu te détaches facilement, crache-t-il.
- Ça dépend. Je suis toujours attachée à Konoha. La mort de Sakura était un accident
- Ne te permets même pas de prononcer son nom ! hurle-t-il, visiblement agacé par mes paroles.

Je le regarde dans ses yeux azurés, puis reprends :

- Celui qui l'a tuée, Naruto, c'est toi.

Le brouillard du silence envahit cette partie du repaire. L'Uzumaki me fixe intensément de son regard ravagé par la haine, la colère et le chagrin. C'est étrange que Kyubi ne se soit pas encore manifesté.

- Ce que tu dis n'as aucun sens, grince-t-il. Je ne l'ai pas tuée, c'est toi qui l'a fait !
- Non, non, Naruto, fis-je doucement en secouant négativement la tête. C'est bien toi. Toi ou ta colère incontrôlée. Tu étais sous la forme du démon-renard ; j'imagine qu'il a pris possession de ton corps et de ta conscience pour que tu puisses le nier ainsi.
- Tu raconte de la merde ! balance-t-il en armant une nouvelle fois son poing.

Mais il ne me frappe pas, cette fois-ci. Non, il ne me frappe pas. Je me suis posée sur un quart de défensive juste en fermant les yeux, alors je les réouvre, un peu craintive, pour recroiser le regard glacial de Naruto qui a les larmes aux yeux, prêtes à s'échapper. Et c'est ce qu'il se passe.

- Autrement dit, soufflé-je calmement, c'est Kyubi qui l'a tuée. Tu ne devrais pas utiliser son pouvoir. Bien que puissant, il est trop dangereux. Tu blesses ton entourage, et toi aussi, si bien que tu commets des actes dont nombreux sont rejetés par ta volonté et pourtant effectués au gré de tes émotions.

Je marque une pause, cherchant mes mots, puis, une fois trouvés, je reprends :

- C'est pour cette raison qu'il faudra que tu le contiennes lorsque tu comprendras la vérité au sujet de Konoha, et que tu saches parfaitement quoi faire si tu veux arranger les choses. Tu n'auras qu'à en parler aux autres, à Hinata, Jiraiya ou Shikamaru, par exemple. Et selon leur réponse, tu adapteras.

Je m'arrête, surprise de lui donner autant de conseils impératifs, puis détourne le regard.

- Parles-en aux personnes de confiance, ajouté-je tout bas.
- Ne t'imagines même pas que je vais trahir Konoha, réplique-t-il, froidement. Sakura est morte par ta faute, n'imagine même pas que je vais te croire une seule seconde, sale menteuse. Tout ce que tu veux, c'est faire chuter Konoha. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais tu veux nous faire chuter et probablement nous faire payer pour une raison complément égoïste !

Une émotion remue mes entrailles, les tournante, fait d'elles un tas chauffant avec pour seul combustible la frustration. Il ne comprend pas… Il ne comprend rien, absolument rien ! Il m'indique, d'un ton toujours aussi sec et dans une formule bizarre qu'il trouvera Sasuke et qu'il le ramènera à Konoha. Il ajoute aussi qu'il ne regrettera jamais de m'avoir laisser mourir dans cette organisation criminelle.

- Et surtout, continue-t-il, crachant, je n'hésiterai pas à te tuer lorsque tu te pointeras à Konoha avec Orochimaru.

Je n'attends pas plus longtemps pour cueillir son visage entre mes paumes, essuyant ainsi la trace d'une larme, et l'embrasser sur les lèvres de la manière la plus tendre qu'il m'est possible malgré la colère qui anime mon cœur. Naruto ne cherche pas à me repousser, mais il ne m'accueille pas non plus. Il patiente juste la fin de cet échange, les traits tendus sous mes doigts, et lorsque je me retire enfin, il me dévisage de son regard pétillant. Un masque de stupeur lui recouvre le visage, comme figé dans du marbre.

- Au moins, cela, le comprends-tu ?

Il me fixe toujours intensément, me faisant un peu perdre l'équilibre. Mais les traits de son visage s'aggravent progressivement.

- Tu ne me feras pas changer d'avis, déclare-t-il sévèrement. Malgré tes sentiments pour moi, jamais je ne trahirai ma patrie.

Le grondement du ciel se fait retenir dans le repaire.

- Et je ne…
- Laisse tomber, grincé-je.

Et je disparais dans un éclat d'étincelles.

J'arrive instantanément dans ma chambre afin de réunir mes affaires, puisqu'il se trouve qu'Orochimaru ait prévu de changer de repaire dans les deux jours qui suivent. Enfin, il l'avait prévu avant tout cela, mais maintenant, nous n'avons plus le choix. La colère mélangée à la frustration continue de consumer mon esprit quand une lourde explosion démembre le silence plombant du repaire. Je termine de ranger les quelques choses qui traînent, puis transporte le tout dans la dimension créée par mes soins avant de me diriger précipitamment en direction du phénomène étranger, la hotte de Sakura empoignée dans ma main gauche.
J'arrive dans la zone où le perroquet hérissé réside ; cela ne m'en étonne pas, d'ailleurs… La lumière du jour affaiblie par la concentration des nuages m'apparaît enfin, j'y distingue deux points noirs, probablement deux silhouettes. Tous mes sens à l'affût, j'entends de là-bas :

- Et c'est par pur caprice que je vais t'ôter la vie.

N'écoutant que mon instinct, j'accélère ma course en me transportant par cinq flash de lumière jusqu'au duo. Sasuke m'a vue et il a tout juste trouvé le temps de parer mon poing qui vient frapper puissamment sa lame. L'Uchiwa recule d'une bonne dizaine de mètres dans une traînée de poussière sous l'effet de l'impact. Il réplique en allongeant son épée dans ma direction. Je l'esquive d'un rapide pas sur le côté, bousculant ainsi Naruto qui restait passif.

- Ah… c'était toi, Seiko.
- Je peux savoir à quel jeu tu joues ? grondé-je.
- Mais dis-moi, dans quel camp tu te ranges en protégeant Naruto ?
- À ton avis, imbécile…

Il ne répond pas, toujours avec sa face inexpressive qui fait plus que m'agacer. Il ne répond pas, mais il se dirige en hauteur, sur le sol de terre.

- Vous me saoulez, crache-t-il en levant sa paume vers le ciel.

C'est à ce moment-même qu'Orochimaru entre instantanément en scène aux côtés de Sasuke, empoignant fermement son bras. Un long moment s'écoule dans cet échange de regards remplis d'avertissements autant dans l'un que dans l'autre.

- Ça suffit, pose gravement le Sannin.

L'échange perdure encore dans le souffle d'un vent glacial.

- Lâche-moi.

Orochimaru le fixe toujours, sans effectuer un seul mouvement, puis, devinant probablement que Sasuke lui obéira, il finit par relâcher sa poigne sur le bras de son élève. Le renégat se tourne ensuite vers moi, me dévisageant de toute sa hauteur de son regard puissant, intense, sur lequel exercer une opposition est un pur exploit. Il me dévisage, l'air sévère, patientant à coup sûr une réaction de ma part. Je trouve toutefois l'audace de lui accorder un sourire amusé avant de le rejoindre.

- Nous avons un accord, après tout.

Son regard change un peu. J'ai discerné une pointe inquiétude dans le précédant. À quoi pensait-il… C'est la deuxième fois qu'il prend des vessies pour des lanternes lorsqu'il s'agit de moi, et ce, depuis la trahison de Kabuto qui se trouve juste en face de nous. Tout comme Sai et Yamato, en passant. Je ne les avais même pas remarqués… Emon, Kaliachi, Hisae et Ichiro apparaissent finalement à nos côtés.

- Tu comptes garder cette chose encore longtemps ? questionne Orochimaru à mon attention.

Effectivement, cette chose qui pend à mon bras gauche m'encombre. Je vois le visage de Naruto se crisper et ses lèvres trembler. Cette attitude m'amuse étrangement… Je le regarde dans ses yeux azurés, puis soupire pour finalement commencer :

- Tsunade a cherché à me décapiter, alors…

Je lance la hotte du haut de notre perchoir. Celle-ci vient percuter lourdement le sol de pierre pour rouler vers les quatre shinobi de Konoha.

- Transmets-lui ce présent de ma part.

Le contenu rose et beige mélangé au brun de la terre s'échappe du sac pour faire face à leurs visages horrifiés.

- Tu seras gentil.

Une rafale de vent vient souffler brusquement dans nos cheveux. J'aperçois du coin de l'œil Orochimaru me regarder, mais je choisis de continuer à jouer l'insensible et la cruelle en ne détournant pas mes yeux de Naruto complètement désemparé. Emon s'approche de moi pour déposer délicatement sa main sur mon épaule. J'attends alors qu'il exerce sa technique sur moi : c'est une légère chaleur qui monte progressivement le long de mon corps jusqu'à ce que je disparaisse avec lui et le reste du groupe.
Nous nous retrouvons instantanément en face d'un ancien repaire situé dans une vallée du pays de la Roche. C'est une pierre qui bloque l'entrée. Ichiro, Kaliachi, Hisae, Sasuke et Emon s'engouffrent dans le repaire après qu'Orochimaru ait libéré l'accès. Ici, le ciel est éclaircit par un soleil brillant comme jamais il n'a brillé, alors que là-bas… les nuages de pluie et d'orage ont refroidit les terres. Je les suis, silencieuse et précédée de mon supérieur. Il n'est pas nécessaire de faire visiter les lieux à Hisae, elle est déjà venue ici. Cet endroit est resté discret et inaccessible, si bien que j'ai du désactivé tous les pièges que j'ai mis en place à l'aide de Kabuto, à l'époque. Maintenant que j'y songe, ce qui nous arrive est véritablement embêtant… Tandis que je m'apprête à rejoindre mes appartements comme les autres membres d'Oto, Orochimaru m'interpelle. Je me retourne, non pas intriguée, pour voir que le Sannin s'est arrêté plus tôt à l'embranchement de trois couloirs. Il me fait signe d'approcher d'un léger geste de la main, alors je le rejoints en fuyant son regard.

- Puis-je savoir où tu vas ? semble-t-il s'amuser.

Effectivement, je prends le mauvais couloir…

- Ah, soufflé-je. Oui, je me suis trompée. Je peux faire quelque chose pour vous ?

Orochimaru croise les bras.

- Kabuto nous a quitté avec pas mal d'informations en sa possession, entame-t-il.

Je le regarde cette fois-ci dans les yeux.

- Je suppose qu'il connait chaque emplacement de repaires, estimé-je.
- Tout à fait. C'est pour cette raison que ne tarderons pas à passer à l'offensive.
- D'ici là, vous aurez le corps de Sasuke ?

Il soupire.

- Oui.

J'observe son regard d'or luisant faiblement dans les ténèbres du repaire. Orochimaru fixe le sol, pensif.
Il relève finalement ses yeux sur moi.

- Nous n'avons pas le choix, déclare-t-il. Il nous faudra nous déplacer plus souvent de façon à réunir tous les membres de l'organisation dans un repaire inconnu aux yeux de Kabuto.
- J'imagine…
- Nous restions sept jours dans un même endroit.
- Vous comptez écourter le séjour à cinq ? questionné-je.
- Cinq ? Non. Quatre. Voire trois.
- Pourquoi ne pas envoyer l'ordre de rassembler tous les membres dans un repaire suffisamment éloigné de Konoha ?

Il ne dit rien, réfléchissant un court instant.

- Eh bien, fait-il joyeusement. Au lieu de rester plantés là où ils sont, ils n'auront qu'à bouger comme nous.

Je choisis de garder le silence, l'esprit encore un peu tourmenté par les derniers événements. Mon regard n'est plus sur lui, mais s'évade sur les gravures du sol. Orochimaru décroise ses bras pour poser ses mains sur ses hanches.

- Je t'ai connue épouvantée, continue-t-il sur un ton taquin. Je t'ai connue embarrassée, philosophe, tantôt sage, tantôt fo-folle, parfois stupide mais toujours remarquablement intelligente. Tu peux te montrer aussi bien cruelle que douce. Peut-être t'ai-je vue une fois ou deux un peu attristée…

Le Sannin laisse échapper un léger rire.

- En colère, aussi. Cela te prend assez facilement.

Sa dernière phrase me fait doucement sourire, un peu timide. Il a raison sur ce point : une fois que l'on me connait, m'agacer peut se faire en un tour de main… Le renégat se penche légèrement en avant, à mon niveau, cherchant mon regard.

- Mais alors ça, murmure-t-il, un sourire amusé aux lèvres.

Je plonge mon regard dans le sien, doutant un peu de ce qu'il va me sortir. Il sourit davantage, laissant apparaître une sublime rangée de dents dont les canines sont anormalement grandes…

- Jamais je n'aurais imaginé te voir amoureuse.

Je me sens rougir jusqu'au oreilles, profondément embarrassée par cette idée aberrante qui lui traverse l'esprit.

- Ce…

Je détourne le regard. Dire que j'en ai oublié de respirer…

- Ce n'est pas ce que vous imaginez…
- Allons bon…
- Je n'ai aucune affection amoureuse pour Naruto, répliqué-je avec plus d'assurance.

Orochimaru se redresse, toujours avec cet air plaisantin.

- C'est donc lui…

C'est ainsi que je comprends mon erreur…

- Il n'y a rien, marmonné-je.
- Je vous ai vus, qu'importe que tu le nies. Je t'ai vue, accentue-t-il.
- Eh bien ?
- Eh bien, un baiser plein de tendresse est synonyme de mépris ?
- Ça n'a pas de sens…
- Exactement, sourit-il sarcastiquement. Surtout lorsqu'il s'agit du premier.
- L'intention y est, pas les sentiments, m'agacé-je. Mais à qui cela peut bien importer, le fait que je l'aime ou que je ne l'aime pas ?
- À moi.

Je le regarde, surprise. Son visage autrefois moqueur a viré à une expressivité étrangement sérieuse, et son regard inquiétant me dévisageant du haut d'une montagne de doute me laisse soufflée…

- Kabuto nous a trahi à la suite d'un événement du genre, résonne sa voix rauque. Je ne veux pas que cela se reproduise.

Le sens de son raisonnement s'éclaircit soudainement dans mon esprit… L'odeur brûlée des lanternes échauffent l'embranchement des trois couloirs tandis que la sinistre ambiance perce le silence. Je demeure muette, réfléchissant à ce que je peux bien lui répondre…

- Ce n'est pas une demande, Seiko. C'est un ordre.

Un papillon bleu, qui s'est probablement infiltré pendant que nous passions la porte du repaire, virevolte entre Orochimaru et moi. Il se dépose sur une des lanternes qui éclaire cet endroit.

- Vous pouvez le tuer sans conséquence sur notre accord, répondis-je bassement.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 18 Avr - 11:51

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Chapitre 11 : Tension


Six mois se sont écoulés depuis notre passage au repaire du Sud. Seiko semblait ravie de quitter cet endroit contrairement à Karin qui l'a vue s'éloigner en compagnie de Sasuke. Hisae est finalement restée parmi nous, Seiko a réussi à me convaincre de faire d'elle quelqu'un d'utile. Trop chargée pour s'en occuper, ma seconde préfère la confier à Kaliachi. Peu m'importe, du moment qu'elle fait quelque chose.

Je dirige avec lenteur mes pas en direction de mes appartements. Il est tard, et tout le monde est censé dormir à trois heures du matin, cependant, des murmures résonnent encore dans les couloirs sombres. Intéressé, je détourne mon attention sur les paroles secrètes de deux individus.

- Ce n'est pas possible, souffle une voix féminine.
- Il n'y a que toi qui me plait…
- Pour le moment, ce genre de relation ne m'intéresse pas. Peut-être plus tard…

Le silence s'installe. L'émanation de la cire consommée par la chaleur d'une flamme s'incruste dans mes sens. Je croise les bras après avoir identifié les voix et m'appuie contre le mur, fixant le sol en direction de la gauche. Les ombres des formes gravées s'incruste dans les entaille sinueuse, et partout où l'obscurité commence à trouver sa place, la lumière d'une bougie revient pour éclairer la circonférence de sa lueur orangée.

- Tu sais bien que je serai l'homme le plus comblé de toute cette terre si tu m'acceptais.
- Mais que veux-tu, Ichiro ? Si ce n'est pas réciproque, c'est une relation insensée…
- Je sais, mais…

Elle soupire, visiblement lassée.

- Toi, tu es différente, poursuit le jeune homme aux cheveux rouges.
- C'est sûr, je ne suis même pas humaine… Tu as un faible pour les extraterrestres ?
- Non, ce n'est pas dans ce sens-là.
- J'imagine, pouffe-t-elle.
- Mais de toutes, c'est toi que j'aime…

Cette déclaration qui me faisait jusqu'alors sourire ne m'amuse finalement plus…

- Il n'y en a pas des masses dans ce repaire, répond Seiko. Et il faut reconnaître que je suis celle qui se rapproche le plus de ton âge, alors je peux comprendre. Sauf que me convaincre de t'aimer revient à peigner une girafe.

Le chant sourd des bougies brouille le sombre silence. Tandis que mes disciples continuent de débattre sur leurs histoires, je me replonge dans une expérience passée. Kabuto s'éloigne progressivement de moi suite à la mort de In-machin. Il est clair qu'il choisira le bon moment pour échapper à mon autorité.
Ma seconde suggère à Ichiro de se reposer, faute de l'heure tardive. Ils se saluent alors et s'éloignent chacun de leur côté.
Je ne peux pas tuer Seiko, comme je ne peux pas tuer Kabuto pour le moment. Éliminer une partie d'eux afin qu'ils comprennent certaines choses est plus raisonnable.
Il me semble que c'est Ichiro qui vient à moi d'un pas irrégulier. Je ne compte pas bouger.
J'ai néanmoins détruit un lien trop puissant avec Kabuto. Je refuse que cela se reproduise avec Seiko où je devrait en payer le prix fort…
Le jeune homme passe devant moi sans me voir, tête basse, les mains dans les poches et un masque de déception déposé sur son visage musclé. Je l'interpelle d'une voix claire. Il se retourne vivement, surpris, faisant ainsi mouvoir son immense chevelure ardente dans l'air qui nous entoure.

- Orochimaru-sama, adresse-t-il en posant un genou à terre.

Son regard fixe les marques sinueuses du sol et son attitude craintive trahit sa grande gêne de me trouver à cette heure-ci, si proche de la conversation privée qu'il entretenait avec ma seconde.

- N'est-il pas un peu tard ? questionné-je solennellement. Le couvre-feu est à minuit, à quoi t'occupais-tu ?
- Ri-rien d'intéressant…
- À trois heures du matin, je pense que si.

Il bouge nerveusement sa tête en tâchant la garder basse.

- Je devais juste parler à quelqu'un…
- À quel sujet ?
- Euh…
- Oh, je t'en prie, relève-toi, ordonné-je. J'ai l'impression de causer à une pierre.

Ichiro semble hésiter un instant, mais au final, il se redresse, le regard fuyant.

- Tu as changé d'habits, constaté-je.
- Euh… oui…
- Elle te plait ?
- Non, pas du tout, s'empresse-t-il de répondre.

Il se rend compte de son erreur par une légère grimace.

- Pourquoi ne pas m'en parler ? invité-je avec le sourire.
- Je… j'ai pensé que vous seriez contre…

Je perce son regard du mien.

- Contre ? À quel propos ?
- Euh… Que nous soyons ensemble, elle et moi…
- Tu penses que cette relation aussi grosse qu'un bœuf aurait pu me filer sous le nez ?
- Bien sûr que non…
- Quel intérêt donc de me le cacher ?
- C'est… un sujet difficile à aborder, répond-il habilement.

Je décroise les bras pour mettre mes mains dans mes poches, sourire moqueur sur les lèvres.

- As-tu au moins une idée de ce qu'il ne faut surtout pas faire avec elle ?

Le visage d'Ichiro s'éclaircit, comprenant sans doute qu'il peut me parler en toute franchise sur ce sujet.

- Je sais qu'elle ne supporte pas les vantards et les personnes qui se rabaissent, déclare-t-il avec plus d'assurance. Les compliments sont les bienvenus, mais il ne faut pas en faire trop, car sinon, ça la met mal à l'aise. Par contre, j'ai compris qu'elle accepte toutes les offres, matérielles ou non. Lui proposer notre aide la ravie, qu'elle l'accepte ou qu'elle la rejette, cependant, elle n'apprécie pas que l'on se mêle de ses affaires sans sa permission.
- Je vois.
- Vous avez connu quelqu'un avant de créer Otogakure ?

Mon sourire s'efface peu à peu de mes lèvres, et ainsi l'éclat des yeux d'Ichiro se perd dans la pénombre du repaire.

- C'est une histoire qui ne regarde que moi, répondis-je sèchement.
- E… Excusez-moi, bégaie-t-il. Je voulais juste savoir si vous aviez quelques conseils pour moi…

Je détache mon dos du mur pour m'avancer d'un pas et jeter mon regard sur lui.

- Ichiro, craché-je avec menace. Je n'ai qu'une chose à te dire.

J'approche mon visage du sien afin de capter toute son attention, me plongeant ainsi dans sa noire pupille triangulaire apeurée.

- Seiko m'appartient.

Le jeune homme à la barbe mal rasée continue de fixer mon regard, immobile, le souffle coupé et ne trouvant rien à ajouter. Je m'écarte alors et quitte les lieux sur ces mots afin de rejoindre mes appartements.


Les jours passent autant que les semaines. Je surveille de près Ichiro qui tente toutefois d'approcher Seiko en douce. Je me charge alors d'occuper ma seconde à des tâches dans lesquelles je peux l'avoir dans mon champ de vision. Les séparer ne serait trop radical tandis que les éloigner s'avère être plus judicieux.
Je laisse glisser un fond de vin dans ma gorge avant de guider mes pas vers la salle principale. Il est tard, encore une fois. Minuit passé, plus exactement. Les tables s'alignent les unes derrière les autres, destinées à accueillir un nombre considérable de membres, sauf que… justement, il n'y a qu'une seule personne. Assise dans cette ténébreuse pièce avec pour seul éclairage une bougie qui se consume lentement, elle reste immobile. Je ne suis pas surpris de découvrir Seiko avachie sur la table de bois, dormant à poings fermés, en compagnie d'un matériel artistique. Ses cheveux recouvrent plusieurs feuilles de papier recouvertes de peinture, fusain et d'encre, sa main droite tient quelque chose dans le vide, et à côté est lâchée une plume. Juste devant elle se tient une coupe de vin vide. Je souris… voilà donc où filaient mes millilitres. Enfin… Ma curiosité l'emportant toujours, je tire doucement trois feuilles vers moi en tâchant de ne pas réveiller Seiko. Eh bien… quel coup de pinceau ! Ses feuilles sont un bazar graphique monumental, mais très séduisant. Les harmonies colorées sont parfaitement bien maîtrisées, les traits sont saccadés, ce qui invoque un mouvement souple dans les couleurs. Les deux autres feuilles se ressemblent, elles évoquent juste des paysages différents.
Mon regard quitte ses œuvres pour glisser le long de sa joue basanée. Son visage s'est affiné, ce qui lui offre à présent un air plus mature, bien qu'elle faisait déjà femme avant aujourd'hui. Sa peau montrant quelques discrètes imperfections, ses yeux n'étant pas maquillés malgré son âge, ses lèvres naturellement rosées et les boucles noires de sa chevelure restant un peu ébouriffées mais toujours très soignées contribuent grandement à son côté farfelue et à son élégance sauvage. La voir aussi paisible revient à observer un ange endormi, comme ce tout petit enfant que j'ai porté dans mes bras une quinzaine d'années avant aujourd'hui.
Mais quelque chose de puissant me tire soudainement de son doux visage. Je me retourne pour observer l'ombre gigantesque de la jeune fille qui danse avec légèreté sur le sol et le mur autour de cette faible lumière. Cette forme obscure… est anormale… Elle inspire un sentiment d'inquiétude… Je me penche légèrement sur la table afin d'attraper le chandelier et de le tirer de quelques centimètres tout en observant le résultat sur le mur. L'ombre ne suit pas les lois de la physique : elle reste immobile comme une tache noire aux contours flous. Intrigué, je soulève délicatement la lumière pour la déplacer derrière Seiko.

- Il semblerait que tu aies trouvé le moyen de nous rencontrer, avance Rechiku d'une voix caverneuse.
- Éclairer une ombre ne m'est jamais venu à l'esprit jusqu'à présent, répondis-je.

Il approche son corps gigantesque de la petite Seiko tandis que son jumeau reste posé là où il se situe. Rechiku dégage délicatement le visage de la jeune femme des boucles noires à l'aide de ses serres d'or.

- N'est-elle pas une belle enfant ? murmure-t-il. Regarde donc ce visage endormi… Un véritable petit ange qui sommeille au creux de son ignorance.

Puis seule la lente respiration éteinte de Seiko caresse le silence obscur. Un papillon de nuit virevolte entre nous quatre, passe devant moi, Nechiku, Rechiku, enfin la femme et tourne de manière instable autour de la flamme de la bougie que j'ai reposé sur la table.

- Pourquoi lui cacher ses origines ? lancé-je.

D'un geste vif, le démon d'or attrape le papillon dans le creux de ses mains bestiales et mécaniques. Il laisse ensuite entrouvrir ses serres de hibou pour laisser s'échapper l'insecte, le rattraper du bout de ses doigts et le porter à sa bouche. J'observe Rechiku croquer dans le squelette fragile de l'animal et le mâcher distinctement dans un silence dérangeant.

- Cette affaire ne t'inclue en rien, gronde-t-il de sa voix raclant la roche.

Il semble ensuite avaler sa proie.

- N'a-t-elle pas le droit de savoir d'où elle vient ?

L'atmosphère s'alourdie soudainement. La faible lumière s'obscurcit et un froid inhabituel fait son entrée dans cette pièce si sombre. Les traits de Rechiku se sont durcis, laissant place à un visage gravé par le mépris, car recouverte par sa moustache et sa barbe, il est possible de distinguer une grimace corrosive. J'ai très bien compris ce que cache ces démons à leur élève, cependant… Il est clair que si un combat doit s'engager entre nous, je ne fais absolument pas le poids eux.

- Comment voulez-vous qu'elle avance sans savoir de quel ventre elle s'est déga…

Mais on ne me laisse pas terminer ma phrase que dans soudain appel d'air, on m'agrippe fermement la gorge de serres glacées et pour me soulever du sol sans un quelque effort.

- Je ne vous laisserai pas aller plus loin dans vos propos, crache Nechiku.

Sa poigne géante se contracte autour de mon cou, ayant sûrement pour objectif de le broyer. Mais au moment où j'atteints ma limite de résistance, je change mon corps en une coulée de boue qui s'incruste dans le sol pour réapparaître derrière eux, retrouvant ainsi ma forme initiale.
Des deux, je ne m'attendais à ce que se soit le démon d'argent qui réagisse de la sorte…
Mon regard se pose sur la jeune fille toujours enveloppée dans un sommeil anormalement profond.

- Bien des individus semblables à cette jeune femme que vous avez recueilli et dont vous exploitez aveuglement la puissance ont périt sous la notre, poursuit-il. N'imaginez pas nous résister une seule seconde en stimulant notre colère, vous seriez incroyablement déçu.

Et il disparaît en même temps que son frère, sans laisser de trace. Seiko bouge légèrement, mais reste toutefois endormie.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 18 Avr - 14:28

I was born for your happiness
Souvenirs



Chapitre 39 : Horizon


Le vent d'été chante dans les feuilles verdoyantes des arbres. Il fait un temps magnifique si bien que nul ne peut rejeter sa bonne humeur. Cependant, mon cœur reste toujours aussi sombre depuis mes retrouvailles avec Naruto, et chaque fois que je ferme les yeux, je revois Sakura se faire tranchée en deux. Tsunade a peut-être envoyé des unités d'élites pour venir me trouver, me ramener et m'exécuter une bonne fois pour toute en même temps qu'Orochimaru et Sasuke. Les chasseurs de déserteurs constituent l'ANBU Racine dirigé par Danzō, un des trois bras-droits de l'Hokage.
Souvent je me demande pourquoi Orochimaru a laissé vivre Kabuto. Il est devenu un danger primaire pour nous puisqu'il connait les emplacements de chaque repaires. Mon supérieur m'affirme qu'il lui sera d'une grande utilité pour le futur.
J'observe le soleil se coucher derrière l'océan, assise sur la dune d'une plage située sur le littoral ouest du Pays des Rivières, au sud de celui du Feu. Je joue tranquillement avec le sable fin qui me file entre les doigts lorsque mes mains sont exposées au vent inlassablement soufflant.
J'entends peu à peu quelqu'un briser ma méditation en s'approchant indiscrètement dans mon dos. Inutile de me retourner pour prendre connaissance de son identité, j'ai reconnu l'énergie dégagée. Il vient s'assoir à ma gauche, déformant le sol de ses mouvements.

- À quoi penses-tu ? se renseigne-t-il entre deux murmures de vagues.

Je laisse glisser le sable dans ma main droite afin qu'il rejoigne le sol, puis le reprend dans une énième poignée.

- À pas mal de choses, soufflé-je.

Et je le laisse s'écouler de nouveau.

- Comme nous tous, soupire-t-il. Maintenant que Kabuto est parti, Orochimaru est un peu sur les nerfs.
- Il y a de quoi…
- Tu l'es aussi ?
- Orochimaru dépend de lui, je m'inquiète pour l'avenir.
- Il n'a jamais vu la personne avant tout, affirme Emon. S'il doit apprécier quelqu'un, ça sera en vu de ses compétences.

Je me tourne vers lui pour le dévisager silencieusement, doutant de ce qu'il me dit.

- J'ai l'impression que c'est différent avec toi, poursuit-il sans me regarder.

Mon regard se redirige alors vers l'océan. Les vagues d'or viennent, s'écrasent sur le sable blanc, puis repartent sans un grondement.

- J'ai plus le sentiment que ce n'est pas si facile, entre lui et moi. Qu'il y a une ambiguïté.
- C'est-à-dire ?
- Je parle du moment où Ichiro et Orochimaru se sont enguirlandés. Depuis qu'Ichiro m'a fait part de ce qui tourmente son cœur, nous n'arrivons plus à nous parler comme je te parle en cet instant-même. Nous nous croisons, nous nous saluons, et nous repartons. Au départ, j'ai pensé que le problème venait de lui car toutes les fois où j'étais disponible, c'était toujours sans sa présence, mais lorsque j'ai réfléchi à l'envers, je me suis rendue compte que toutes les fois où il était disponible, Orochimaru réclamait mes services… Ça s'est confirmé lorsque Kaliachi est venue me trouver afin de m'expliquer qu'Orochimaru était au courant de la situation le soir-même de la déclaration d'Ichiro, et qu'il n'a pas cautionné.
- Qu'en penses-tu ?

Je soupire longuement, laissant le vent souffler sur nos visages tout en observant la ligne de jonction entre l'océan et le ciel.

- J'en ai voulu à Orochimaru, entamé-je.
- Et maintenant ?
- Je pense avoir compris une chose chez lui que lui n'a pas compris.
- Tu m'en étonneras, fait Emon d'une voix enjouée.
- Écoute ce que j'ai à te dire avant de me sortir cette conclusion hâtive, grondé-je.
- Oui, Madame.
- Bien !

Le stratège s'amuse doucement de ma réaction dénaturalisée. J'esquisse un sourire à mon tour, puis commence, plus sérieusement :

- Je crois qu'Orochimaru est en manque d'attention.
- En manque d'attention ? pouffe-t-il. Il a toute une armée shinobi déserteurs ou villageois à qui il a tendu la main dans le passé et qui sont aujourd'hui sous ses ordres, et pour récolter de l'attention, il est doué pour, avec tous ces pays à sa recherche, sans compter l'Akatsuki.
- Il est en manque d'attention affective, répliqué-je. Combien de personnes le servent non par affection mais par honnêteté et paiement de dette ?

Le jeune homme au bonnet ne trouvant rien à répondre, je reprends la parole :

- Il y en a au moins une, me devance-t-il.

Mon regard se détourne sur lui, surpris de cette réponse. Emon semble s'amuser avec son sourire narquois. Moi, non. Je le dévisage sévèrement, doutant de son sous-entendu grossier.

- Toi
- C'est faux, tranché-je. Je ne suis ici que pour servir un intérêt commun et remplir un contrat. Rien de plus simple.
- Ce contrat est bien d'exécuter ses ordres en échange de sa promesse, que je sache.
- Et ensuite ?
- Ne le briserais-tu pas en désobéissant ? Lorsque tu as quitté le repaire contre son gré pour le soutenir face à Konoha et à la déloyauté de Kabuto, était-ce par intérêt ou par affection ?

Un souvenir sursaute soudainement dans ma mémoire. Le Soleil s'évanouit lentement derrière l'horizon que l'on ne distingue que par la forme coupée en deux de cet astre de feu, comme si cette ligne si droite le tranchait net telle l'entaille d'une lame affûtée pour laisser couler son sang d'or sur les flots de l'océan.

- La fois où Orochimaru m'a humiliée autour de cette table ronde avec le plan de Konoha posé dessus, près de deux ans avant aujourd'hui, lors de mes premiers jours de service…
- Euh… oui ?
- Qu'as-tu dit à Orochimaru au moment où je me suis absentée ?
- Qu'est-ce qui te fait dire que je lui ai parlé ?
- Tu l'as incité à me présenter ses excuses, tu lui as donc parlé avant.
- Tu as ta réponse, alors. Je lui ai juste recommandé de s'excuser.
- Avec quels arguments ?

Emon soupire longuement. Il semble réfléchir, se remémorer d'un événement qui nous parait si lointain.

- Que tu te bases sur des liens affectifs et non professionnels, et que c'est pour cela que le manque de respect te froisse autant.

Le vent souffle brusquement sur la plage, nous obligeant à protéger nos yeux de la fureur du sable, et lorsque le calme regagne son règne, une idée me traverse l'esprit. Je concentre mes sens sur Emon qui reste aussi statique qu'une statue de marbre. Je vais pour le questionner, mais une puissante énergie stoppe l'élan de sa voix, elle dégage un aura tellement grandiose qu'il m'écrase de tout son poids, de toute sa masse, de toute sa force… si bien que le stratège, sous son apparence blasée et végétative, me paraît soudainement titanesque et moi toute petite, comme si j'avais à ma gauche le prolongement de cette immensité océanique… Restreinte, je fais souffler un vent de terre, et s'en suit une vague plus puissante, je laisse la nature faire les choses et le mouvement reprend sa norme. Je répète le procédé dans toute ma confusion et chose invraisemblable, le résultat est pareil au précédent : la mer se retire, se soulève plus loin et plus haut pour revenir s'écraser dans un grondement sourd, laissant son écume dévorer le sable sec… Le doute se confirme alors, celui que nous sommes bien deux à agir… Mais pourquoi ?…

- Emon, soufflé-je. Tu ne m'as jamais dit d'où tu viens.

L'océan a englouti le Soleil. Encore quelques faibles rayons s'exténuent au large et nous laisse dans l'obscurité du crépuscule d'un bord de mer tandis qu'un mince fil d'un orange ardent arpente l'horizon.

- Je viens d'Ame, commence-t-il. Ma mère est morte à ma naissance. Mon père avait trop de dettes à payer et on m'a retiré de sa garde pour me placer dans un internat jusqu'à son suicide. J'avais cinq ans. J'ai été alors incarcéré dans un orphelinat du pays de la Roche. L'établissement a dû fermer faute de moyens, encore une fois, et les enfants ont été dispersés dans plusieurs autres orphelinats. Je me suis retrouvé sur une île au sud de cette contrée, à l'autre bout du monde, jusqu'à la venue d'Orochimaru qui m'a négocié, car je n'étais à adopter, j'étais juste destiné à combattre pour le pays de la Mer. Je n'ai jamais compris pourquoi il se démenais autant pour m'avoir, il s'est même fait passer pour le frère de ma mère alors qu'elle était fille unique, car bien que je n'étais pas le pire des enfants en terme de capacités combattives, mais j'étais loin d'être le meilleur, et surtout, je n'aimais pas cela. Je ne sais pas comment j'ai développé cette passion pour la stratégie alors que je n'étais pas formé à la mettre en place mais à l'exécuter. En tous les cas, ça me sert aujourd'hui. J'ai quitté l'orphelinat militaire à dix ans, avec Orochimaru.

Je vais pour lui demander s'il connaît la raison pour laquelle Golden-Eyes l'a choisit, mais au final, je me tais. Il vient de dire que non… Le Sannin a peut-être ressenti la même chose que moi au moment où il a passé en revue les gosses de l'orphelinat.

- Et en ce qui concerne ton chakra, présenté-je.
- Il est lié à l'eau.
- À l'eau… ou à l'océan ?

Cette fois-ci, le jeune stratège garde le silence. À moi de l'interpréter comme il se doit… Je réfléchis encore un instant avant de lâcher un soupir remplit de regrets.

- Je rentre, annoncé-je en me levant. Tu ne devrais pas tarder, toi non plus.

Je débarrasse mes vêtements du sable sec et tourne les talons en direction du repaire. Je marche à travers une forêt détruite, enjambant les troncs d'arbres abattus par un ouragan qui a ravagé la côte quarante-cinq années avant aujourd'hui. Dans la tradition ancienne, il y a près de cinq siècles, on disait que ce genre de catastrophes était l'œuvre des dieux. On sait aujourd'hui que c'est un phénomène qui expire de plusieurs critères météorologiques.
Je finis par dénicher l'arbre mort dans lequel l'entrée du repaire a été creusée, baisse légèrement la tête afin d'éviter l'écorce pendante et pénètre dans cette cavité de bois.


Je me dirige le lendemain droit vers les appartements d'Orochimaru, avec la ferme intention de lui en toucher deux mots sur ma situation et la sienne. Je frappe à sa porte et entre après avoir attendu son autorisation, puis la referme tout en y restant attachée. J'achève cette action avec un soupir dynamique.

- Tiens, lance-t-il. Cela tombe à pic, j'allais te faire convoquer.
- Excellente nouvelle, fis-je avec sarcasme. J'ai moi aussi à vous parler.

Orochimaru, assis sur son siège avec un bras posé sur l'accoudoir et l'autre dont la main soutient légèrement sa tête, me fixe de son regard pénétrant à moitié caché derrière de longues mèches de cheveux.

- À toi l'honneur…

Cette tonalité sévère pourrait bien me faire perdre tous mes moyens et me rétracter en boule sur moi-même en tâchant de faire pardonner ma froideur, mais au lieu de cela, je me détache de la porte pour m'avancer de quelques pas assurés.

- Je ne vous appartiens pas, articulé-je. Interdisez-moi d'aimer si cela vous chante, mais ne jouez pas à m'empêcher pas de voir un homme sous prétexte de perdre mon attention parce que celui-ci m'a fait une déclaration enflammée, et si nous poussons votre raisonnement jusqu'au bout, je vais finir attachée à votre bibliothèque.
- Allons donc, s'amuse-t-il.

C'est alors qui finit de prononcer sa réflexion pertinente que je me rends compte que je n'ai pas réussi à être impressionnante dans mes propos, et que continuer sur ce ton ne me rendra que plus ridicule…

- La nuit porte trop conseil, pensé-je à voix haute afin d'aller dans son sens.
- On dirait qu'elle efface la colère, effectivement. Dis-moi ce que tu tenais à me dire avec ton humeur d'aujourd'hui, invite-t-il avec le sourire.

Je baisse mon regard, intimidé par je ne sais trop quoi… Je me reprends alors, tachant de ne pas faiblir devant lui :

- Ne vous inquiétez pas pour moi, ma loyauté…

Mais quelque chose de gênant m'empêche de continuer. La gêne se transforme en une douleur terrifiante, l'expression faciale d'Orochimaru a changé, il voit ce que je ne vois pas… Je baisse alors mon regard en direction de ce tourment physique tout en y attirant ma main droite. Elle rencontre quelque chose de long, de glacial, et comblée d'un liquide fin et chaud au contact, quant à ma vision, elle n'a pas le temps de voir quoique ce soit avant que cette chose ne se retire comme elle est venue, absorbant ma force avec elle et me laissant chuter en avant.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 19 Avr - 11:33

Juste, t'écris tout au clavier ou tu fais un copier/coller ?

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 19 Avr - 11:35

J'écris sur mon IPod et c/c, surtout que ces chapitres ne datent pas d'aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Lun 20 Avr - 15:19

C'est pas long ?

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Lun 20 Avr - 15:21

Si assez. Ça peut aller de trois jours à deux mois selon mon inspiration. Mais ca le serait davantage sur l'ordi car je n'y ai pas toujours accès.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 2 Mai - 10:24

PS : Le dernier chapitre était le chapitre 37 et non 39.


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Chapitre 38 : Noire et Blanc


Mon corps, lourdement engourdit par une souffrance terrifiante, cherche avec un désespoir acharné la force de se tenir sur mes jambes. Il me semble basculer, mais non : il vacille faiblement. Un mouvement de la nuque, comme cherchant une explication dans le vide, ou quelque chose avec laquelle je pourrais me retenir, entraine irréversiblement l'étalage des lignes et des couleurs du milieu qui m'entoure derrière un filtre flou. Je fais un pas maladroit vers la sécurité, vers Orochimaru qui s'est entre-temps levé de son siège, mais la lame revient une seconde fois s'engouffrer dans mes entrailles, et une seconde fois, j'éprouve cette puissante douleur qui parvient à m'arracher une lourde plainte. Une seconde fois, elle se retire… Le Sannin m'a semblé s'être rapproché, ce qui m'incite à faire un second pas douloureux en avant, mais le contact rude de deux lames échauffées par la chair et le sang qui s'entrecroisent sur ma nuque horrifie ma conscience et tétanise mes muscles, jusqu'à ce que j'entende siffler l'acier dans le silence funeste.

Peu avant, cependant, mes pieds ont quitté le sol, portés par d'énormes reptiles rampants, et mon corps a été tiré vers l'avant. C'est parce que le son des lames m'a parut lointain que je me suis rendue compte que j'y ai échappé. J'ouvre les paupières que j'ai laissé fermées par crainte d'avoir la vision d'une tête qui tombe de ses épaules et constate que je suis nappée d'un tissu beigne, retenue par un bras puissant dans une odeur familière… Mon regard se dirige faiblement vers l'agression pour remarquer que des yeux étincelants derrière un casque argenté me fixent avec indifférence dans cette obscurité macabre. Je peine à réaliser que j'ai en face de nous un Traqueur du Second Ordre… à ses pieds gisent des têtes et des corps de serpents baignant dans leur sang… Le mien me semble d'ailleurs remonter le long de mon œsophage, ce qui m'oblige à l'expulser dans une violente toux et le laisser s'étaler en partie sur les vêtements d'Orochimaru. Je le repousse alors qu'il cherche à m'assoir prudemment contre un meuble, refusant somme toute de le laisser me défendre.

- Vous ne faites pas le poids contre un être comme celui-ci, obliqué-je. Laissez-moi m'en charger.

Mais je crache une nouvelle fois ce liquide écarlate… Orochimaru profite de ma distraction pour faire ce qu'il juge de plus sage. Je finis par m'abandonner à son idée, car de toutes les façons, je suis hors de combat, et me contente de m'occuper de mes blessures.

- Si tu me vois, gronde le Traqueur à l'attention de mon supérieur, c'est que tu n'es pas humain.
- Orochimaru, articulé-je avec difficulté. Une lame de ce monde ne le tuera pas… même la plus aiguisée… sera comme émoussée…

J'ignore si cette tête de mule a pris en compte mon avertissement car sa seule réaction est d'appuyer sur son ventre pour laisser émerger de sa bouche un long serpent en guise de langue qui recrache une épée. Je grimace sans savoir si c'est de douleur ou de répugnance lorsque Kusanagi atterrit dans les mains du renégat, sortie du fond de son gosier… ou de sa langue, je ne sais pas…

- Tu n'es pas humain, conclut le Traqueur en armant ses épées.

Excellente déduction de la part du monsieur en armure étincelante. D'ailleurs, celui-ci est couvert de ferraille tandis qu'Orochimaru n'est vêtu que de couches de tissus… Il est clair que ce Traqueur a l'avantage, car non seulement le Sannin s'engage contre une force divine, mais il n'est même pas équipé… Et je sais ô combien un combat opposant le jutsu à la magie se termine rapidement… Cependant, mon supérieur est un homme de connaissances et de ruses, il a l'avantage de la mobilité et il n'a jamais déployé tout son éventail de techniques. Quant à son adversaire, il semble aussi futé qu'une huître. Comment cette imbécilité graciée, qui m'embroche deux fois dans toute la splendeur de l'inutilité et tente de me décapiter, a-t-elle pu passer du Premier Ordre au Second ?
Qu'importe, car la deuxième règle d'or de ces guerriers s'applique : « Tout être s'opposant à un Traqueur est promis à la mort ». Traqueurs compris. Mais cela ne concerne qu'un cas très rare de trahison…
L'homme en armure détruit soudainement une partie de la structure architecturale du repaire avec un simple geste. Les pierres s'écroulent autour de nous dans un grondement alertant, comme pour aménager un terrain de combat et empêcher toute intrusion. Ce Traqueur est stupide, mais pas autant que ce qu'il m'a laissée penser…
Je respire avec difficulté… je sais toutefois que mes minutes ne sont pour le moment pas en danger grâce à la faible quantité de chakra qui me reste pour régénérer mes organes. Je vois le Traqueur charger sur Orochimaru, lui assénant un puissant coup d'épée que le Sannin évite sans peine et pare le second qui venait sur la droite avant de se dégager pour contre-attaquer. L'homme s'esquive, et c'est ainsi que la danse démesurée s'engage. Orochimaru use de rapides techniques reptiliennes et élémentaires tandis que le Traqueur se charge de contrer avec sa magie.
De mon côté, il faut que je me remette rapidement de mes blessures… Kuro apparaît soudainement face à moi, sans que j'ai à lui demander quoi que se soit, me faisant sursauter et rappelant ainsi cette douleur intense… Le serpent s'avance et s'enroule prudemment autour de mon corps tandis que le fer se croise entre les deux hommes. L'immense animal noir dont la tête ne tient pas dans ma main se faufile sous mon bras, passe lentement derrière mon cou et pose le bout de sa gueule devant mon ventre tout en agitant sa langue fine et doublée. Je ne sais pas ce qui me fait comprendre qu'il faut que je lui laisse accès à mes blessures sans qu'une couche de tissu les recouvre, mais je me charge de dénouer le nœud du ruban qui entoure ma taille afin d'ouvrir les pans de mon kimono. Kuro semble analyser les plaies disgracieuses avec intérêt, laissant sa langue effleurer les entailles… Je soupire, craignant une quelque douleur au moindre contact. Mais il se met à siffler bruyamment et continuellement, et un souffle chaud émerge de sa gueule. Incrédule, je regarde le jeune serpent exercer son talent guérisseur. La douleur s'est pratiquement évanouie et la première blessure se referme de manière progressive.
Mon attention se détourne sur Orochimaru qui continue de retenir le Traqueur. Il se débrouille bien. Très bien, même : il a réussi à lui ôter son casque et à le désarmer d'une épée. Il se sert aussi de ses techniques pour l'immobiliser. Il a du comprendre qu'une lame venant de leur monde dans les mains d'un mortel perd ses facultés et devient comme forgée en cette terre.

Je suis cependant étonnée de voir qu'Orochimaru possède un chakra de de différentes natures : le feu, la terre et le vent, mais à l'inverse de la magie, la puissance d'une technique se base sur l'entraînement physique et la quantité de chakra consommée. Un shinobi peut aussi invoquer de l'eau où il n'y a pas de source, de foudre où il n'y a pas de ciel… La magie quant à elle repose sur un critère intérieur. Un puissant magicien se qualifie par l'efficacité de ses sorts et la maîtrise d'éléments naturels, autrement, c'est juste du beau spectacle. L'émotion influence l'ampleur de la magie. Plus elle est intense, plus le sort est grandiose, mais moins elle est contrôlée, moins elle est efficace. Ce pouvoir n'est cependant pas illimité. Cela peut paraître ridicule, mais un magicien en bonne santé peu gagner un combat contre un autre magicien plus expérimenté mais enrhumé, juste parce que ce celui-là est souffre d'une maladie, qu'elle soit virale ou bactérienne, d'ailleurs. Tout dépend donc de la santé, de l'état vital et de la force mentale.
Partiellement rétablie, j'invoque mon sceptre dans ma main droite et m'en sert pour soulever mon corps toujours fébrile. Une agitation se laisse remarquer derrière ces murs de fortune. Les membres du repaire semblent paniquer…
Je réfléchis un instant, néanmoins sur mes gardes tout en tâchant de me rhabiller… La façon la plus simple à laquelle j'ai eu recours pour me débarrasser de Traqueurs est l'électrocution, mais sans ciel… je ne peux rien faire… Je constate que nous ne sommes toutefois pas très éloigné de la surface terrestre. Quoique viser un homme constamment en mouvement avec la foudre est difficile. Il faudrait réussir à l'immobiliser… Je me souviens soudainement de ce que Kaliachi m'a dit à propos du repaire… Qu'il était constamment piégé. S'il on active un mécanisme qui semble anodin, caché dans une pièce, ses murs se chargent d'électricité sous haute tension. Les pierres qui constituent son l'architecture sont de la magnétite, minéral composé en grande majorité de fer. Cela ne pouvait pas mieux tomber…

Je fais alors gronder le tonnerre et frapper puissamment la foudre contre le sol abîmé de la forêt. Des secousses sont provoquées, comblées de petits éboulements. Une fois, deux fois, suffisamment au final pour que les deux combattants se rendent compte que je suis en train d'agir, et plus encore pour remuer la terre et la forcer sur le plafond de la pièce qui s'écroule entre le Traqueur et le Sannin. Plus rien cependant… Orochimaru recule prudemment, quoiqu'un peu essoufflé, et se déplace en face de moi. Je tâche de m'approcher cependant, afin de pouvoir surgir au bon endroit s'il… L'ennemi surgit des décombres du repaire, chargeant droit sur le renégat, prêt à lui asséner un coup d'une extrême puissance qu'il vaudrai mieux esquiver qu'encaisser. Mais il n'en fait rien car je le stoppe dans son élan en apparaissant brusquement devant Orochimaru, et balance avec souplesse mon sceptre transformé en hache sur la gauche, au niveau de son abdomen, puis le renvoie sévèrement avec un puissant coup de pied aux parois de l'arène de pierre. Le ciel est à découvert, j'ordonne alors à la foudre de se fracasser contre la roche, répartissant la décharge sur l'ensemble du mur, et électrisant le Traqueur qui lâche un hurlement déchirant de douleur, dans l'espoir que ceci suffira, bien que j'en doute…

- Tu sens la cerise.

Je fronce les sourcils, ne comprennent pas le sens de cette soudaine remarque insolite.

- Votre épée, réclamé-je plutôt en observant le corps inerte de notre ennemi. Je peux faire quelque chose.

Orochimaru ne tarde pas à poser la poignée de son arme dans ma main droite. Je l'observe un instant. Magnifique lame, il faut l'admettre. Magnifique et imposante. Sa finesse me rend confuse quant à sa lourdeur, ce qui fait d'elle une épée redoutable et difficile à manier.

- La cerise et la violette, continue-t-il dans mon dos.

Je m'agace assez rapidement, alors je tache de faire ce que j'ai à faire au plus vite sans me soucier de ce qu'il se trame dans sa tête de ce serpent à sonnette. Je pose le manche de mon sceptre contre ma hanche, me débrouille pour que cela tienne, puis passe ma main sur le long de la lame de Kusanagi. Je lui présente enfin son manche.

- Tenez, fis-je plus sèchement.
- Ne t'offusque pas, réprouve Orochimaru en prenant son arme. Ce ne sont que des constatations. Qu'as-tu changé ?
- Le pouvoir temporel d'éliminer un Traqueur.

Le corps fumant du Traqueur se redresse, non pas à ma grande surprise, toutefois. Il s'avance, lentement, me dévisage de ses yeux habités par la haine et la colère. Ses cheveux en bataille à cause de l'électrisation lui donnent un air ridicule, mais il n'en est pas moins dangereux… Je plante ma hache devant le Sannin. C'est un Traqueur du Second Ordre, je ne dois pas l'oublier. Il ne prononce aucun mot, et, en une fraction de seconde, il propulse une sphère d'énergie. Je trouve tout juste le temps de la dévier à l'aide de ma lame. Orochimaru, quant à lui, laisse sa langue gigantesque se saisir du cou de notre adversaire. Il le soulève, le fait voler pour enfin l'écraser lourdement contre le sol.
Trouvant ma chance à ce moment même, j'arme ma hache, fuse vers lui et la rabat violemment sur le reste de son armure, mais il trouve le moyen d'esquiver et de me faire chuter. Il prend son sabre et se place au dessus de moi pour le me frapper de sa lame. Je parviens toutefois à arrêter de justesse son coup. Il force sur la poigne de son arme, y concentrant tout son poids et toute sa force. Mes mouvements étant trop restreints pour activer une onde de choc, je ne peux que le retenir pour le moment. Mais il arrête soudainement la frappe de Kusanagi qui arrivait sur la droite grâce à son bras encore protégé par une armure. Je profite de cet instant pour le déstabiliser tandis qu'Orochimau soulève son épée, dénichant l'opportunité de le décapiter, et la rabat sur son cou. Le Traqueur disparaît aussitôt, avant que la lame n'ait pu atteindre sa cible. Le Sannin trouve tout juste le reflex d'arrêter son geste, au risque de m'égorger.

- Derrière !

Mon supérieur se retourne rapidement sous mon avertissement pour faire face au Traqueur. Je tente de me relever tandis que le fer se croise, en vain : la douleur abdominale restreint soudainement mes mouvements. J'étouffe une légère plainte avant de voir du sang gicler sur mes habits. Mon regard se lève sur les deux hommes pour apercevoir l'intrus avec Kusanagi enfoncée dans l'abdomen. Elle se retire dans un fin sifflement, laissant le Traqueur chercher son équilibre. Orochimaru le pousse légèrement afin de l'aider à chuter à mes côtés.

- C'est tout ce qu'ils ont dans le ventre ? gronde-t-il en essuyant le sang de son épée sur l'envoyé divin.
- Reculez, avertis-je. Ce n'est pas fini.

Il obéit tandis que je fais de même sous une crissante douleur. L'ennemi se relève brusquement en dégageant un puissant champ de force qui vient me projeter contre la paroi. Sonnée, je l'entrevois fuser vers le renégat. Il esquive un coup d'une charge férocement concentrée en magie qui détruit en partie le mur. Orochimaru recule afin de garder des distances prudentes et réplique par une serpe de vent qui entaille la roche sans pour autant atteindre sa cible. Le Traqueur charge sur lui, et au bout de quelques échanges de coup d'épées, les deux combattants se retrouvent à forcer sur leurs lames, Orochimaru sur la défensive. Je récupère alors mon sceptre et le charge d'énergie. La sphère que je libère fuse sur l'ennemi, épargnant le Sannin d'un désarmement certain et d'une mort par la suite assurée. Il recule jusqu'à ma gauche.

- Merci, souffle-t-il.
- Vous comprenez qu'il est devenu plus dangereux.
- Tu n'as pas beaucoup combattu en coopération…
- Vous comptez m'apprendre à danser ? souris-je.
- N'est-ce pas plus agréable avec un cavalier ? Suis mes mouvements et tu n'auras qu'à faire l'opposé.

Il se met en garde, le temps que le Traqueur se redresse.

- Excusez-moi de ne pas avoir le Sharingan, marmonné-je en vue de la difficulté. Et il y a des choses que vous faites et que je ne peux pas forcément faire.
- Allez.

Et il charge en changeant le bas de son corps en celui d'un serpent blanc. Je ne réfléchis plus : je fonce moi aussi après avoir fusionné avec Kuro, sabre en main.
Il décide de passer au dessus de moi et à ma droite, je vire donc sur sa gauche. Une fois à son niveau, il arme son bras droit vers le haut dans le but de lui asséner un coup sur la diagonale. Je l'imite aussitôt en chargeant sur la gauche, mais le Traqueur esquive la frappe d'Orochimaru en se baissant et pare la mienne de son sabre. Mais ma lame glisse le long de la sienne sous un sifflement métallique. Plutôt occuper avec Orochimaru, il n'y prête pas plus d'attention et épée finit par trancher sa main. Je recule alors, sur mes gardes, tandis que le Traqueur réalise. Il pousse un hurlement de terreur à glacer le sang… de la terreur, mélangée à de la souffrance et à de la rage… Il libère une puissante onde d'énergie qui vient nous repousser une seconde fois, sans trop de dégâts, heureusement. Cependant, au lieu de s'attarder cette fois-ci sur le Sannin, il fonce en ma direction après avoir récupéré son arme de l'autre main. Un long frisson parcourt mon échine… Je viens parer son coup d'une puissance phénoménale, puis riposte lourdement en lui assénant une rapide frappe de mon poing. Il recule, sonné… J'annule partiellement la fusion avec Kuro et enchaîne le Traqueur avec une série de coups de poings, de pieds, et de genoux avec la puissance d'un serpent dans les membres, fracturant chaque os lors d'un impact… Je me sens libérer toute une noirceur sur lui, une rage intense, inconnue, poussée par un cœur aspirant le sang et le renvoyant avec virulence dans mes veines et artères… Et chaque fois qu'il tente d'utiliser sa magie élémentaire afin se replier, c'est un nouveau coup violemment asséné qui vient percuter ses os qui semblent si fragiles… Chacune de ces frappes fournit en moi un désir d'anéantissement total, une destruction apocalyptique. Je me contiens toutefois et balance ce sac de chair d'un lourd coup de pied dans l'abdomen en direction d'Orochimaru.
Il roule sur le sol, entraîné par l'énergie de l'impact dans un nuage de poussière, si bien que le Sannin doit l'arrêter d'un pied ferme.
L'obscurité de l'atmosphère et la noirceur d'une colère démoniaque battent leur plein dans ce lieu chargé d'actions et de sang…

- Tranchez-lui la tête, articulé-je.

Le Traqueur a perdu connaissance, il gît ensanglanté et défiguré devant le renégat qui suit silencieusement la consigne.
Je reprends soudainement mon souffle, émergeant de cette colère qui n'a pas été mienne. Mon corps vacille, tétanisé, et bascule en arrière. Je me retrouve assise contre le mur à haleter d'efforts, incapable de réguler ma respiration…
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 24 Mai - 12:32

Je crois que je vais mettre les chapitres sous spoiler, parce que là... ça commence à faire mal au pou-pouce ._.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 24 Mai - 12:33

Chapitre 40:
 
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 24 Mai - 12:35

Arf, c'est le Chapitre 39 et non 40 ! :o
Je m'y perds.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 24 Mai - 13:26

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Lun 25 Mai - 18:12

Je te défends de te moquer parce que j'ai trop de chapitres.


Méchant.



Vilain.



Pas beau.



Méchant.



Bref !







Ok ok la suite !


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Chapitre 40 : Éclat


J'ai quitté ma chambre avec les idées encore noires, et j'ai traversé les couloirs obscurs, mal éclairés. Je ne sais pas si c'est parce que je viens d'apprendre la nouvelle par rapport à mon père ou si c'est mon subconscient qui me dit qu'il va se passer quelque chose de fâcheux, mais je ne me sens pas très bien. Aujourd'hui, comme hier et comme depuis une semaine, j'aide Kaliachi à la préparation des médicaments pour le Sannin, car bien que Kabuto soit parti, il a laissé quelques instructions par écrit, en plus de son enseignement pour l'ancienne condamnée. L'ancienne condamnée… Elle l'est toujours, en fait. Tout comme Orochimaru, moi et beaucoup d'autres ici. Nous ne sommes qu'en cavale dans la nature, au final. Cependant… Tandis que le Golden-Eyes s'affaiblit à vue d'œil, son élève Sasuke s'entraîne et se renforce. C'est déstabilisant, et je n'ai jamais, ô grand jamais, eu confiance en ce perroquet hérissé. Il va falloir que je reste sur mes gardes et sur celles du Sannin-légume.

J'ai rejoint Kaliachi dans le bureau de Kabuto qui est à présent le sien afin de préparer le traitement quotidien d'Orochimaru. Nous plaisantons une bonne demi-heure, me faisant oublier la peine due au départ de mon père, mais mes sens reste à l'affût de la moindre vibration suspecte. Le renégat est dans ses appartements, Sasuke aussi, Emon doit traîner dans les cuisines, et Ichiro est à la salle d'entraînement avec Hisae. Nous ne sommes que sept dans cette gigantesque demeure cachée sous la terre.

- On devrait faire gaffe à ce qu'on fait, ajuste Kaliachi entre deux rires. C'est la vie d'Orochimaru-sama qu'est en jeu.

Je m'immobilise soudainement.

- Qu'est en jeu, répéte-t-elle. Qu'est-qu'est en jeu. C'est la quéquette en jeu.
- Continue sans moi, ordonné-je en déposant les outils sur la table.
- Quoi ? Mais…
- Continue sans moi.

La femme me regarde, surprise, empoigner une arme.

- Tu vas où ? s'inquiète-t-elle.
- Quelque chose cloche. Reste ici au cas où je me trompe.

Je vérifie si la lame n'est pas émoussée en passant délicatement ma main gauche dessus.

- Il se passe quoi, là ?
- Rien, murmuré-je en considérant l'entaille sifflante sur ma paume. Je l'espère…

Je quitte la pièce sur ces mots, un katana en main et des doigts dégoulinant de sang.
Mon instinct me guide droit vers les appartements de Sasuke. Sur le trajet, je tâche de soigner ma blessure, mais mon cœur fait un bond quand un fracas sursautant vient se cogner contre mes tympans. Je me tourne vivement sur la droite : ça vient de chez Orochimaru… Je n'attends pas plus longtemps pour me transporter dans sa chambre de la manière la plus rapide que je connaisse.

Mes pieds atterrissent directement sur un matelas plutôt confortable comparé au mien et mon regard se pose automatiquement sur le jeune Uchiwa. Une lame s'étend de lui à Orochimaru et la pointe vient se loger dans les bras du Sannin. Je remarque aussi les fragments de la porte, découpée à l'aide d'un simple sabre, comme celui que je tiens dans ma main droite.

- Porte en carton, marmonné-je.
- Tu tombes à pic, Seiko, lance Sasuke avec un petit sourire. Nous parlions justement de toi.
- Je serais curieuse, tiens…

Il s'avance de quelques pas. Orochimaru grogne dans mon dos, je dépose alors ma main gauche sur la lame et la sectionne en deux, puis libère mon supérieur du fragment logé dans ses avant-bras.

- Mais il n'est pas question que tu t'approches davantage de lui, craché-je. Un pas de plus et le sang de ses bras se mélange à ta petite cervelle de moineau maléfique.

Sasuke m'observe longuement de son regard ardent de puissance. C'est bien ce que je pensais…
Son visage fin discrètement marqué par l'âge de l'adolescence danse au gré d'une lumière brune et ses cheveux d'un noir opaque ont gardé leur aspect de hérisson. Mais ce regard… ce regard rouge dans ces yeux de chat reflète une puissance phénoménale. Cela fait un moment que je n'ai pas observé Sasuke aussi longuement, et maintenant que je le vois, je ne peux qu'imaginer un combat entre lui et moi m'obligera à user de ma plus haute magie.
Un sourire prétentieux se dessine sur ses lèvres. Je suis tellement concentrée sur lui que je discerne même la respiration que l'on prend avant de parler.

- Pourquoi est-ce que tu t'obstines à penser qu'Orochimaru fait de toi une exception ?

Mon cœur manque un battement, puis impulse le doute dans mes veines. Faire de moi une exception ?…

- Qu'entends-tu par là ?
- Je parie qu'il t'a à peine parlé de ton traitement.
- Et ? pouffé-je. Je n'ai plus rien…
- Tu crois ça ? souffle-t-il en s'approchant, la main dans sa chemise grise.

Il ne voit pas tout de suite le morceau de métal fuser sur lui, mais il parvient à l'éviter de très peu, éraflant son front lisse.

- Prends mes menaces au sérieux, Sasuke-kun…
- Dans ce cas, viens-toi même chercher les notes que j'ai trouvé dans son bureau.

L'Uchiwa sort un tas de feuilles de son vêtement sous mon regard intrigué. Je ne prête aucune attention au Sannin, la seule chose qui me rappelle sa présence est son halètement rauque. Mon seul geste revient à un claquement de doigt pour récupérer les pages froissées entre mes doigts.

- C'est bien son écriture, au passage. Tu pourras peut-être la reconnaître.

L'écriture, effectivement, est très soignée : aucune rature, ses lignes restent droites et suffisamment espacées pour permettre une bonne lisibilité, à croire qu'elles devaient être lues alors que ce ne sont que des… notes. Je me penche brièvement sur le contenu, parcourant ces mots finement dessinés à l'encre noire. Je relève des termes, des chiffres, des expressions, des équations, des schémas complexes qui semblent si anodins, et pourtant… je lis que l'inefficacité progressive de mon système immunitaire favorise l'incrustation du sceau maudit... Je poursuis ma lecture, tachant de garder la tête froide. S'incruste une liste de produits chimiques qui favoriseraient les effets de cette marque signée Orochimaru, mais qu'en contre-partie, ces substances accélèrent le processus de ma pathologie. Je peine à faire le raccord pourtant si évident… et les lettres défilent sous mes yeux qui cherchent avec opiniâtreté une explication de morale dans cette science si obscure… Des expériences bizarres menées sur mon corps sont décrites noir sur blanc dans les moindres détails… C'est impossible… ce n'est pas moi… et à quel moment est-ce qu'on a pu… non… et je n'ai plus rien… plus aucun symptôme…

- Orochimaru, murmuré-je, tremblante… Est-ce… vrai ?

Je comprends alors, de part son silence et son écriture qui indique que l'absence de réactions à cette pathologie est un signe d'entrée en… "phase finale"…

- Il semblerait que mentir soit inutile, à présent, soupire-t-il de sa voix déraillante.

Mentir… Je sens mon cœur se serrer et ma gorge se nouer. Je frémis d'émotion, et les larmes poussant, forçant mes paupières, me font mordre d'angoisse ma lèvre inférieure.

- Alors oui, reprend-il. C'est bien vrai. J'ai cherché à te poser le sceau maudit à plusieurs reprises, lorsque tu étais exténuée par les charges que je te confiais, par exemple. Tu t'endormais plus facilement avec le vin que tu m'empruntais discrètement.
- Je… Je ne comprends pas…

L'odeur de sa transpiration et cette chaleur morbide envahissent cette putain de chambre. Je me tiens là. Tremblante. Debout, et dos à lui. Il ne me répond pas. Il ne me répond pas… il…

- Je ne comprends pas votre démarche, grincé-je en me retournant face à lui. Nous avions un accord qui vous satisfaisait plus que moi : ma loyauté absolue en échange d'un remède, et ce, jusqu'à ce que nous soyons quittes…

Le regard du Sannin a perdu son éclat, sa peau fade est dégoulinante de sueur, ses longs cheveux noirs sont trempés, et les plus proches de son visage grimaçant sont collés sur sa tempe et sur ses joues. Ses lèvres sont marquées par du sang provenant de sa gorge écorchée par la toux, ainsi que celui de ses bras ayant éclaboussé sur sa joue droite.  Il respire avec difficulté…

- Disons que je préfère choisir le moment où se cassent mes outils, m'avoue-t-il sans retenue.

Je fonds sur lui sans plus attendre pour empoigner son cou humide et moite avec fermeté, le traîner en hauteur, sans le moindre effort, contre l'immense tête de lit et approcher mon visage à quelques centimètres du sien ensanglanté, oubliant le gouffre qui nous sépare, la lame du katana pointée sur sa gorge.

- Je vous ai fait le don de mon âme, de ma vie, murmuré-je d'une voix basse et tremblante, le regard planté dans sa pupille verticale. Ma vie… Je l'ai placée dans le creux de vos mains pour que vous puissiez la sauver… Je vous ai fait entièrement confiance… et c'est ainsi que…

Mon corps bouillonne, je défie son regard comme jamais je n'ai osé le faire auparavant. Je suis entrée dans une colère noire, et cela, il le voit très bien… et il l'entend, il entend le tonnerre gronder à la surface. Je fixe, le souffle coupé par la furie, sa pupille inhumaine qui s'élargit au fil des secondes chutant dans le néant. Toutes les lumières qui illuminaient la pièce se sont éteintes. La respiration rauque du Sannin me semble plus forte et sa toux sèche secoue les mèches de mes cheveux, mais il en vient à rire…

- Te mettre en colère a toujours été un véritable un plaisir pour mes yeux, se réjouit-il.

Et il s'élance dans une nouvelle quinte de toux… Je réfléchis un instant sur mes futurs gestes. Lui trancher la gorge est tentant, mais…

- Je ne salirai pas mes mains pour achever un homme dont la mort est à son chevet…

Je lâche Orochimaru, le laissant s'effondrer sur son matelas comme une poupée de chiffon, effectue quelques pas en arrière avant de me retourner pour sauter du lit.

- Et pourquoi pas ? provoque-t-il faiblement dans mon dos. Seiko-chan, toi qui est si instinctive, hésiterais-tu à me tuer ? Encore une fois, au passage…
- Je n'y gagnerai rien.
- Peut-être un sentiment de satisfa…
- Une vengeance ne m'aidera pas ! explosé-je en balayant l'air d'un vif volte-face. T'as pas pigé que je ne suis pas comme ton Sasuke-kun ou l'autre couillon qui s'est barré ? Je te tue, et ensuite, je fais quoi, moi ? Hein ! Je fais quoi ! Je deviens quoi ! Tu n'as aucune idée de ce que je ressens, là, actuellement… Avec tout ce que nous avons vécu, traversé, avec tout ce que nous nous sommes dit ! avec tout ce que tu sais de moi ! malgré tous tes actes, malgré tous tes crimes… malgré toi, Orochimaru ! Oui, malgré toi ! J'ai espéré raviver un feu mort ! Là ! Dans ce coffre que tu as toujours laissé clos ! dans ce coffre que tu n'as ouvert à personne et que tu as enfoui au fond d'un corps qui n'est même pas le tien !…

Je m'arrête un instant, le cœur cognant contre ma poitrine et la voix essoufflée. C'est lorsque je constate que mon bras gauche s'est recouvert d'écailles de rapaces et que la pièce se fait ronger par une obscurité anormale que je décide de me reprendre.

- En vous comportant de la sorte parce que vous êtes obsédé par un désir aveugle de puissance, fis-je donc bien plus calmement, vous vous exposez au danger de la solitude alors que vous savez mieux que quiconque que votre succès dépend des personnes qui vous épaulent.

Orochimaru tousse violemment et essaie de reprendre son souffle. Il prononce misérablement mon nom, mais déjà en proie d'une immense déception ravageuse, je tourne les talons en direction de la sortie.

- Konohana… Cette femme pleine de tendresse et d'amour pour sa délicieuse enfant…

Le visage de ma défunte mère réapparaît dans mon esprit ; il me pince le cœur… Ce vieux serpent pouilleux l'aurait-il connue ?

- La personne qui l'a tuée…

Devant moi se tient Sasuke avec la face toujours aussi impassible tandis que le Sannin mourant tente de régulariser sa respiration pour ensuite me sortir :

- C'est Kaliachi…
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Mar 26 Mai - 11:20

Moi aussi je t'aime bien.

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 18 Juin - 8:25

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Chapitre 12 : Lourds secrets


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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 18 Juin - 8:26

Je t'aime bien aussi, en vérité.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 18 Juin - 16:23

Merci

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Mer 15 Juil - 19:33

Mais de rien !


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Chapitre 41 : De plumes et d'écailles


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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 16 Juil - 12:29

Sinon comment ça va la vie ?
Quoi de neuf ?

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   

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