Friends Of Pain

Les Warriors Of Darkness renaissent de leurs cendres, plus fort, plus soudés que jamais. FoP est une Team MH3U et MH4.
 
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 I was born for your happiness

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Icetea136
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 13 Nov - 22:19

J'ai voulu re-jouer a monster hunter , et me je me rappelle de ma meilleur team sur MH3 , WOD , j'ai voulu faire un tour pour voir un peu les derniers messages , VOUS ETES ENCORE LA BANDE DE FOU DES BOIS DE BOULOGNES , apres avoir déserté comme un voleur du forum ( oui oui je m'en rappelle) en voyant que cela devenait désert , j'aimerais pouvoir ( pourquoi pas ? ) reprendre contact avec les "anciens" ( Helijho , adci mon asiat x_x , blaze , silv ,la seule fille du forum, midona ? et plusieurs dont je ne me rappelle plus le nom =/ ) Jouant a League of Legends m'voyez faire quelques games ....
Mon message n'est pas approprié dans la fic , mais j'ai vu des messages récent donc j'ai poster ici ^^
Cordialement. Bande de batard.
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Fanfictive
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 13 Nov - 22:22

A KE KOUKOU TWA ! /
Ça fait un bail, tu vas bien ?
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Icetea136
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 13 Nov - 22:27

Oui bien 2 ans ce sont écoulé j'habite maintenant dans le 13 Smile je suis vraiment étonné que le forum vive encore ... j'espere que adci et compagnie répondront a mon appelle
Dit moi , je n'aime pas Naruto de base ... Mais a la fin il se passe quoi ? Sasuke meurs ? J'aimerais juste savoir la fin voir comment ils l'ont faites MP moi pour eviter les larmes de rages et de désespoir des personnes anti-spoil
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Adci
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 15 Nov - 11:21

Coucou toi, tu dates
J'joue aussi à LoL même si j'joue moins récemment
Si tu veux m'add, c'est Adci208

EDIT : Au passage, vous auriez Steam ?

_________________
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Icetea136
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Mer 19 Nov - 21:59

Oui j'ai garry's Mod
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Adci
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 20 Nov - 19:48

J'ai pas Garry's Mod ...
File ton compte Steam

EDIT : Envoie une demande d'ami sur LoL, ou donne ton pseudo

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Helijho
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 30 Nov - 13:12

Mido===> C'est ainsi que je compris que l'enfant que je tenais dans mes bras était une fille. C'est aujourd'hui que je comprends que cette fille était Seiko

Icetea mon ami c'est toi t'es de retour ça faisait un bail
Tu deviens quoi? :O

_________________
Si vous me voyez dans la rue dites moi bonjour ça vous évitera de mourir brutalement
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Dim 30 Nov - 18:23

Hey bien, ça veut dire qu'Orochimaru a vécu l'attaque de Kyubi, contrairement à la version originale.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Ven 5 Déc - 18:22

I was born for your happiness
Souvenirs



Chapitre 31 : L'ombre d'une vie


Voilà trois heures que Kaliachi est sortie de la pièce en me laissant cette nouvelle déroutante sur le cœur. Comment… comment est-ce possible ? Elle m'a posée une tonne de questions auxquelles je ne pouvais pas répondre…
Je reste là, assise à essayer de réaliser une chose incroyable. Elle n'avait pas l'air de plaisanter, ce qui retire ce mince espoir de mensonge. Je ferme les yeux et me remémore la scène…

« T'avais un copain quand t'étais à Konoha ? m'a-t-elle demandé indiscrètement.
- Non, ai-je répondu. Pourquoi cette question ? »

Bon sang…

Qui suis-je ?

« Dis-moi les moments où t'étais inconsciente et les personnes qu'étaient avec toi, m'a-t-elle suggérée.
- Lorsque mon professeur m'a frappée à la tête afin que je ne vienne pas avec lui arrêter un attentat. Les trois fois où j'ai été emmenée à l'hôpital, la première, c'était un mal de ventre horrible lors d'un entraînement avec Iruka-sensei. La seconde, c'était lors de sa mort. Un homme m'y a portée. La troisième correspond à ton attaque à Takumi. Les deux hommes qui m'accompagnaient m'ont amenée à Kumo. La quatrième… »

Je me souviens d'avoir hésité à lui dire au sujet de mon arrestation à Konoha, alors, j'ai enchaîné :

« La quatrième était celle où tu m'as endormie. Les autres fois correspondent aux sales quarts d'heure que je passaient avec mon père et à mes moments de sommeil.
- Il te faisait quoi, ton père ?
- Il me frappait lorsqu'il s'alcoolisait trop. Il s'est servi de ce prétexte lorsqu'est venu le moment de son procès, puis il a fuit Konohagakure avant que l'Hokage, qui était à l'époque Hiruzen Sarutobi, ne le fasse emprisonner.
- Donc c'est de là que viennent les cicatrices sur ton dos.
- Oui je… je n'ai pas envie d'en parler, ai-je fait en me frottant le bras. Dis-moi… tu n'as rien dit à qui que se soit, n'est-ce pas ?
- Non, t'inquiète pas. »

Quelqu'un frappe à la porte. Trois coups.

- Qui est-ce ? me méfié-je.

Pour toute réponse, trois coups. Je ne me répète pas. Trois coups. Trois coups dans un intervalle régulier. Je fixe la porte, inquiète, puis ose sonder ce qui se trouve derrière mes murs. Ce n'est pas… humain. La porte s'ouvre. Lentement. Tandis que mes mains s'accrochent fermement à mon pantalon. Et que mon cœur cogne durement contre ma poitrine. Personne…
Tout à coup, quelque chose de plus grand que moi tombe violemment du plafond du couloir extérieur avant d'être retenu par je-ne-sais-quoi dans un claquement grave, m'arrachant un cri de surprise. Un… cadavre ? Un pendu ? Non… pas encore… pas ça… je reconnais ces habits… Anko… Son corps, qui ne touche pas le sol, se retourne lentement dans un grincement sourd face à moi. Le souffle coupé, je la fixe. Sa tête est enveloppée d'un tissu sale. Elle prononce d'une voix douce :

- Je cherche Seiko. Où est Seiko ? Seiko ? Seiko…

J'avale ma salive sous les répétitions de mon nom.

- Allez-vous en…
- Seiko. Seiko. Seiko.
- Laissez-moi, s'il-vous-plaît…
- Seiko. Seiko. Tu avais un cadeau pour moi, Seiko ?

J'étouffe une légère plainte à l'entente de sa question avant de lui hurler de dégager et de commander violemment à la porte de se refermer sur elle.

Un silence. Long. Oppressant. Mon regard est attaché à l'entrée de ma chambre. Je reste là. Immobile. À retenir des larmes de stress et d'angoisse. Je sais qu'elle se tient toujours derrière ma porte… je sais qu'elle ne bouge pas… je sens sa présence statique…

Un bruit. Quelque chose de lourd est tombé. Des pas rapides longent le couloir. Je les entends s'éloigner, se rapprocher, s'éloigner… puis plus rien.

Je bouge prudemment avant de décider d'ouvrir la porte à l'aide de ma pensée. Je la referme aussitôt lorsque j'entends les pas revenir. Je sais qu'elle n'existe pas, je sais que mon esprit me joue des tours, je le sais… je le sais très bien, mais… J'essaie d'entrer en contact avec Rechiku et Nechiku. Aucune réponse…

- Seiko… tu me dois un petit cadeau, semble-t-elle chantonner.

Soudain, la porte s'ouvre. Par réflexe, je matérialise rapidement une arme de lancer et la projette mentalement et sans attendre sur la silhouette qui se dessine dans l'obscurité. Celle-ci s'esquive au dernier moment d'un pas sur la droite et rattrape l'arme par le manche.

- Eh bien, souffle la voix d'Orochimaru. Que t'arrive-t-il, encore ?

J'écarquille les yeux lorsque je réalise qu'il s'agit de mon supérieur. Mince !

- Lâchez-la ! ordonné-je immédiatement en oubliant le spectre d'Anko.
- En quel honneur devrais-je t'obéir ?
- Son manche est empoisonné.

Je ne me fais pas répéter.

- Qu'est-ce que c'est ? demande-t-il en regardant l'arme au sol.
- Du venin de veuve noire…

Orochimaru pose son regard sur moi. Je me lève alors.

- Le couteau entier en est imprégné, expliqué-je. Le manche est constitué de plusieurs petites pointes qui transportent le venin dans la chair lorsqu'on l'empoigne et la lame en est imbibée.
- Du venin de veuve noire, répète-t-il en souriant.

Je hausse les épaules.

- Quinze fois plus toxique que celui du serpent à sonnette et l'action neurotoxique provoquée est plus puissante que celle du venin du cobra. L'araignée en elle-même en injecte bien moins cependant, ce qui ne rend pas forcément la morsure fatale. En revanche, je compte deux cents pointes ; c'est suffisant pour tuer à coup sûr.
- Et que compte-tu faire à présent que ton venin court dans mes veines ?
- La solution la plus rapide est l'amputation de votre bras, souris-je en m'approchant. Mais une fois l'arme lâchée, le venin est sous mon contrôle.
- Tu l'as stoppé, j'espère.
- Bien sûr que oui… C'est une arme de lancer, il n'est pas aisé de combattre avec au corps-à-corps. Si l'adversaire l'utilise pour me la renvoyer, je peux décider de son sort. À la base, le poison est lent, alors j'utilise un catalyseur, en plus du venin que je le stoppe par ma propre volonté. De toute façon, la victime est condamnée si je ne fais rien.
- Je ne suis pas ta victime, s'offense-t-il.
- Plus maintenant, effectivement. Une victime indésirable. Toutes mes excuses…
- Tu es tout de même sacrément culottée, déclare-t-il en croisant les bras. Tu fais la morte en disparaissant durant deux mois, tu reviens comme une fleur, négocies avec moi, te jettes dans mes bras, manques de me tuer, me donnes des ordres, me compares à une de tes victimes, et pour combler le tout, tu t'excuses.
- Ne vous sentez pas obligé de m'embarrasser, laissé-je échapper. Enfin, que me voulez-vous ?
- Oui, j'en ai presqu'oublié la raison de ma visite…

C'est lorsqu'il effectue son fameux demi-tour que que le spectre d'Anko apparaît une troisième fois en face de moi, juste derrière Orochimaru ! Je recule d'un pas, manquant de chuter en arrière.

« Calmez-vous Seiko-hime, résonne la voix de Nechiku dans ma pensée. L'image que vous voyez est bien réelle, mais ce n'est pas la personne que vous imaginez. »

- Suis-moi.

« C'est quoi ce truc, alors ? m'énerve-je.
- N'y prêtez pas attention et faites ce que vous demande Orochimaru, je vous explique en chemin. »

J'exécute alors.

« C'est un esprit malin prenant l'apparence qu'il souhaite pour tourmenter bon lui semble, explique l'Argenté. Ils sont invoqués de toute la haine, la colère, la peur, la tristesse, l'orgueil ou la jalousie dont ils ont été victimes dans leur vivant et ils se débrouillent pour transmettre leur sentiment négatif à leur cible... Celui-ci est un esprit hanté par la tristesse. Souhaitez-vous que je vous en débarrasse ? »

Je regarde Anko me dépasser. Orochimaru ne la voit pas. Tant mieux… Elle se déplace d'une façon horrible, tordant ses articulations dans n'importe quel sens et émettant des faibles gémissements, courant sur les murs aussi bien que sur le sol.

« Oui, s'il-vous-plaît… »

Je ferme les yeux.

« Comme il vous plaira. »

Et Anko disparaît dans intense lumière qui se dissipe quelques secondes après. Je vois Orochimaru réagir sur l'instant qui suit. Il semblerai qu'il soit sensible aux vibrations spirituelles. Je continue de marcher derrière lui, un peu en retrait sur la droite, avec une distance équivalant à un pas. Je profite de ce moment de silence et de quiétude pour méditer sur mon sujet, encore sous le choc du mauvais tour joué par l'esprit et de la nouvelle dont Kaliachi m'a fait part. Mais si cela se trouve, mon inhumanité peut en être à l'origine, car au bout du compte, seule mon apparence me rapproche de l'Homme. Certes, tout est en place ; mon foie se situe bien sous ma poitrine du côté droit, mon cœur du côté gauche, un peu plus au dessus, mais mon sang n'a pas la même composition que les autres. Certaines choses inaccessibles à l'Homme ou au monde du shinobi sont à la portée de mes mains, mais c'est aussi vrai dans le cas inverse. Je m'attriste en imaginant que la réponse au plus grand de mes mystères risque de ne jamais me sourire…

Orochimaru pose sa main sur la poignée de la porte de son bureau, la tourne vers la droite et la tire à lui. Il m'invite ensuite à entrer. Je passe alors devant lui en me plongeant dans la pièce mal éclairée pour me retrouver face à deux personnes assises autour d'une table. L'un est Kabuto, j'ai du croiser le second une à deux fois.

- Joins-toi à nous, Seiko, me propose Orochimaru en refermant la porte derrière lui.

Il passe devant moi et vient siéger aux côtés de Kabuto.

- Nous sommes sur le point d'élaborer une stratégie d'attaque sur Konoha, explique-t-il en me désignant une place entre mon collègue et le jeune inconnu.

Je m'approche alors, silencieuse, tire la chaise vers moi et m'assieds en croisant les jambes et les bras. Sur la table s'étale le plan d'un village. Celui de Konoha, à coup sûr. Je n'ai jamais usé de mon talent de stratège pour le moins qu'il existe, mais je compte bien faire de mon mieux…

- Parfait, prononce Kabuto. Nous allons pouvoir commencer.

Il propose ensuite une stratégie d'attaque, qui, à mes yeux, pourrait régler le problème sans contradiction, mais Orochimaru trouve tout de même une faille. Énorme. Effectivement, s'il joue ainsi, c'est la défaite assurée. Kabuto propose alors une solution aussitôt contredite par l'inconnu. Orochimaru appuie sur le fait en pointant du doigt une alternative que je ne comprends pas du tout. Je finis par décrocher au bout de dix minutes de bla-bla intellectuel et choisis plutôt de réfléchir dans mon coin. J'entends Kabuto tenir un discours fatiguant, celui qui est à ma gauche réplique, suivit d'Orochimaru. Mon collègue et l'inconnu nommé Emon conversent longuement sans que le Sannin s'en mêle.
Bref…
La problématique est la suivante : Comment une armée de petits soldats de plombs peut-elle anéantir un village entier de shinobi en minimalisant les dégâts humains de notre côté ? Je pense qu'il faudrait déjà s'attaquer à la caserne principale de Konoha et aux quartiers généraux des différents clans, à savoir les Hyuuga, les Inuzuka et… C'est tout, il me semble. Les Uchiwa ont été réduits en centre il y a une décennie de cela, les Senju étaient leurs rivaux mais ils disparurent mystérieusement… la seule personne encore vivante de ce clan reste Tsunade, et les Uzumaki qui entretenaient un lien parenté avec le clan précédant ont des origines lointaines. Il ne doit y rester que quatre à cinq membres. Mais lorsque j'y pense… Tsunade est une métisse. Hashirama Senju, son grand-père, s'est marié avec Mito Uzumaki, la première hôte de Kyûbi.

- Mouais, pensé-je à voix haute.

Je lève les yeux sur les personnes présentes. Orochimaru s'est levé pour se pencher sur le plan probablement dans le but d'expliquer quelque chose de complexe. Il me fixe à présent de son regard luisant à travers ses mèches sombres. C'est ainsi que je comprends que je lui ait coupé la parole !

- Excusez-moi ! Je parle toute seule. Continuez, je vous prie…

Je le laisse reprendre son discours en le suivant quelques secondes, puis je me plonge de nouveau dans mes pensées.

- Seiko, si tu n'as rien à dire, je t'invite à quitter la pièce.

Je lève mon regard sur le Sannin sans bouger. S'il savait combien je ne supporte pas d'être interrompue ainsi dans mes pensées ! Du coup, j'ai perdu le fil…

- Je n'y comprends pas grand chose, déploré-je. Au pire, bien plus simple : on passe par la porte principale, puis on se téléporte à la tour de guet numéro trente-six alors qu'il n'y en a que sept, puis nous nous coupons en quatre virgule quelque chose pour accéder aux six portes du village, nous nous téléportons ensuite chez Tsunade, la tasse de thé est servie et on s'en va en faisant exploser son bureau. N'est-ce pas plus compréhensible ?
- Nous ne sommes pas ici pour plaisanter, rétorque-t-il froidement.
- Moi non plus, fis-je en me levant à mon tour. Plutôt que votre langage inexistant dans mes dictionnaires, j'imaginais prendre d'assaut les quartiers généraux des deux clans cohabitant avec Konoha.

Je pointe de mon index la maison du clan Inuzuka au hasard.

- Nous pourrions laisser quelqu'un prévenir Konoha de notre arrivée, ainsi, une brigade sera envoyée sur les lieux. Mon but consiste à réduire un maximum l'effectif militaire pour avoir moins de boulot une fois à l'intérieur du village, qui sera, tout compte fait, atténué par cette absence, et ainsi, nous pourrions nous débarrasser des deux clans majeurs de Konoha.
- Il y a une faille dans ton raisonnement, intervient Kabuto. Tu comptes probablement concentrer une faible quantité de shinobi dans les maisons tribales. Comment feront-ils face aux membres du clan et à la brigade envoyée ?
- Ils commencent déjà par se débarrasser des chiens du clan Inuzuka. Sans leurs compagnons, ces hommes ne sont que des ninja rabaissés au rang de Genin voire de simples villageois, puis ils les attirent dans une embuscade.
- Nous manquons d'hommes pour cela…
- Je sais, soupiré-je. En recrutant, peut-être que nous arriverons au…

Ma phrase est rompue par une toux violente, me faisant cracher le sang de mes entrailles dans ma main droite.

- Recruter s'avère être trop long, reprends Kabuto.
- Une alliance, alors ? fis-je en grimaçant.
- Trop compliqué.

Sa réponse me fait doucement sourire.

- L'Edo Tensei est peut-être la solution la plus plausible, ajoute Emon.
- Certes, mais il faudrait une énorme quantité de cadavres et le stade actuel de cette technique ne nous permet pas de contrôler tous les sujets.
- Les cadavres, on en trouve partout, affirmé-je.
- En bon état ? demande Kabuto.
- Obligé ? m'étonné-je.
- Un corps en pleine putréfaction ou déjà sous l'état de squelette n'est pas utilisable.
- Oui, bien sûr… En admettant que nous trouvons l'effectif souhaité, pour les contrôler, au lieu d'approfondir les recherches qui demande un temps fou et peut-être sans succès, ne suffirait-il pas d'enseigner cette technique interdite à quelques personnes de confiance pour diriger chaque escouade ?
- Pourquoi pas… Et d'ici-là, Orochimaru-sama aura le corps de Sasuke-kun.
- Ce qui arrangerai bien des choses, appuie Emon.
- Ou pas, contredis-je.

Je sens le regard des trois hommes se poser sur moi.

- Je doute que Sasuke se laisse faire lorsque ce moment viendra, déclaré-je en haussant les épaules. Je pense aussi qu'il n'est pas une référence pour cette bataille et qu'il ne faut pas le considérer en allié.
- Il n'est pas notre ennemi, objecte Kabuto.
- Si vous le souhaitez… mais je persiste à dire que cette condition ne fait pas de lui notre allié. J'ai été témoin de la relation qu'il entretient avec Orochimaru : je ne peux pas lui faire confiance. Il n'a pas l'air de se plaire ici et lui offrir son corps doit être, pour lui, une contrainte. À coup sûr. Imaginez s'il se rebelle ; s'il trouve le bon moment pour le faire. Il a l'intelligence pour.

Je marque une pause, puis me tourne vers le Sannin qui s'est tut durant toute ma prise de parole.

- Orochimaru, pourquoi changez-vous de corps toutes les trois années ?
- Celui que je possède me rejette au delà de ce délai, me répond-il calmement. Je m'affaiblis.
- Voilà le moment propice pour vous attaquer. Sasuke est fort, vous êtes fort, il se fortifiera tandis que vous vous affaiblirez.
- Mais tu es forte, sourit-il.
- Cette force ne dépend que de vous, répliqué-je en croisant les bras. Ne comptez pas sur le mollusque que je serai pour vous couvrir si vous ne faites rien.

Orochimaru, qui s'est assis entre-temps, pose son coude sur le dossier de sa chaise et son mollet sur sa cuisse en étouffant un rire mauvais, lui faisant adopter une posture diaboliquement décontractée. Quelque peu offensée par son attitude, je rentre ma tête dans mes épaules et plonge mon regard sombre dans le sien tandis qu'il me fixe avec son sourire.

- N'est-elle pas mignonne, avec ce sang chaud sur le coin de ses lèvres malgré la sale enfance qu'elle a écopé qui aurait du la rendre difforme ?

Mais c'est qu'il se fout réellement de moi ! Je lui aurais volontiers envoyer le chandelier qui patiente sagement son envol à mes côtés, mais préfère me contenter d'effacer le liquide écœurant. Je remarque alors qu'il fait tourner du bout des doigts de sa main droite une coupe de vin. Il n'est pas encore saoul, et pourtant… Mon regard s'attache au sien un instant, puis, comme une étincelle au milieu des ténèbres, une illumination. Je me penche alors sur la table, m'appuyant à son rebord, le visage fermé, sans lâcher son iris une seule seconde, puis déclare ouvertement :

- Je devine, de part l'éclat d'une pépite d'or fendue au sabre émergeant de l'écume d'une vague de narcisse sur un océan enneigé, une forme d'intelligence qui apprendrait au merle à ne pas laisser sa langue déraper dans son bec, au risque de s'en séparer.

Je marque une pause, me crispant d'avantage à la table de bois.

- C'est la dernière fois que je vous entends parler de mon enfance de cette façon, sifflé-je enfin.

Orochimaru a cessé de jouer avec son verre. II me fixe, tête basse, sans l'ombre d'un sourire. Je le regarde aussi, puis me redresse et tourne les talons.

- Je reviens dans dix minutes.

Le temps de me calmer… Je ferme la porte derrière moi sans la claquer et m'adosse ensuite au mur rocailleux un peu plus loin en plaçant mes mains dans mon dos. Mon regard se pose sur une flamme bleutée et un long soupir vient réchauffer l'air aux alentours. Une silhouette féminine sort de l'ombre sur la droite.

- Ben ! Je croyais que t'étais avec les intello' !
- Dans dix minutes, j'y serai de nouveau, déploré-je.
- Pourquoi t'es partie ? questionne Kaliachi.
- Je crois bien que cette pièce m'oppresse.
- Oulà ! Il s'est passé quelque chose…
- Bien vu, marmonné-je.
- Une dispute ?
- Toujours bien vu…
- Avec Kabuto !
- Non…
- Emon ? s'étonne-t-elle.
- Non plus.
- Vas pas me faire croire que c'est Orochimaru-sama ! J'ai vu personne sortir en soupirant d'une pièce après s'être opposé à lui, puisque leur dernier soupir était avec lui…

Finalement, ce n'est pas bien différent de Konoha, comme l'a indiqué Ichiro…

- Même Kabuto… il n'a jamais eu le cran de l'affronter réellement. Je crois que le seul est Sasuke.

Je garde le silence.

- Non… tu vas pas me dire que tu t'es réellement disputée avec Orochimaru-sama ?
- Ben…
- Dis-moi tout ! s'écrie-t-elle. Je veux tout savoir, en plus de la raison pour laquelle il t'a laissée vivante.
- Ce n'est pas tellement une dispute, disons que je l'ai enguirlandé.
- Tu… t'as osé faire ça ! Mais ! T'es folle !
- Peut-être bien, souris-je. Je l'ai comparé à un merle.
- Ma pauvre fille... T'es bien folle, la question se pose même pas… Raconte quand même !

Je lui énumère alors l'affront que j'ai eu avec Orochimaru comme elle le souhaite. Une fois la fin de mon récit achevée, elle me regarde, incrédule.

- T'as du répondant, morveuse ! C'est sûrement pour ça qu'il t'a épargnée bien des souffrances… Enfin, j'aurai réagi pareil mais pas avec lui… C'est vrai que c'est pas sympa, ce qu'il t'a dit, mais à quoi tu t'attendais ? C'est Orochimaru-sama ! 'Faut pas rêver, non plus…
- Je suis loin de rêver, contredis-je aussitôt. J'ai passé l'âge de m'imaginer naviguer sur un long fleuve tranquille. Malgré cela, j'espère pouvoir vivre après Konoha.
- Vivre ? Tu vis déjà, ma cocotte.
- J'existe, voilà tout.
- T'es pas en train de me faire une dépression d'ado' boutonneux, j'espère !

Je me contente de hausser les épaules en me redressant.

- Je rigole pas, Seiko. Je te parle sérieusement… 'Faut pas que tu te laisses aller, c'est dangereux, surtout ici. Toutes les personnes qui ont voulu venir ou qui ont cédé à Orochimaru-sama sont rongées par une faiblesse. C'est ce qui faut nier. Tu dis exister plutôt que vivre ? Tu dis cauchemarder plutôt que rêver ? T'as qu'à vivre et rêver. Moi c'est ce que je fais et ça marche ! Regarde-moi ! La vieille de 40 piges les paraît même pas dans sa tête ! Physiquement, j'sais pas, mais t'imagines même pas comment je me sens jeune ! Et grâce à qui, gamine ? grâce à Emon ! Eh oui, ce gosse au bonnet d'âne qui complote avec Orochimaru-sama et Kabuto dans une pièce sombre. Ben ! figure-toi que je t'aurais déjà sauté à la gorge pour te l'ouvrir s'il m'avait pas dit deux mots lorsqu'il a apprit ton arrivée et qu'il m'a vue tremblante d'émotion. Donc maintenant, tu souris bêtement et tu ris pour un rien, O.K ? T'es pas bête, t'es jeune, belle, t'as du charme, et Orochimaru-sama a raison : t'es mignonne, avec ou sans la tâche rouge dégueulasse sur la tronche. Redresse ta barre, puis dresse la barre des hommes, et, peut-être que dans ce tas de bon-à-rien à tes pieds, tu trouveras un bon-à-t'offrir-la-vie-dont-tu-rêves.

Cette parole, bien que remplie de fautes de syntaxe, agit comme une incantation donnant une âme à un objet inanimé. Je la regarde, les yeux pétillants d'émotion… eh bien oui, je dois avouer qu'elle m'émeut…

- Deviens une femme et tu verras que les choses seront différentes et plus amusantes, ajoute Kaliachi. T'as tout physiquement, mais c'est pas assez développé dans le crâne, malgré que pour ton âge, t'es plutôt en avance. Mais ici, il faut grandir rapidement, surtout quand on occupe le poste que tu tiens !
- J'imagine… Écoute, je ne trouve pas les mots pour te remercier, alors si tu as besoin d'une aide, fais-le-moi savoir.
- D'accord.
- Bien. Je vais devoir te laisser, à présent. Merci…

Je tourne alors les talons en direction du bureau d'Orochimaru avec un certain regret dans mon cœur. Lorsque j'obtiens l'autorisation d'entrer, les trois personnes me surprennent un peu de leur position : elles n'ont pas bougé d'un seul pouce si bien que le Sannin a toujours sa coupe de vin entre ses doigts. En me voyant m'avancer, il la porte à ses lèvres. Kabuto, lui, remonte ses lunettes du bout de son annuaire, quant à Emon, il fixe la table.

- Seiko-san, prononce ce-dernier en posant son regard sur moi. Orochimaru-sama veut vous dire quelque chose.
- Pas le moins du monde, lance le concerné.

Devrais-je m'attendre à des excuses ? De la part de cet homme, je pense pouvoir toujours courir… Je me contente de m'assoir à ma place en adoptant la même position que toute-à-l'heure.

- On m'a dit que vous souhaitez une vengeance en détruisant Konoha, commencé-je plutôt.
- Une vengeance ? répète Orochimaru, amusé. Bien sûr que non.
- C'est bien ce qui me semblait, souris-je. Ce n'est pas une raison qui vous ressemble.
- Pourquoi devrais-je en vouloir à Konoha, à ton avis ?
- Peut-être parce que vous n'avez pas pu être Hokage.
- Allons, ne me fait pas rire avec ces bêtises…
- Alors pourquoi ?

Orochimaru penche sa tête sur le côté en souriant.

- Un coup de tête.

J'arque un sourcil.

- J'ai besoin de voir les choses en mouvement, explique-t-il. Toi-même n'oseras t'imaginer combien je m'ennuis lorsque rien ne bouge.

Une simple envie, donc… Il faut avouer que c'est une excuse qui lui convient bien, mais…

- Je vois, murmuré-je.

L'écho d'un long silence résonne dans la pièce. Je pense que personne n'a envie de continuer à réfléchir…

- Kabuto est fatigué, déclare le Sannin en se levant de sa chaise. Nous reprendrons un autre jour.
- Orochimaru-sama, je suis encore en état de raisonner…
- Je n'en ai plus le moral, de toute façon…

Bah… tant mieux parce que moi non plus. Je regarde mon supérieur contourner la table d'un pas lent. Emon le suit. Je me lève alors et fais de même, puis Kabuto. Nous quittons la pièce un à un sans mot dire. Il est probablement très tard. Tandis qu'Orochimaru et Kabuto se dirigent vers leurs appartements, je considère le jeune homme de mon âge qui aurait réussi à détourner les intentions de Kaliachi en n'usant que de quelques mots seulement. Il est plutôt grand, discrètement musclé et porte effectivement un bonnet sur la tête. Des sourcils un peu épais ornent son regard sombre. Son visage, finement allongé, est marqué par des traits assez prononcés, et ses lèvres sont plus rouges que les miennes. C'est étrange, mais il a le physique d'une personne de confiance bien qu'il semble servir Orochimaru depuis pas mal de temps. Je me réjouis de compter des personnes telles que lui, Kaliachi et Ichiro dans ce repaire.
C'est aussi amusant de penser que le Sannin corrompu ait placé ces personnalités à ses côtés. Se pourrait-il qu'elles reflètent sa face-cachée, celle qu'il ne montre jamais ou qu'il ne laisse transparaître qu'à de rares occasions, en oubliant bien entendu sa dernière réflexion à mon sujet. Au fond… quel homme est Orochimaru ? Lorsque je l'ai vu pour la première fois, j'étais avec Anko. Je me souviens qu'elle a déploré le passé, probablement durant la décennie où elle respirait sous son aile. Apparemment, il devait être plutôt sympathique… « avant qu'il ne perde la tête ». Son expression faciale permanente ne lui donne en aucun cas un air angélique, mais je reste persuadée que s'il cesse de froncer les sourcils, ne serait-ce qu'une minute, il aurait l'air de tout sauf d'un type malsain… durant une minute. Orochimaru est le diable incarné. C'est ce qu'on dit. Mais les personnes les plus proches de lui approuveront peut-être le contraire en relevant un défaut dans ce caractère diaboliquement diabolique. Jiraiya le désignait comme un ami, je me souviens aussi du rêve de Tsunade lorsque je me suis incrustée dans son esprit, Anko le disait agréable, quant au troisième Hokage qui lui offrait son enseignement, il voyait en lui un brillant personnage, un éclair de génie, et plaçait en lui un espoir pour Konoha. Paraît-il qu'Orochimaru a été conseillé comme dirigeant du village après l'attaque de Kyubi et la mort de Minato, le Quatrième. Mais Sandaime a préféré prendre la relève et, au final, il s'est fait tué. Et enfin, il y a Kabuto. Ah… Kabuto… cette machine mystérieuse qui se contente d'exécuter les ordres sans dire un mot, sans donner son avis, ne souhaitant absolument pas agir comme un obstacle aux projets d'Orochimaru, ne faisant qu'un avec sa volonté… Au bout du compte, il est plus sa main droite que son bras-droit. Quoique… ça devient ambigu !

- Vous paraissez amusée, Seiko-san.

Je lève mon regard sur le jeune homme, puis sourit d'avantage.

- J'ai effectivement l'esprit ailleurs.
- Qu'est-ce qui vous fait sourire ?
- Oh, rien de bien important… Il est tard, je vais me coucher. Bonne nuit, Emon.

Je me dirige ensuite vers ma chambre d'un pas dynamique. À vrai dire, je n'ai pas tellement sommeil !
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Ven 5 Déc - 22:51

Bien Helijho :p j'ai fait une game avec le petit chinois adci sur LOL
tu y joues ? =p
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 6 Déc - 11:55

"Petit" chinois ?

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Silv'
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 25 Déc - 17:50

Tiens salut Icetea, et Helijho Wink
Faudra que je vous add sur lol, j'ai besoin d'être carry /:
Bref juste pour dire que j'ai commencé a lire ta fic et j'aime beaucoup, mais j'arrête la pour le moment, je vois pas bien et j'ai la gueule de bois
Ciao Very Happy
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 25 Déc - 23:55

Oh ! Mon petit Silver ! :cute:
Comment vas-tu ? (je mets un cœur parce que je ne suis pas certaine que le cute existe ici )
Tu en es où ? :3
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Sam 27 Déc - 14:16

Balance ton pseudo, j'sais plus si j't'ai
Par contre, je joue plus tellement à LoL

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 8 Jan - 22:32

Bonsoir !
Aujourd'hui, en ce jour de deuil national, le 8 janvier 2015, mes personnages se vêtent de noir et de rouge défendent la liberté d'expression et manifestent contre le terrorisme. Tragique événement hier, hommage à Charlie Hebdo. R.I.P aux douze victimes, aux policiers, et aux dessinateurs tués parce qu'ils dessinaient…

http://image.noelshack.com/fichiers/2015/02/1420755853-iphone-image-01-08-2015.jpg

Directement fait au stylo Bic, aux marqueurs noir et rouge et aux crayons de couleurs. Pas de gomme, les choses ne doivent pas être oubliées…
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Ven 9 Jan - 19:19

RIP :/
Ca part pas mal en co*ille en ce moment

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Lun 30 Mar - 16:14

I was born for your happiness
Souvenirs



Chapitre 8 : Seiko Matsuda


Tandis que je me remémore un vieux souvenir, je mène les pas de Seiko jusqu'à la salle d'entraînement de Sasuke. C'est amusant de la voir obéir ainsi à ma voix, sans broncher une seule seconde.

- Ouvre, commandé-je.

Elle s'immobilise un instant, puis se retourne vers moi d'un air exaspéré.

- Qu'est-ce qui ne vas pas ? souris-je.
- N'êtes-vous pas en train de vous jouer de moi ? se fâche-t-elle en posant ses mains sur ses hanches.
- Non, pouffé-je en m'avançant à mon tour. Bien sûr que non.

Je pousse alors les portes de la salle d'entraînement. Mon élève y est toujours. Le temps vient enfin de voir ses véritables progrès en le plaçant face à la petite Seiko, puisque bien qu'elle dit affaiblie par une pathologie, elle émane une énergie différente des dernières fois. Et puis, cela me permettrai de connaître ses capacités, à elle aussi. Cette jeune femme… fille… est de nature corrosive lorsqu'elle se tient debout face aux personnes comme Sasuke. Il se tourne vers nous en faisant luire son regard magnifique dans la pénombre.

- Sasuke-kun, prononcé-je en prenant soin d'articuler. Je tiens à te présenter Matsuda Seiko. Elle vient de Konoha, elle aussi.
- J'vois pas qui c'est.

Je soupire…

- Peu importe, je te l'ai amenée afin que tu l'affrontes.

Il la regarde intensément, portant son jugement de valeur sur elle, puis déclare ouvertement :

- Désolé, mais je ne me bats pas contre les mauviettes.
- Ne parle pas comme ça, défendis-je avec contenance.
- Je parle comme je veux et je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi.

Cette réflexion me fait doucement sourire. Dois-je lui rappeler qu'il est chez moi, dans ma demeure, et qu'il se doit de se plier aux instructions que je donne ?

- Bref, cette naze est aussi conne qu'elle en a l'air.

Dois-je lui remettre en tête qu'il bénéficie de mon enseignement à juste titre du Sharingan ?

- Sasuke-kun, m'imite Seiko.

Non, cette enfant le fera très bien…

- Qu'est-ce que t'as ?
- Le perroquet a besoin d'une langue spéciale pour parler, quant au hérisson, il se roule en boule afin de se protéger des prédateurs… Mais il se trouve que ce perroquet soit particulièrement antipathique et que les épines du hérisson ne soient pas assez résistantes contre crocs et serres. Le perroquet nécessite de sa langue pour copier bêtement les paroles sans vraiment comprendre ce qu'il dit, son arrogance ne peut l'empêcher de rabaisser ses modèles afin de se sentir supérieur ; le hérisson espère que ses épines le repousseront le rapace en se moquant…

Soudain, à mon agréable surprise, douze sabres apparaissent dans l'espace, lames dansantes au gré de Seiko, puis menaçant la gorge du jeune Uchiwa.

- Jusqu'à ce que les serres de l'aigle transpercent la chair de sa proie.

Elle laisse les armes tomber dans un fracas aigu…

- Manque-moi de respect autant de fois que cela te chanteras, crache-t-elle. Mais aies au moins l'intelligence de comprendre pourquoi tu le fais… petit perroquet hérissé.

Magnifique… tout simplement magnifique ! formidable ! sublime ! Comment ! Comment a-t-elle fait cela ? Ce n'est sûrement pas la seule chose qu'elle peut faire… Quoi d'autre, encore ? Je serai bien tenté de lui mettre en face une personne d'une arrogance plus exaspérante que celle de Sasuke-kun, ne serait-ce que pour connaître les limites de son pouvoir ! Elle n'a même pas bronché ! Le Sharingan du jeune Uchiwa ne fonctionne pas sur elle… encore, le sceau maudit est discutable, mais le Sharingan ! Tout de même ! Le Sharingan, bon sang ! Je parie n'importe quoi qu'elle ne s'est pas rendue compte du genjustu tellement elle est insensible à cette pupille… et voilà son utilisateur complément impuissant… humilié au plus haut point ! Je n'en attendais pas autant de la part de Seiko, je dois l'avouer… Elle effectue un demi-tour en profitant de ce mouvement pour me lancer un regard sous-entendu impressionnant. Peut-être est-elle simplement déçue de mon manque de réaction face à l'insolence de mon élève ?

- Ichiro, fais visiter les lieux à cette jeune… intrépide, ordonné-je discrètement à un des deux hommes qui assistaient au spectacle. Et amène-la ensuite à Kabuto en lui expliquant la situation.
- O…oui, Orochimaru-sama.
- Je peux les accompagner ? demande le deuxième.
- Non, j'ai une mission à te confier.

Je regarde le duo mixte s'éloigner, puis me tourne vers le jeune homme resté à mes côtés.

- Qu'attendez-vous de moi ?
- Cette… mission… n'en est pas vraiment une, entamé-je lentement. Je te confie la charge de raisonner Kaliachi sur son attitude envers Seiko.
- C'est-à-dire ?
- Kaliachi a été la prisonnière de Seiko quelques mois avant aujourd'hui. Sans mon intervention, elle ne serait plus de ce monde. Tu dois donc t'imaginer la rancune qu'elle éprouve à son égard. Le rôle que je lui attribuerai n'est cependant pas adéquat à son état d'esprit actuel en présence de Seiko… qui devra elle-même se soumettre à ses examens médicaux, puisque Kabuto est un homme. Enfin. Tu comprends.
- Oui.
- Parfait. Tu sais ce qu'il te reste à faire.

Je porte mon attention sur l'Uchiwa qui n'a pas remué le moindre cil, puis tourne les talons en direction de mon bureau le sourire aux lèvres. Maintenant que j'ai Seiko, les choses vont pouvoir avancer correctement.

Le cas de Seiko est particulièrement intriguant. D'après Kabuto, elle a été exécutée deux mois avant aujourd'hui, cependant… la voici. Inutile de se creuser d'avantage la tête, je n'obtiendrai les réponses qu'en lui posant les questions.
À midi, après avoir été mise au courant de ma convocation, Seiko frappe à mon bureau. Je ne suis pas très loin de la porte, alors je viens lui ouvrir et me décale pour la laisser entrer.

- Curieuse façon de frapper à une porte, remarqué-je.
- Je tiens ce tic de ma mère adoptive. Au moins, vous saurez que c'est moi.

Je ferme la porte derrière elle.

- Vous souhaitiez me faire part de quelque chose ?

Je ne lui répond pas tout de suite, cherchant mes mots pour aborder le sujet. Dans un même temps, je m'occupe de ranger les bricoles éparpillées sur la table. Je n'ai qu'à le faire simplement…

- Kabuto, commencé-je après un long silence. Kabuto m'a annoncé ton exécution deux mois avant aujourd'hui à Konoha.
- Mon exécution ? Il est vrai que j'aurai du être tuée comme tous les autres, mais…
- D'après lui, tu as été décapitée.

Je me retourne ensuite, m'appuyant contre la table.

- Donne-moi ta version des faits.

Je la laisse réfléchir un court instant.

- Je me suis absentée cinq mois pour Kiri à la recherche de mon identité, fait-elle enfin. Lorsque je suis revenue à Konoha… c'était un véritable désastre. Une exécution était en cours. Celle d'Anko-sensei… Comme une imbécile, je me suis précipitée sur l'échafaud, mais saisie par ma maladie, je me suis effondrée devant Tsunade et j'ai été arrêtée. Elle et Danzō m'ont proposée de rejoindre la Racine, j'ai refusé et mon exécution était prévue pour le soir même… Juste avant mon exécution, deux personnages m'ont embarquée pour m'emmener dans une autre dimension et ne me regardez pas ainsi, je ne suis pas folle !
- Oh, souris-je, quelque peu amusé. Je n'ai encore rien dit…
- Vous pensez trop fort.
- Continue, je te prie.
- Ces deux hommes m'ont enseignée leur art durant deux années qui équivalent à deux mois ici. C'est ainsi que j'ai appris à faire ce que vous avez vu dans la salle d'entraînement de Sasuke. Je ne sais pas tellement de quoi je suis capable… enfin, si, mais je ne connais pas le résultat en combat. C'était bien la première fois que j'utilisais ce pouvoir ainsi. J'ai été remplacée par un autre corps au moment où la lame s'abattait sur ma nuque, empêchant Konoha de me poursuivre jusqu'à ce que je manifeste ma présence ou qu'on se rende compte que le corps décapité n'est pas le mien.
- Ces personnes, qui sont-elles ?
- Elles se sont présentés en tant que démons jumeaux.
- Démons jumeaux…
- Connus sous les noms de Rechiku et Nechiku.

Démons jumeaux… Rechiku et Nechiku… Je me redresse en direction d'une bibliothèque, fouillant entre les étagères à la recherche d'un certain livre. Je finis par en tirer un poussiéreux de masse imposante et retire la matière parasite avant de l'ouvrir. Je feuillette les vieilles pages fragiles, cherchant où ai-je pu voir ces deux noms qui me paraissent familiers. Bien entendu, il s'agit de créatures mythologiques…

- Viens voir, ordonné-je après avoir trouver la page. C'est eux ?

Je regarde Seiko se pencher légèrement en avant pour lire éventuellement le paragraphe que je lui montre. Un court instant s'écoule avant qu'elle passe ses bras entre les miens, probablement pour me le prendre.

- Fais attention, avertis-je. Il est lourd.
- Quelle idée de tout regrouper en un seul et énorme bouquin, s'exaspère-t-elle après l'avoir déposer brutalement sur la table débarrassée.
- C'est mieux que rien.

Seiko referme le livre, caresse sa tranche de gestes verticaux et… sous mes yeux, l'ouvrage se divise en cinq.

- Ça, c'est encore mieux, c'était… ici.

Je regarde la jeune fille lire sans vraiment avoir compris ce qu'elle vient juste de faire. Du moins, le comment…

- C'est bien eux, dit-elle en fermant le petit livre.

Elle les reclasse ensuite.

- À quelques détails près. Des informations sont faussées par des tentatives de complément de vide, mais rien de bien méchant.

Elle me regarde, puis sourit.

- C'est le genre de choses qui complète ce que vous avez pu voir. Seulement, sans utilité lors d'un combat. Une fois guérie, je pense être capable de donner une apogée à ce pouvoir.

Je m'approche, cueille les livres victimes d'un enchantement et les range à leur place initiale…

- Merci, Seiko, pour ton éclaircissement. Trouve Kaliachi et demande lui de me transmettre tes rapports médicaux.
- Avant de vous laisser et puisqu'à présent, nous coopérons, j'apprécierai à mon tour vous transmettre une information au sujet de Konoha.

Intrigué, je détourne mon attention sur elle.

- Après avoir dialogué avec Danzō et Tsunade, continue-t-elle, j'ai compris que Konoha cherche à augmenter sa puissance militaire probablement dans le but d'une guerre, et il le fait efficacement : toute la population s'investie. C'est incroyable… La connaissant, vous avez sûrement remarqué que Tsunade a changé… et pas dans le bon sens. Du moins, à mes yeux. C'est pour cette raison que je suis partie. J'ai senti qu'elle avait radicalement viré sur une autre personnalité. Je ne la reconnaissais plus et cette vérité m'a effrayée au point de vouloir fuir la vie.
- C'est aussi ce que j'imagine…

Je la dévisage en silence. Il est vrai qu'elle allait pour se laisser… mourir… Et dire qu'elle allait le faire ! Et dire qu'elle m'a fait croire qu'elle était morte ! Pire : qu'elle a ruiné mes plans ! Et dire qu'elle m'a fait vider mes réserves de vins pour apparaître comme une fleur aujourd'hui ! Et ce, pendant deux mois ! Et dire que…

- File, maintenant, soufflé-je. J'ai des choses à faire et toi aussi.

Je la regarde faire son demi-tour et sortir calmement de la pièce.



Et dire qu'elle a seize ans…



Kaliachi ne tarde pas à faire interruption dans mon bureau pour me transmettre les informations réclamées.

- Rien à signaler de plus bizarre que ce que vous savez déjà : la composition de son sang, sa fluidité, ses marques sur les épaules et plein d'autres choses, me déclare-t-elle. Tenez.

Je prends la feuille quadrillée qu'elle me tend et la survole du regard.

- Par contre, j'ai remarqué qu'elle se sert pas beaucoup de son chakra.

Je lève les yeux sur elle un instant.

- Comment se porte-t-elle à l'heure actuelle ? demandé-je.
- Elle dort, me répond-elle simplement. Emon la surveille.
- Quand sera-t-elle disponible ?
- Dans quelques heures, je crois.
- Parfait, soufflé-je.
- Je peux faire autre chose pour vous ?
- Tout est bon, souris-je, ravi de sa proposition.
- Bon… Alors, je vais…
- Kaliachi, coupé-je.
- Euh, oui ?
- Seiko, comment tu la trouves ?
- Euh…
- Parle en toute liberté.
- Arrogante, hautaine, détestable, tranche-t-elle. Je trouve qu'elle est une sale gamine.

Eh bien… cela vient droit du cœur.

- Mais tout ça, c'est ce qu'elle montre… Je crois qu'au fond, c'est une fille sympathique et sensible. Ça peut vous paraître bête, mais maintenant que je la connais un peu plus, je la trouve très mystérieuse. Et si je peux dire ça, je ne crois pas son âge. Elle a plus. Beaucoup plus.
- Qu'est-ce qui te fait penser cela ? creusé-je davantage.
- En tant que femme, je parle. Elle a un truc que les autres de son soi-disant âge n'ont pas.
- Comme quoi ?
- Euh… sa… maturité…
- Sa maturité…

Kaliachi ne dit rien. Elle se contente de garder un silence trahissant sa gène. Je sais bien qu'elle me cache quelque chose, une chose embarrassante qu'elle ne peut dévoiler par respect. Je continue de la fixer longuement, puis choisis de ne pas insister davantage.

- Merci, Kaliachi.

Elle me salue en se penchant légèrement en avant puis quitte la pièce.
Il semblerai qu'Emon ait réussi sa tâche.

Je pars ensuite initier Sasuke à une nouvelle technique. Je traverse les corridors d'un pas lent, puisque je ne suis pas du tout pressé et c'est l'enthousiasme de voir mon élève qui me manque. Le simple fait de penser à lui vivant me fourre la mauvaise humeur dans le crâne. Si seulement j'avais su me monter plus patient, je n'en serai pas là avec lui…
Je le cueille parmi les personnes avec lesquels il a le plus d'affinité et en choisis une au hasard pour nous accompagner. Je les mène à la salle d'entraînement et laisse assister le second adolescent à l'exercice du jeune Uchiwa.

- Quand est-ce que j'affronterai quelqu'un de ma taille ? questionne-t-il au beau milieu d'une technique.

J'attends cependant qu'il finisse pour lui répondre :

- Bientôt. Ça sera Seiko dans quelques semaines.
- Seiko ?
- Oui.
- Elle est faible.
- Tellement faible que tu as faillit y passer ce matin, rétorqué-je.
- J'ai vu l'attaque venir.
- Oui, sûrement…
- Donc tu n'as pas quelqu'un de ma taille ?
- Je t'ai dit que tu allais affronter Seiko, m'agacé-je.
- Et je t'ai dit qu'elle ne valait rien.
- Continue sur cette voie, Sasuke-kun, et je t'assure que tu tomberas des nus.
- Tu ne peux pas, toi ?
- Je n'ai pas que cela faire.
- Dis que tu as peur de moi.
- Je ne serai me retenir face à toi.
- Je te rattrape tellement vite que ça te fait frémir.
- Oui, c'est ça, soupiré-je en faisant demi-tour. Continue à t'entrainer, en attendant pouvoir me surpasser.

Je passe devant son ami sans rien lui faire, bien que cette envie me démange les mains…

- Tous des avortons.

Je laisse un serpent descendre de mon bras tout en me dirigeant calmement vers la sortie. Le reptile rampe jusqu'au jeune ami de Sasuke et s'enroule autour.

- Que…

À ce moment-même, un hurlement. Le serpent vient de lui briser les os.

- Orochimaru ! hurle l'Uchiwa.
- N'oublie pas à qui tu t'adresses, Sasuke-kun.
- Mais t'es malade !
- Ta langue fourche encore une fois contre ton palais et je recommence.
- Et c'est pour ça que tu l'as amené ici !

Je ne lui réponds pas, cela n'est nullement nécessaire.

- Empaille-le, si tu veux.

Et je quitte les lieux sur ces mots, pleinement satisfait.

Je ne croise plus Sasuke de la journée. Tant mieux, pour tout dire ! Autrement, je ne vais pas tarder à avoir besoin des services de Seiko. Du moins, mon seul but reste de connaître ses capacités stratégiques. Avant toutes choses, je me dois de régler quelques affaires en compagnie de Kaliachi, Kabuto, Ichiro, et Yūki. Tandis que nous sommes en pleine discussion dans la pièce voisine au bureau de mon bras-droit et de son assistante, un hurlement retenti. Celui de Seiko. Kaliachi est la première à se lever brusquement, suivie de près d'Ichiro.

- Emon se charge d'elle, assuré-je d'un geste de la main.

Un vacarme. J'attends le silence pour continuer mon discours, mais je remarque bien que seul Yūki m'écoute et que Kabuto a l'attention divisée. Quant à Kalachi et Ichiro…
Un nouveau hurlement.
N'y tenant plus, je me lève à mon tour et sort de la salle, le groupe sur mes talons.

- Je peux savoir ce que nous vaut tout ce vacarme, grondé-je en ouvrant la porte.

Seiko l'a fait, mais de l'intérieur. En tirant la porte vers moi, je l'ai entraînée aussi, si bien qu'elle faillit chuter. Parvenant à retrouver son équilibre, son regard se pose sur Kabuto. Elle écarquille les yeux, percute Yūki, se retourne, le voit, se tourne alors vers Kaliachi puis Ichiro. Jette un rapide coup d'œil sur les membres de mon groupe, espérant comprendre la raison de cet effroi, mais je ne la vois pas reculer avant de se heurter à moi. Je croise alors mon regard avec le sien, et, soudainement, elle plonge dans mes bras en lâchant une légère plainte.
Mais qu'est-ce que… !
Je regarde rapidement Kabuto qui se contente d'observer la scène en arquant un sourcil. Gêné, je l'avoue, je tente de me libérer, mais la sentant résister et ne souhaitant pas la brutaliser, je fais appel à Ichiro. Il s'approche alors et la cueille par la taille en la tirant légèrement. Rien y fait, elle me serre davantage en étouffant une plainte.

- Seiko, tout va bien. C'est moi, Ichiro.
- Non…
- Lâche Orochimaru-sama.
- Non !
- Alors regarde-moi et dis-nous ce qui ne va pas.

Elle ne bouge pas.

- Seiko, insiste-t-il. Il faut que tu te retournes.
- Je n'ose pas.
- Pourquoi ?
- Je… Je ne peux pas…
- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?
- Les deux.
- Ce n'est pas en restant ainsi que tu vas arranger les choses, et ce n'est pas en te forçant physiquement que je vais les améliorer.

Oui, eh bien, en attendant, je n'apprécie pas forcément ce geste et je ne compte par rester ici éternellement !
Elle fini toutefois par me relâcher, enfin… elle se retourne lentement, sillonne du regard le groupe, murmure :

- Excusez-moi…

Et s'enfuit dans le couloir en direction de sa chambre. Une fois partie, je me tourne vers Emon qui est sorti de la pièce.

- Que s'est-il passé ? m'empressé-je de questionner.
- Je… je n'ai pas très bien compris. Elle était allongée sur la table lorsqu'elle s'est réveillée en hurlant. Elle est tombée, et lorsque je suis venu pour la récupérer, elle s'est vivement dégager en hurlant de nouveau.

Je regarde Kaliachi, attendant une éventuelle explication.

- Je l'ai endormie comme j'ai toujours fait, se défend-elle. À vrai dire, elle a dormi deux à trois fois plus longtemps que les autres.
- Elle a du faire cauchemar, pense à voix haute Kabuto en haussant les épaules.
- C'est toujours en rapport avec ce qui est le plus traumatisant dans la vie de la personne.

Pour Seiko, il doit s'agir de la mort de Konohana.

- Continuons ce que nous avons commencé, ordonné-je en faisant demi-tour. Emon, revient dans trois heures.
- À 23 heures ? s'étonne-t-il.
- Oui.
- Bon…
- Pendant ce temps, quartier libre.

Le groupe me suit alors dans la pièce et nous retournons à nos activités. Nous finissons quelques minutes plus tard.
Kaliachi et Kabuto s'isolent pour discuter tandis qu'Ichiro et Yūki retournent dans leur appartement. Mon bras-droit s'éclipse avec la femme et revient vers moi quelques instants plus tard.

- Réfléchis à une stratégie d'attaque sur Konoha et viens me voir avec Emon dans mon bureau à 23 heures.

Pendant ce temps, je m'occupe à mes loisirs, puis médite longuement sur une offensive à l'aide une carte.
Kabuto et Emon finissent par venir. Ah… Seiko. Il manque Seiko. Je les invite donc à s'installer autour de la table en quittant la pièce. Je me dirige d'un pas pressé en direction de sa chambre. Au fur et à mesure que je m'en rapproche, d'ailleurs, je sens comme une force invisible peser sur mes épaules. Une fois arrivé, j'ouvre la porte des appartements de la jeune fille.
Soudain, une lame d'un éclat étincelant jaillit de la pièce. Je m'esquive à temps d'un pas sur le côté et réceptionne l'arme par le manche.

- Eh bien, que t'arrive-t-il, encore ?
- Lâchez-la ! gueule-t-elle dans une panique incompréhensible.
- En quel honneur devrais-je t'obéir ?
- Son manche est empoisonné.

Je lâche immédiatement l'arme.

- Qu'est-ce que c'est ?
- Du venin de veuve noire…

Je la regarde, intrigué par le choix de cet animal.

- Le couteau entier en est imprégné. Le manche est constitué de plusieurs petites pointes qui transportent le venin dans la chair lorsqu'on l'empoigne et la lame en est imbibée.
- Du venin de veuve noire, répète-je, amusé.

Seiko, qui s'est levée de son lit, hausse les épaule.

- Quinze fois plus toxique que celui du serpent à sonnette et l'action neurotoxique provoquée est plus puissante que celle du venin du cobra. L'araignée en elle-même en injecte bien moins cependant, ce qui ne rend pas forcément la morsure fatale. En revanche, je compte deux cents pointes ; c'est suffisant pour tuer à coup sûr.
- Et que compte-tu faire à présent que ton venin court dans mes veines ?
- La solution la plus rapide est l'amputation de votre bras, semble-t-elle plaisanter en s'approchant. Mais une fois l'arme lâchée, le venin est sous mon contrôle.
- Tu l'as stoppé, j'espère.
- Bien sûr que oui… C'est une arme de lancer, il n'est pas aisé de combattre avec au corps-à-corps. Si l'adversaire l'utilise pour me la renvoyer, je peux décider de son sort. À la base, le poison est lent, alors j'utilise un catalyseur, en plus du venin que je le stoppe par ma propre volonté. De toute façon, la victime est condamnée si je ne fais rien.

Je la regarde, indigné.

- Je ne suis pas ta victime.
- Plus maintenant, effectivement. Une victime indésirable. Toutes mes excuses…
- Tu es tout de même sacrément culottée, grondé-je en croisant les bras. Tu fais la morte en disparaissant durant deux mois, tu reviens comme une fleur, négocies avec moi, te jettes dans mes bras, manques de me tuer, me donnes des ordres, me compares à une de tes victimes, et pour combler le tout, tu t'excuses.
- Ne vous sentez pas obligé de m'embarrasser… Enfin, que me voulez-vous ?
- Oui, j'en ai presqu'oublié la raison de ma visite, soufflé-je en tournant les talons.

J'entame alors la marche dans la direction opposée.

- Suis-moi.

Elle me suit. La présence hostile disparaît au bout de quelques instant. Étrange…

Tandis que je polémique avec Emon et Kabuto au sujet d'une stratégie, Seiko se contente d'observer silencieusement la carte installée sur la table de mon bureau. Elle ne dit rien, c'est le plus troublant. Quoiqu'une onomatopée parvient à s'échapper de sa gorge. Enfin… elle retrouve le silence.

- Seiko, si tu n'as rien à dire, je t'invite à quitter la pièce.

Elle lève son regard dont la pupille n'est pas distinguable, jambes croisées, index posé sur ses lèvres, main soutenant le coude.

- Je n'y comprends pas grand chose, déclare-t-elle avec un soupçon de déception. Au pire, bien plus simple : on passe par la porte principale, puis on se téléporte à la tour de guet numéro trente-six alors qu'il n'y en a que sept, puis nous nous coupons en quatre virgule quelque chose pour accéder aux six portes du village, nous nous téléportons ensuite chez Tsunade, la tasse de thé est servie et on s'en va en faisant exploser son bureau. N'est-ce pas plus compréhensible ?
- Nous ne sommes pas ici pour plaisanter.
- Moi non plus, annonce-t-elle en se levant. Plutôt que votre langage inexistant dans mes dictionnaires, j'imaginais prendre d'assaut les quartiers généraux des deux clans cohabitant avec Konoha.

Elle montre sur la carte la demeure du clan Inuzuka.

- Nous pourrions laisser quelqu'un prévenir Konoha de notre arrivée, ainsi, une brigade sera envoyée sur les lieux. Mon but consiste à réduire un maximum l'effectif militaire pour avoir moins de boulot une fois à l'intérieur du village, qui sera, tout compte fait, atténué par cette absence, et ainsi, nous pourrions nous débarrasser des deux clans majeurs de Konoha.
- Il y a une faille dans ton raisonnement, intervient Kabuto. Tu comptes probablement concentrer une faible quantité de shinobi dans les maisons tribales. Comment feront-ils face aux membres du clan et à la brigade envoyée ?
- Ils commencent déjà par se débarrasser des chiens du clan Inuzuka. Sans leurs compagnons, ces hommes ne sont que des ninja rabaissés au rang de Genin voire de simples villageois, puis ils les attirent dans une embuscade.
- Nous manquons d'hommes pour cela…

Je me rassieds.

- Je sais, souffle-t-elle. En recrutant, peut-être que nous arriverons au…

Elle tousse. Amèrement. Portant sa main à sa bouche.

- Recruter s'avère trop long, reprend Kabuto.
- Une alliance, alors ? propose-t-elle en grimaçant.
- Trop compliqué.

Étrangement, je distingue un léger sourire sur les lèvres de Seiko.

- L'Edo Tensei est peut-être la solution la plus plausible, ajoute Emon.
- Certes, mais il faudrait une énorme quantité de cadavres et le stade actuel de cette technique ne nous permet pas de contrôler tous les sujets.
- Les cadavres, on en trouve partout, simplifie-t-elle.
- En bon état ?
- Obligé ?
- Un corps en pleine putréfaction ou déjà sous l'état de squelette n'est pas utilisable.
- Oui, bien sûr… En admettant que nous trouvons l'effectif souhaité, pour les contrôler, au lieu d'approfondir les recherches qui demande un temps fou et peut-être sans succès, ne suffirait-il pas d'enseigner cette technique interdite à quelques personnes de confiance pour diriger chaque escouade ?
- Pourquoi pas… Et d'ici-là, Orochimaru-sama aura le corps de Sasuke-kun.
- Ce qui arrangerai bien des choses, appuie Emon.
- Ou pas, contredit-elle.

Eh bien… une fois qu'elle a la parole, elle ne la lâche plus.

- Je doute que Sasuke se laisse faire lorsque ce moment viendra. Je pense aussi qu'il n'est pas une référence pour cette bataille et qu'il ne faut pas le considérer en allié.
- Il n'est pas notre ennemi, objecte Kabuto.
- Si vous le souhaitez… mais je persiste à dire que cette condition ne fait pas de lui notre allié. J'ai été témoin de la relation qu'il entretient avec Orochimaru : je ne peux pas lui faire confiance. Il n'a pas l'air de se plaire ici et lui offrir son corps doit être, pour lui, une contrainte. À coup sûr. Imaginez s'il se rebelle ; s'il trouve le bon moment pour le faire. Il a l'intelligence pour.

Elle se stoppe dans son discours pour plonger son regard dans le mien.

- Orochimaru, pourquoi changez-vous de corps toutes les trois années ?
- Celui que je possède me rejette au delà de ce délai. Je m'affaiblis.
- Voilà le moment propice pour vous attaquer. Sasuke est fort, vous êtes fort, il se fortifiera tandis que vous vous affaiblirez.
- Mais tu es forte, souris-je, amusé.
- Cette force ne dépend que de vous, rétorque-t-elle en croisant les bras. Ne comptez pas sur le mollusque que je serai pour vous couvrir si vous ne faites rien.

C'est qu'elle m'amuse avec ses airs ! On dirait qu'elle ne me fait pas tellement confiance. Je ris, puis dépose mon regard dans le sien, le sourire toujours aux lèvres.

- N'est-elle pas mignonne, ma Seiko-chan, avec ce sang chaud sur le coin de ses lèvres malgré la sale enfance qu'elle a écopé qui aurait du la rendre difforme ?

Elle me fixe longuement, offensée, efface du revers de la main ce fameux sang qui s'étale sur son menton rond. Quant à moi, je joue tranquillement avec ma coupe de vin. Seiko fait basculer son corps en avant, joint ses mains en un point sur la table, et s'y appuie, adoptant aussi un déhanché lui permettant de trouver un certain confort. Elle sourit légèrement tout en me fixant le front bas, puis redresse légèrement sa tête avant de déclarer nettement :

- Je devine, de part l'éclat d'une pépite d'or fendue au sabre émergeant de l'écume d'une vague de narcisse sur un océan enneigé, une forme d'intelligence qui apprendrait au merle à ne pas laisser sa langue déraper dans son bec, au risque de s'en séparer.

Long silence. Son sourire disparaît.

- C'est la dernière fois que je vous entends parler de mon enfance de cette façon, grince-t-elle.

Un duel à distance s'éternise, l'opposant à moi. Ses yeux intensément noir m'observent dans les plus grandes profondeurs de ma pupille. Elle finit par se redresser et quitter la pièce d'un pas lent. Je dois l'avouer : son regard est tout bonnement…

- Je reviens dans dix minutes, annonce-t-elle.

Tout bonnement saisissant. Elle referme calmement la porte derrière elle. Kabuto me fixe d'un air surpris.

- Orochimaru-sama, vous…
- Orochimaru-sama, je quoi ? m'agacé-je.
- Vous la laissez partir, comme cela, sans rien lui faire et sans rien lui dire…
- Quel intérêt ?
- Vous venez de vous faire insulter, me rappelle-t-il.
- Peut-être souhaites-tu que je la tue.
- Non, c'est que…
- Ou alors, que je l'insulte à mon tour.
- Juste la remettre en place.
- Ou la menacer ?
- Oui.
- Inutile, avec elle.
- Mais…
- Orochimaru a raison, intervient Emon. Seiko ne se plait pas à manquer de respect, à moins que… qu'on lui manque de respect.
- Orochimaru-sama est supérieur à Seiko.
- Orochimaru, puis-je parler en toute liberté ?
- Allez-y tous les deux, soufflé-je.
- Je vais aussi parler pour vous, prévient-il.
- Fais donc.
- Vous l'avez peut-être remarqué, mais Seiko vit plus dans le lien affectif plutôt que dans le lien professionnel, donc "supérieur", pour elle, ne signifie pas "je dis ce que je veux de toi et je fais ce que je veux toi". C'est ce qui fait d'elle quelqu'un de sensible au respect. Elle noterait la moindre faille éducative et ne supporterait pas les plus imposantes… Je ne dis pas que j'aurais réagit de même, mais je la comprends.
- Comment peux-tu affirmer tout cela ? s'énerve Kabuto. Tu ne la croisée qu'une ou deux fois.
- Je suis capable de cerner une personne avec un simple regard, se défend Emon. Toutes les informations sur sa personnalité me sont transmises de manière implicite. C'est à moi de les interpréter, et c'est ce que j'ai déduis de Seiko.

Je fixe le jeune homme avec insistance. C'est plutôt rare qu'il s'intéresse directement aux premiers venus. Enfin… si je trouve qu'avoir deux bras-droits n'est pas si mal et si Kabuto devrait me trahir, je saurai qui placer en deuxième. Emon et Seiko sont décidément deux gamins intrigants.

- Orochimaru, reprend-il. Si vous tenez à la loyauté de Seiko, je pense sincèrement qu'il vous faut entrer dans son cadre et non la faire entrer dans le votre.
- Il vaut mieux pour toi que tu plaisantes.
- Seiko a un concept différent de la hiérarchie et elle ne le changera pas aussitôt.
- Elle s'adaptera.
- Écoutez… si vous procédez ainsi, elle s'investira plus dans son rôle. Vous êtes au courant que lui poser la marque maudite est impossible, ce n'est donc pas ce genre de lien qui la rattachera à vous, mais un lien…
- Affectif, tranché-je. Et l'enjeu qui la lie à moi est suffisant.
- Et l'enjeu qui vous lie à elle ?

Je tourne mon regard sur le jeune homme.

- Fais attention à ce que tu dis, Emon.

Il baisse alors le regard sur la table.

- Vous devriez commencer par vous excuser, marmonne-t-il. Cela arrangerai bien des choses.

À ce moment même, Seiko frappe à la porte. Je lui donne mon autorisation pour entrer. Elle effectue quelques pas avec un visage marqué par un air bien moins grave que lorsqu'elle est sortie. Je bois le fond de ma coupe de vin.

- Seiko-san, Orochimaru-sama veut vous dire quelque chose.
- Pas le moins du monde, rétorqué-je sans attendre une réaction de sa part.

Toutefois, un silence.

- On m'a dit que vous souhaitez une vengeance en détruisant Konoha, déclare plutôt Seiko.
- Une vengeance ? souris-je. Bien sûr que non.
- C'est bien ce qui me semblait, imite-t-elle. Ce n'est pas une raison qui vous ressemble.
- Pourquoi devrais-je en vouloir à Konoha, à ton avis ?
- Peut-être parce que vous n'avez pas pu être Hokage.
- Allons, ne me fais pas rire avec ces bêtises…
- Alors pourquoi ?
- Un coup de tête. J'ai besoin de voir les choses en mouvement. Toi-même n'oseras t'imaginer combien je m'ennuis lorsque rien ne bouge.
- Je vois…

Eh bien, on dirait que Seiko s'est calmée. Je surprends Kabuto bailler discrètement du coin de l'œil.

- Kabuto est fatigué, noté-je en me levant. Nous reprendrons un autre jour.
- Orochimaru-sama, je suis encore en état de raisonner…
- Je n'en ai plus le moral, de toute façon…

Je quitte la pièce d'un pas lent, suivit d'Emon, de Seiko, et enfin, de Kabuto. Je verrouille la porte derrière eux et m'éloigne en direction de mes appartements, encore songeur.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Lun 30 Mar - 17:12

I was born for your happiness
Souvenirs



Chapitre 34 : Effervescence


Les semaines passent bien plus rapidement que ce que j'ai osé imaginer lors de mon arrivée en ces lieux. J'ai trouvé le temps de sympathiser avec Emon et Ichiro, et d'affûter une complicité particulière avec Kaliachi. Kabuto, lui, semble préférer la solitude quelqu'elle soit. Quant à Orochimaru, je ne le croise qu'occasionnellement. Il faut dire que je lui en veux encore pour les paroles de la dernière fois…
Quelques visites hostiles de Traqueurs que je compte sur les doigts d'une main ont aussi eu lieu. Je ne m'imaginais pas non plus une fréquence aussi étroite… Ces êtres sont indistincts des humains, aussi bien physiquement que moralement, seulement, il se trouve qu'ils soient envoyés du ciel pour anéantir toute forme démoniaque. Hébergeant Rechiku et Nechiku et ayant reçu leur formation, je compte parmi leur cible. Je n'ai pas d'autre choix non plus que de les affronter et de m'en débarrasser par le moyen le plus radical qu'il existe. Pour le moment, ils n'attaquent que de nuit. Heureusement, d'ailleurs. Je n'aimerais pas qu'ils apparaissent en pleine journée tandis que les membres du repaire m'entourent. Orochimaru n'est pas au courant ; je pense que c'est mieux ainsi. Sauf en cas d'imprévu, s'il témoigne d'une quelconque vision d'un combat m'opposant aux Traqueurs. Lui, ou un autre qui aura le reflex de raconter. Dans ce cas, je serais peut-être obligée de tuer si je ne parviens pas à acheter le silence.

Enfin… voilà le quatrième changement de repaire. Cette stratégie hebdomadaire nous permet d'échapper aux éventuelles pistes que les nations ennemies suivent. Nous n'avons pas d'allier ; pour ainsi dire, nous sommes un village… ou plutôt, une organisation indépendante, cachée et systématiquement en déplacement. Nous ne restons jamais au même endroit, et chaque précédent repaire se truffe de pièges juste avant notre départ. J'y consens volontiers et participe même à leur conception. C'est mon rôle, de toute façon, et il me plaît bien. Les sujets d'Orochimaru se chargent de les installer. Une trappe ne s'ouvrant que de l'extérieur peut cacher une chausse logeant des pieux empoisonnés et s'inondant ensuite par un canal d'eau d'un bon kilomètre issu d'une source telle un fleuve ou un lac. Ainsi, si la cible n'est pas empalée, elle est empoisonnée par une égratignure. Si elle parvient à s'en sortir sans blessure, elle sera noyée, si la nature lui a donné de très bons poumons, elle ne pourra, quoiqu'il en soit, pas garder son souffle sur cent mètres de nage, et enfin si cette personne est spéciale, une surprise l'attend au bout du canal. C'est un mécanisme infernal, je l'accorde, mais n'est-on jamais trop prudent ?

Autrement, nous entamons la dernière semaine du mois de juin et la saison se fait légèrement ressentir par un début de canicule dans les landes du Pays de l'Herbe, au sud-ouest du Pays de la Terre dirigé par le Tsukikage. Nous nous installons aux endroits précis correspondant aux intentions d'Orochimaru.

- Seiko-sama, il vous faut y aller…

Seiko-sama… sama… voilà un qualificatif que jamais je n'aurai imaginé écopé ! J'ai eu de tout : chan, san, hime, pas encore sensei, mais maintenant, j'ai le droit au fameux sama… En vérité, j'ai cessé de placer des suffixes de hiérarchie politique aux noms depuis que je me suis vue quitter Konoha. S'il me prend l'envie d'utiliser comme "sama", c'est bien par moquerie ou hypocrisie. Je soupire longuement puis me résigne à suivre le jeune adulte jusqu'à Sasuke. Orochimaru m'a ordonnée de l'affronter et d'essayer de le mettre à terre. Il doit s'imaginer que j'en suis capable avec la formation de Rechiku et Nechiku. Il n'a peut-être pas tort, après tout !
Les portes de la salle s'ouvrent, nous invitant à plonger dans son horrible pénombre. L'odeur du renfermé, je la connais, maintenant. Celle du bois mort, celui qui n'a pas vu la lumière depuis des lustres. Celle de la cire stagnante de la bougie qui se consume sans jamais s'éteindre. Et pourtant, dans cette obscurité endormie, je distingue une ombre vivante. Je m'avance alors. Son regard ardent se pose sur moi, je ne bronche pas.

- Ceci est donc notre deuxième affrontement, noté-je avec amusement.

Sasuke ne répond pas sur le moment. Il dégaine lentement son sabre qu'il porte à sa ceinture et la pointe en ma direction.

- Tu échoues et je fais de toi une incapable, menace-t-il.

Il dépose le dos de sa lame sur son épaule. Amusée par sa certitude d'être le plus fort, je souris presque d'excitation.

- Approche… c'est toi qui commences…

Sasuke charge avec une main d'éclairs aux pétillements aigus, droit sur moi avec une vitesse éblouissante dans les jambes. Au moment où il s'apprête à entrer en collision avec moi, je disparais sous ses yeux dans un flash intense et me matérialise juste derrière lui afin de lui taper sur l'épaule. Il se retourne, mais pas à temps. Je ne suis plus là. Il balance son bras chargé en foudre sur la droite. Belle intuition… Je pare sa frappe au niveau de son coude dans le sens contraire de son articulation, puis le repousse. Sasuke se sert de l'élan que je lui offre pour tourner sur lui même et frapper sa lame que j'esquive de justesse en me baissant.

- Tu bouges trop.

Il rengaine son sabre sur ces mots. L'attaque risque d'être dévastatrice… Il enchaîne une série de signes complexes tandis que je me prépare à une solution de protection. C'est lorsque sa technique débute que j'invoque mon fidèle compagnon reptilien, m'enveloppant sous ses écailles tel un cocon d'acier. Le hurlement strident d'une pluie d'éclairs, puis plus rien.

« Seiko-hime, fais la voix de Nechiku. Je vous recommande vivement de laisser Orochimaru avoir une grande estime de Sasuke. Si vous le vainquez maintenant, la situation se complexera pour vous. »

Je patiente quelques secondes, prenant en considération les paroles de l'Argenté avant d'entendre Sasuke prendre ses distances. Kuro lève lentement une partie de son corps pour me laisser le champ de vision et ainsi repérer la silhouette de l'Uchiwa. Je soupire de désolation. Il a entièrement raison…

J'observe la forme humaine située à une cinquantaine de mètres de moi sortir de nouveau son sabre. Kuro, me servant aussi de paupières, coulisse dans l'air encore chaud. Je ferme les yeux, médite un court instant, et lorsque je les ouvre de nouveau, ce ne sont plus mes jambes, mais le corps d'un serpent. Je me déroule. Lentement. Fusillant toujours mon adversaire d'un regard avide. Je fais apparaître une épée dans ma main droite. Et bondit sans crier garde à l'extérieur de ma cage écailleuse en direction de Sasuke, faisant ramper mon corps sur le sol lisse. Je charge, la lame en arrière, prête à transpercer la chair, puis m'élève afin d'accumuler de la puissance et me rabat brutalement sur Sasuke, mon arme croisant le fer avec la sienne. Ce-dernier parvient à contrer ma force reptilienne en plus de mon attaque. Sa chaleur corporelle croit à une vitesse incroyable.

- Tu trembles, me moqué-je. Aurais-tu peur, Sasuke-kun ?

« Seiko, calme-toi. »

Une grimace se grave sur le visage du jeune Uchiwa avant de charger sa main gauche d'électricité et de la répandre dans son arme. Je m'écarte alors, sentant le danger, puis revient à la charge une fois sa technique achevée, enroulant mon corps autour du sien de façon à l'immobiliser, prenant à part ses bras et ses jambes, l'empêchant d'effectuer une quelconque technique.

- Sasuke-kun, susurré-je posément à son oreille. Ce que je veux, c'est de l'audace. Quelque chose d'audacieux. De poignant. Quelque chose qui a du mordant. Quelque chose… qui a de la gueule.

Mon corps glisse lentement contre le sien, l'étreignant d'avantage.

« Seiko-hime. »

Soudain, l'Uchiwa disparaît. Un clone… Je me retourne alors, activant mes sens. Je l'aperçois enfin lorsqu'il sort de l'ombre. Étant une cible particulièrement imposante, je choisis d'annuler la fusion avec Kuro afin de réduire ma taille.

« Seiko-hime, n'oublie pas ce que Nechiku t'as dit.
- Excusez-moi, je me suis emportée… »

Je pose un genou à terre, simulant un affaiblissement en haletant. Mauvaise idée : Sasuke charge sur moi, katana en main, à une vitesse foudroyante qui ne me permet pas d'esquiver lorsqu'il arrive à mon niveau. Par réflexe, je place mes bras devant mon visage et ferme les yeux en détournant ma tête. Un appel d'air… mais le coup tarde à venir. J'ouvre alors prudemment mes yeux, décroise mes bras, lève ma tête, et vois. Un homme est intervenu, arrêtant le geste de Sasuke. Je prends alors appui sur une main et dépose la seconde sur mes hanches en observant la situation. Orochimaru se tient là, entre l'Uchiwa et moi-même.

- Je ne t'ai pas demandé de la tuer.

Oh ! le preux chevalier en armure écarlate m'aurait donc sauvée ? Qu'on me laisse rire…

- Pourquoi pas ? rétorque l'Uchiwa avec un demi-sourire. Tu en as besoin tant que ça ?
- Tout à fait, jeune homme.
- Et pour quoi faire ?

Comment ça, pour quoi faire ? Qu'est-ce qu'il insinue, ce gosse ?

- Kabuto prend ses distances et tu espères que Seiko continue sur ses pas lorsqu'il te trahira ? continue-t-il.

Kabuto était donc plus attaché que cela à Orochimaru qu'aujourd'hui… Il est vrai que c'est un détail qui me paraissait étrange… jusqu'à maintenant. Je comprends…

- Ou peut-être que tu souhaites évaluer ses compétences en la faisant m'affronter pour ainsi voir qui de nous deux a le plus de valeur et choisir le bon réceptacle.

Eh… pas si stupide, le perroquet hérissé ! C'est presque ce à quoi pense Nechiku…

- Je t'ai déjà dit de surveiller ton langage lorsque tu t'adresses à moi.

Sinon… sinon quoi ? Il ne peut pas le tuer. Toutes les personnes qui lui ont manqué de respect ont-elles été… tuées ? Kabuto n'y a donc pas faillit ? Bien sûr que si, au moins une fois, depuis les années qu'il le sert. Cependant, il en a besoin, donc se débarrasser radicalement de lui s'avèrerai vraiment stupide. Mais comment cet homme fait-il preuve d'autant de respect envers Golden-Eyes ? Aurait-il… bah… oui, bien sûr, si je m'en réfère à l'anecdote narrée par Kaliachi, c'est évident. Diaboliquement évident… Sasuke aurait donc réussi à tisser des liens, voilà la raison pour laquelle il se tait. Quant à moi qui suis peut-être dans le même cas que Kabuto et lui, je ferai mieux de tenir ma langue.
Je me relève avant qu'Orochimaru relâche l'Uchiwa.

- Orochimaru, prononcé-je avec méfiance. Avez-vous assisté à ce combat ?
- Non. Mais la réponse est là : tu as échoué.

Je choisis de ne pas répondre bien que mes lèvres en brûlent d'envie.

- Avec votre permission, grincé-je en m'éloignant.

Je quitte la salle sans me presser et referme les portes derrière moi en prenant soin de ne pas les claquer.
Moi, je n'épargne pas : je tue. S'il me demande de le faire, je le fais. Point. Tuer. Voilà. On m'a transformée en une machine à exécution, une véritable bourrelle sur commande en quelques semaines seulement. Je n'arrête pas mon épée pour trancher la nuque, moi. Ni le levier de la potence pour faire baisser la trappe, ni le fouet contre l'échine des quatre chevaux, ni la corde qui libère le couteau triangulaire. Moi, j'inaugure des mécanismes diaboliques, et je tue une cible avec ce qu'on me jette entre les serres. Et maintenant, on vient me reprocher de ne pas avoir su mettre à terre un adolescent aux yeux rouges. Eh quoi ! Ce n'est pas mon boulot ! Payer un mercenaire pour garder des enfants est tout comme… À la rigueur, je l'aurais tué, il aurait été à terre, oui, ça, c'est sûr ! Ou alors, je lui brise les jambes et c'est réglé. Cela, j'étais prête à le faire, oui, prête même à le massacrer et a y trouver une quelque jouissance ! Après quoi, Orochimaru m'aurait passé un sacré savon… Jamais satisfait, celui-là, aussi ! Toujours à grogner dans son coin lorsque l'on tente de l'approcher ne serait-ce que pour lui proposer une assistance ou lui dire bonjour ! À côté de cela, il tire la langue lorsqu'il est content à ses rares occasions ! Et face à quoi ? Face à une réaction chimique ! C'est se payer sévèrement de ma tête !

Furieuse, je franchis la porte de ma chambre et la referme violemment. Je me déchausse, m'assieds sur mon lit, me recroqueville en boudant, fixant l'entrée de la pièce plongée dans la pénombre. Voilà ce que je lui aurais jeté à la figure si cela ne tenait qu'à moi…
Je me redresse, nerveuse, et décide de me défouler sur un clavier de piano, puisque me changer les idées s'avère être relativement difficile en ce moment. Je joue, après avoir matérialisé l'instrument, un air puissant, révoltant, un air que je connais bien, composé durant les deux années passées au temple d'Iriwaku, le repaire spatiaux-temporel de Nechiku et Rechiku. Je joue des heures entières sans avoir à me lasser. La fatigue, cependant, m'empêche de continuer. Je me résigne alors à quitter le froid contact du clavier, n'ayant aucune idée de l'heure, et à me coucher directement. Un peu moins grognonne que toute-à-l'heure, toutefois ! Je m'endors après m'être douchée et avoir posé la tête sur l'oreiller.

C'est une douleur effroyable qui vient me réveiller en pleine nuit. Lorsque j'ouvre les yeux, une femme se tient face à moi, une lance empoignée dans ses mains fines, lame plantée dans ma chair. Ses yeux luisent.
J'ai à faire à une Traqueuse, on dirait…

« C'est parti pour un nouveau tour, Seiko-hime. »

Eh bien… je leur dois beaucoup… je leur dois la vie ! Si Rechiku et Nechiku n'avaient pas interagit sur mon corps, je n'aurais plus été de ce monde depuis un paquet de temps !
J'empoigne l'arme de la Traqueuse et la retire de mon flan droit en me gardant bien de stopper l'hémorragie par ma volonté.

- Saloperie, crache-t-elle.

Je me redresse lentement.

- Je te laisse cinq secondes pour te décider à passer sur une autre cible, soufflé-je.
- N'y pense même pas, démon…
- Cinq, souris-je.

Elle ne bronche pas.

- Quatre…

Toujours pas…

- Trois…

Décidément !

- Deux…

Elle ne semble pas être effrayée, et pourtant…

- Un-et-demi, un-et-quart, un…

En un instant, je l'éjecte de ma chambre et la reverse sur le dos, appuyant une arme invoquée contre sa gorge.

- Zéro.

Et je lui ouvre la trachée d'un geste franc dans une éruption de sang. Ce pauvre sang retenu prisonnier dans cette cavité impure bénie par je ne sais quelle absurdité divine. Je n'en aurai jamais assez ! Ça, non !

- Aerry ! hurle une voix masculine dans le fond du couloir.

Je me retourne alors, apercevant un homme accourir, puis libère le cadavre de la jeune Traqueuse de mon étreinte en me relevant. Un Traqueur…

- Aerry…

Il tombe à genou, désemparé par sa trouvaille. Cette femme se nommait donc Aerry… Un deuxième homme arrive derrière lui.

- Que se passe-t-il !
- Aerry… est morte.

Le second pose son regard sur le corps féminin à terre, puis sur moi, puis sur le corps… puis sur moi.

- Oui, eh bien, je lui ai donné une chance, rouspété-je en haussant les épaules. Elle ne l'a pas acceptée.
- Toi…
- Et ça lui apprendra à venir seule ! Enfin…

Je pousse le cadavre du pied en l'observant.

- C'est dommage, elle était jolie…
- Espèce de sale putain !
- Putain, si tu veux, mais je ne suis pas sale, ricané-je.
- Ta gueule !

Et celui à genou se redresse vivement et charge sur moi.

- Etan ! hurle le second. Non !

Mais Etan ne l'écoute pas.

- C'était ma femme, salope !
- Toutes mes excuses, fis-je en bloquant son coup.

Je le désarme de la hache qu'il brandissait devant moi et retourne l'arme contre lui. Du moins, le manche, l'assommant ainsi. Tandis que je m'apprête à effectuer le geste mortel sur l'homme à terre…

- Arrête !

Je m'arrête alors pour écouter le second, puisqu'il semble vouloir me dire quelque chose.

- Laisse-le partir…
- Et pourquoi cela ?
- J'ai… je peux appeler du renfort. Beaucoup de renfort ! Et ça en sera finit de toi !
- Et si je le laisse partir, estimé-je.
- On te laisse la vie sauve.
- Oui, la vie sauve…

Une lueur d'espoir apparaît dans le regard du plus jeune des Traqueurs, presque souriant. Non, il sourit, mais nerveusement, en fait.

- Eh bien…

Je jette l'arme au sol… sur la nuque d'Etan.

- Venez me chercher.

Il fixe le corps de son camarade, un air choqué le trahissant. Le sang coule sous mes pieds nus.
Soudain, un nombre impressionnant de Traqueurs apparaissent derrière lui. Je les compte par trentaine. Tous armés jusqu'aux dents. Parés à l'attaque. À vue d'œil, ils semblent plus expérimentés que les trois précédents.

- Tuez-la.

Se battre ici n'est vraiment pas, encore une fois, une bonne idée. Je tourne alors les talons et m'enfonce dans l'obscurité du repaire, les Traqueurs protégés d'armures resplendissantes à mes trousses, tandis que moi… vêtue d'un simple t-shirt et pantalon en lin, en direction de la sortie.

Une fois à l'extérieur, je m'éloigne suffisamment pour ne pas provoquer de dommage dans les alentours trop proches de la cachette.
Et dire que je dois faire face à une armée d'être divins ! Eux, anges, moi, démon. Enfin… nous. Mais c'est tout de même de mon corps, dont il s'agit !

Je m'arrête et me retourne rapidement, scrutant les environs sombres. Le soleil ne s'est pas encore levé. Dans quelques heures, peut-être. Il faut que je fasse vite…
Une masse d'yeux lumineux fuse vers moi. Je suis encerclée.

- Tu es encerclée !

Merci de l'information…

- C'en est fini de toi ! Tu vas payer de tes crimes !

Gnagnaga… c'est discourt digne d'un gosse, ça ! Je lui signalerai bien qu'ils n'avaient pas qu'à venir pour moi !

- Archers, tirez !

Je n'attends pas que leurs flèches décochent de leur corde pour me réfugier dans les hauteurs des arbres.

- Où est-elle passée !

Aah… confusion, hein ? Je profite de cet instant pour me débarrasser de deux Traqueurs qui fouillaient du regard juste au-dessous de moi. Mais c'est que je vois difficilement dans le noir sous cette forme ! Je n'ai pas le choix…
La troupe charge de nouveau sur moi. Un par un… Trouver le moment pour changer d'apparence va s'avérer difficile, à présent. Et surtout : ils sont bien trop nombreux pour que je me permettre de m'épuiser inutilement.

Le premier arrive armé d'un katana. Je me baisse sous son coup, faillit même me couper quelques cheveux, passe derrière son bras, le tire vers l'extérieur, et, dans un même temps, déstabilise le jeune Traqueur pour lui emprunter son arme et bloquer le coup du second adversaire qui arrive déjà par la droite. Magnifique arme, en passant. Je me libère en me baissant de nouveau et effectue un tour complet afin d'accumuler la puissance et frapper la lame du sabre contre ses jambes. Ce-dernier, malgré son armure, est déstabilisé. J'en profite alors pour lui trancher la tête dont le cou n'est pas couvert et me débarrasser du premier en lui plantant l'arme dans l'abdomen, mais, un troisième chargeant lui aussi à son tour, je me sers de son corps comme bouclier.
Maintenant !

- Attention !
- Elle se transforme !
- Dégage de là !

Mais il est déjà trop tard pour le troisième. Je vire le cadavre doublement percer et je me jette à son cou pour le lui briser sous la pression de mes mains à présent devenues des serres. Je me redresse vivement à l'affût d'une nouvelle cible. Je vois… je vois bien mieux, maintenant ! Aucun des Traqueurs ne bouge. Je soulève alors le cadavre de celui que je tiens par la gorge et le balance en leur direction d'un geste ample, jurant le manque d'action. Les guerriers célestes se décalent sur le passage de leur camarade mort qui vient percuter violemment un arbre au loin. Je ne patiente pas les prochaines secondes pour bondir dans les airs, fondant sur un des Traqueurs, puis continue la valse en me débarrassant ainsi d'une bonne vingtaine. Je bondis de nouveau sur une femme, mais lorsque je m'apprête à écraser ma masse sur elle, un homme intervient, paré d'un bouclier. Je me cogne durement contre sa protection de métal et ne trouve pas le temps d'esquiver le coup de massue qui m'envoie rouler plus loin.

- M… merci…

L'impact… quelle douleur ! Je fixe le sauveur de la femme de mon regard inhumain en grimaçant. Mais… après réflexion, je trouve le moyen de sourire.

- Toi, soufflé-je, tu seras mon homme…

Peu à peu, une fumée noire vient envelopper mon corps monstrueux jusqu'à obstruer toutes sources de lumière.

- Reculez, fait une voix grave.

Eh… c'est ça… reculez…
La fumée noire se dissipe momentanément. Je ne détache pas mon regard de l'homme à la chevelure d'or, et, sans crier garde, je fonce droit sur lui. Cette puissance… elle accroît ma force et ma résistance physique, mon agilité, ma célérité et ma rapidité. Il n'y échappera pas ! Ça… non !
Seulement, alors mes serres s'apprêtent à plonger dans la chair de sa gorge dénudée, un flash…
Iruka se tient face à moi, l'air grave… C'est la première fois que je vois ainsi.

- C'est le moment, souffle-t-il.

Je le dévisage, ne comprenant pas tout de suite. Puis, un son… deux, non… trois sons. Trois sons, trois sensations. Fortes. Horribles. Douloureuses. Je baisse la tête sur le sol. Trois pointes de flèches dépassent de mon abdomen. Et évidement… j'ai arrêté mon geste… Je titube, manque de chuter, mais parviens à retrouver l'équilibre en me positionnant différemment. Je crache du sang.

Merde…
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Lun 30 Mar - 18:53

I was born for your happiness
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Chapitre 9 : Tel un souffle


Comme tous les mercredis, je me réveille tôt pour trouver le temps d'organiser mes journées. Je quitte la chaleur des draps et pose mes pieds nus contre le parquait tiède, puis me lève sous le grincement du lit. Je sors ensuite de la pièce sombre pour me diriger dans les douches du repaire, puisque celui-ci n'en contient pas d'individuelles. Je me pose devant le robinet, ouvre l'eau froide et m'en asperge le visage. J'en profite ainsi pour poser mon masque. Je considère ensuite mon reflet dans le miroir en m'appuyant sur les rebords du lavabo, et réfléchis.
Soudain, un mouvement se le laisse percevoir sur la droite. Quelqu'un ? À cette heure-ci ? Je ne l'ai même pas senti… Intrigué, mon regard fixe cette zone du miroir. La porte coulissante s'ouvre lentement vers la gauche, puis s'abat brutalement contre le mur. Je ne reconnais pas cette forme d'énergie… C'est un intrus. Je continue d'observer la porte, quand une forme sombre pénètre dans la pièce, étouffant des suffocations, quelques gémissements. La qualité du miroir ne me permet pas de distinguer clairement de qui il s'agit… de quoi. Je me retourne alors.
Un plumage sombre, en pagaille. La forme est humaine, mais ce qui se tient devant moi est loin de ce stade. Un bras tendu sur la porte, couvert d'écailles de rapace. Les mains sont des pattes, les doigts sont des serres. L'étrange créature au corps… féminin, il me semble, appuyé contre le mur et recouvert de plumes, parait avoir la tête baissée. Un liquide sombre tombe sur le sol, son odeur se rapproche de celle du sang à quelques détails près. Je distingue dans l'obscurité une chevelure sombre et bouclée. Ce n'est pas impossible qu'il s'agisse de Seiko, et même si c'est le cas, je ne peux pas me permettre de baisser ma garde, bien qu'elle semble considérablement affaiblie. Elle effectue un pas maladroit avant d'étouffer un juron. Elle ne semble pas m'avoir remarqué. La créature avance, laissant derrière elle quelques plumes abîmées sur une trainée de sang recouvrant le sol, le mur et la porte. Ses grandes ailes repliées entrent avec difficulté dans la pièce. Non… l'une est cassée. Elle avance, mais finit par tomber à genou à trois mètres de moi, essoufflée. Je m'approche alors prudemment, et une fois assez proche, je m'agenouille près d'elle.

- Seiko.

Pour toute réponse de sa part, elle tousse en crachant du sang sur le carrelage. Je ne suis même pas sûr que c'est elle, cependant, elle lui ressemble : sa silhouette est la même, mais les cheveux de la créature humanoïde sont plus courts.
Elle porte une de ses mains tremblantes à son ventre. Je constate alors que quelque chose y est planté. Une lame… non, plusieurs… évitant de justesse les points vitaux. Si elle tente de la retirer et qu'elle se loupe… Elle l'empoigne.

- Non ne…
- Dégage !

À ce moment-même, une formidable onde de choc me projette contre le mur. L'impact est tellement violent qu'il m'a complètement sonné !
Cette voix… c'est comme si plusieurs personnes parlaient dans un même corps… et parmi elles, je reconnais Seiko.
Qu'est-elle… devenue ?
Son regard démoniaque me fixant émet une lueur quelque peu bronzée, parfois dorée, parfois argentée, à travers ses boucles sombres. Elle semble gronder, puis redresse son buste, et sa silhouette de profil retire un pieu de son abdomen. Elle libère quelques plaintes douloureuses et respire avec difficulté. La créature continue son activité dans des gestes parfaitement bien calculés, jusqu'à ce qu'elle doit s'en prendre à une lance plongée un peu en dessous de ses omoplates. Elle n'y arrivera pas…
Je me lève alors. Seiko remarque mon mouvement et recule en gémissant. Je m'avance prudemment.

- Ne t'approche pas, souffle-t-elle de sa multiple voix.
- Tu ne feras qu'aggraver ton cas si tu te charges de celui-ci.
- Non…
- Tu ne me laisses pas le choix.

Je réunis mes deux mains et utilise une technique d'immobilisation, puis me dirige vers elle d'une démarche plus certaine, passe dans son dos et plonge ma main dans son plumage épais, sentant le contact chaud du sang. Je ne devrais pas procéder ainsi. Je devrais plutôt trouver un moyen de casser la lance. Cependant, le matériaux utilisé m'est inconnu, et même, il me paraît indestructible. J'attends que ses plumes aient complètement avalé mon avant-bras pour toucher son dos recouvert d'un tissu, probablement celui de son haut de nuit. Ma seconde main rejoint alors la première et empoigne la lance. Je tire, lentement. Les griffes de Seiko s'enfonce dans le sol dans un crissement strident sous la douleur. Je reviens ensuite à la racine et répète le mouvement au moins trois fois jusqu'à ce que la pointe de l'arme émerge de sa chair. Il aurait mieux fallut l'assommer, cela va être très éprouvant, plus que jusqu'à maintenant… Mais si elle tombe mal ou même s'allonge, ce ne sera que pire. J'inspire alors fortement, empoigne fermement le début de la pointe, puis tire d'un seul coup. Seiko ne trouve pas le courage d'hurler : elle s'évanouit. Son aile plus ou moins indemne s'affale sur le sol. Je m'empresse alors de déposer l'arme pour réceptionner la créature humaine dans sa chute afin de l'allonger sur le dos. Gênant son aile, je me décale, puis dégage les mèches de cheveux de son visage. Il s'agit bien de Seiko ayant acquis une forme monstrueuse… Heureusement que la lance ne traversait pas sa colonne vertébrale. Je l'observe longuement en me demandant ce qu'il a bien pu se passer pour qu'elle se retrouve dans cet état. J'ai toujours détecté en elle une sorte inhumanité, mais à ce point… Je remarque alors qu'elle reprend peu à peu son apparence originelle. Et ces armes… à qui appartiennent-elles ? Je n'en ai jamais vu des semblables. Elles sont magnifiques et impressionnantes. J'en déduis que Seiko s'est battue contre leurs propriétaires et a gagné le combat, sans toutefois, s'en sortir indemne, mais cela ne répond pas à ma question : qu'est-elle et contre qui s'est-elle battue ? Et à mon avis, ce n'est pas la première fois que cela se produit bien qu'elle n'a jamais manifesté un comportement étrange le matin, à l'exception, à quelques uns d'entre eux, d'une grande fatigue que j'imaginais être due à son affaiblissement.
Je me relève en considérant la pièce… elle en a fait une véritable scène de crime. Quant à moi, je suis couvert du sang de la jeune fille.
Des pas précipités résonnent dans le couloir. Emon apparaît avec une torche en main. Son regard de pose sur Seiko inconsciente qui a entièrement repris sa forme humaine.

- Que s'est-il passé ? souffle-t-il.
- Qu'importe, répondis-je en me dirigeant vers les douches. Occupe-toi d'elle.
- O… oui…

Je dois admettre qu'il se passe des choses étranges depuis l'arrivée de Seiko, comme des présences spirituelles clandestines. Cela ne fait qu'un mois que je l'ai recueillie et voilà le résultat. Je ne peux pas lui en vouloir d'être ce qu'elle est, mais il faut l'avouer : cette forme démoniaque qu'elle a adopté est repoussante. Quoique, lorsqu'on connaît Seiko, c'est… autre chose.

- Orochimaru… elle perd beaucoup trop sang… et ça ne s'arrête pas…

Mon regard se balade sur le duo d'adolescents. Le jeune homme se presse à retirer son haut afin le déchirer et ainsi stopper les hémorragies tant bien que de mal. Un seul ne suffira pas, mais il est hors de question de lui donner quoique se soit m'appartenant.

- À ce stade-là, je crains que l'intervention d'un ninja médecin soit plus que nécessaire. Ses poumons sont touchés… Je… je vais chercher Kabuto, indique-t-il en se levant. Si elle se réveille, veillez à ce qu'elle ne fasse pas de mouvement brusque.

Je le laisse partir en toute urgence, puis m'adosse au mur froid et croise les bras en grimaçant. Seiko respire avec difficulté, la douleur se crispe sur son visage. Elle est consciente… La pièce a gagné en luminosité lorsque son apparence monstrueuse s'est effacée. Peut-être est-ce le fruit de la formation des démons jumeaux. Sûrement, en fait.

- Ah… à boire, gémit-elle. S'il-vous…

À peine a-t-elle achevé sa demande que deux gigantesques ombres humaines s'incrustent dans l'espace de la pièce. L'une s'agenouille aux côtés de la jeune souffrante afin de lui lever légèrement la tête, la seconde remplit un verre d'eau et le porte à ses lèvres. Je ne vois pas Seiko boire l'eau du robinet, puisque les deux individus se sont placés de part et d'autre de son corps, mais je le devine. Les deux ombres se redressent au bout de quelques secondes. Celle qui a fait boire Seiko se retourne vers moi et s'avance, le verre en main. J'ai entre-temps quitté mon appui. C'est un homme portant un haut-de-forme de nuances grises et un long manteau violet aux motifs blancs et géométriques sur ses épaules. Je ne distingue son visage qu'une fois qu'il fut assez près. Il mesure bien une tête et demi de plus que moi… Ses cheveux aux reflets platine recouvrent partiellement son regard. Il porte une lunette sur son œil droit reliée à son oreille par une chaîne argentée. Un nez crochu, une moustache en crocs, une barbe courte et taillée en pointe, un visage fin, des joues creusées par l'âge…

- Vous lui avez donné cette eau, prononce-t-il d'une voix caverneuse en me plaçant le verre entre les mains.

Le second, un peu plus grand que le premier, s'avance à son tour Il est habillé du même style, mais dans des teintes plus dorées. Ses longs cheveux couleur châtaigne tombent sur ses épaules et recouvrent le col de son manteau vert.

- Je te conseille vivement de présenter tes excuses auprès d'elle au sujet des paroles que tu as grossièrement… éructé… il y a de cela quelques semaines.

Il courbe l'échine et disparaît comme il est apparu en compagnie du plus petit.
Moi, je suis là. Immobile. Avec je ne sais quoi dans les mains. Le regard fixant le vide. Je suis une de ces dalles… sur lesquels les deux individus ont fait claquer leurs chaussures. Je suis une de ces dalles… noyées dans le sang de Seiko… Je viens de voir… les démons jumeaux… d'or et d'argent. Les mythiques Rechiku et Nechiku.
Ce sont des pas résonnant dans le couloir qui viennent me tirer de ma stupéfaction. Je m'approche d'avantage de Seiko. Kabuto arrive seul. Lorsqu'il entre dans la pièce, son regard se dépose automatiquement sur moi, puis sur la jeune endormie, et enfin sur le sol. Je le vois froncer les sourcils en repérant une plume solitaire baignant dans une trainée de sang.

- Où est Emon ? questionné-je.
- Il est parti chercher du matériel…

Vu la gravité des blessures de Seiko, je doute fort que cela soit inutile.

- Bien.

Il jette un coup d'œil sur l'objet que je tiens dans la main, puis remarque, effectivement, que les lèvres de la jeune fille sont humides.

- Vous lui avez donné de l'eau ?
- Elle en a réclamé.
- Mais ce verre vient des cuisines…
- Et alors ?
- Vous vous êtes déplacés jusqu'à là-bas pour le trouver et le lui apporter ?
- Je te rappelle que je circule librement dans le repaire, instantanément ou non.
- Excusez-moi… j'ai oublié ce détail.
- Plus important que tes excuses : Seiko.
- Avec votre permission…
- C'est un ordre.

Je me dirige vers la sortie et décroche un kimono tandis que Kabuto se penche sur elle. J'entends son chakra agir.

- Kabuto.
- Orochimaru-sama ?
- Sauve-la, cette fois-ci.

Je me retourne pour plonger mon regard dans celui de mon premier bras-droit trahissant une interrogation, bien qu'il comprenne parfaitement où je veux en venir, puis continue ma route d'un pas modéré en direction de mes appartements en m'habillant du vêtement pale. Je prendrai ma douche plus tard.

Il me devient impossible de me concentrer dans mon travail en ayant en tête le souvenir à la fois d'une tendre enfant aux joues rougies et d'un démon abjecte qui a reçu un entraînement de Rechiku et Nechiku capable de me projeter contre un mur à la limite de m'assommer. Le contraste est bien trop immense pour que cela soit réel en si peu de temps… juste deux années… Il faut dire qu'elle n'est pas tellement ce qu'on aurait imaginé qu'elle soit avant cette formation, mais on n'aurait pas non plus envisagé une telle transformation avant : cette enfant de quelques mois est devenue une véritable tueuse après un traumatisme.
En y réfléchissant, son enfance l'a bien déformée. Pas tellement physiquement, mais dans son cœur, si. Elle aurait probablement été une de ses jolies petites fleurs de Konoha que l'on cueille pour les placer avec amour dans un vase, baignant dans la chaleur des rayons d'une même lumière et nourrit par l'eau d'une même source.

J'apprends une demi-heure plus tard que Seiko devra rester alitée quelques jours, au moins.

- Ses blessures sont très graves, commente Kabuto. Mais ses jours ne semblent plus en danger. J'ai fait ce que j'ai pu, au temps de faire le reste.
- Est-elle consciente ?
- Pour le moment, elle a besoin de repos.
- Est-elle consciente, répété-je en me levant lentement de ma chaise.
- Non…
- Quand estimes-tu qu'elle sera disponible ?
- D'ici ce soir ou demain matin, me répond-il sur un ton toujours neutre. Mais elle sera toujours très faible.
- Du moment qu'elle est capable de s'exprimer, soupiré-je en admirant le paysage cadré par une fenêtre ouverte.

Un rayon de soleil pénètre dans la pièce en plus d'une légère brise.

- Puis-je vous poser une question, Orochimaru-sama ?

Je me tourne vers mon subordonnée.

- Quel est l'intérêt d'avoir placé Kaliachi sous mes ordres ?
- Nous manquons de personnel médical.
- Mais…
- La fille que tu a amené ici ne m'intéressait pas.
- Et Kaliachi vous intéresse ?
- Kaliachi a l'expérience du shinobi. Elle sait donc de battre en plus d'avoir des connaissances médicales et paramédicales. Et surtout, elle a un lien direct avec moi.
- Mais une main en plus n'aurait pas fait de mal…
- Tu me l'aurais présentée dans un dessein différent ou tout simplement avec Seiko, j'aurais peut-être daigné de l'épargner.

Kabuto baisse son regard sur le sol, un air triste le trahissant. Ou plutôt, c'est cet air là qu'il a adopté depuis ce jour.

- Tu peux t'en aller.

Il tourne alors les talons et quitte la pièce d'un pas maladroit. Je fixe longuement le microscope posé sur sur la table en bois, m'assieds de nouveau et me replonge dans mon activité.

Le soir venu, après avoir copieusement dîné, je me dirige vers mes appartements, traversant les couloirs, passant devant plusieurs portes, une en particulier. Celle-ci retient mon attention. Il me semble que… oui. C'est bien elle. Un moment d'hésitation, toutefois, puis je me résigne à ouvrir, entrer, et refermer derrière moi.

- Bonsoir, Orochimaru.
- Tu m'as l'air en forme.
- Mieux que ce matin, oui.
- J'ai quelques questions à te poser.
- J'imagine que vous en avez beaucoup… enfin, je vous en prie.

Je viens m'assoir à une chaise que je tire non-loin du lit sur lequel Seiko est assise, les draps recouvrant ses jambes.

- Pas tant que cela. Une question qui regorge de nombreuses interrogations, plus exactement.
- « Que s'est-il passé », devine-t-elle.
- « Que s'est-il passé », en effet.

Elle ne me répond pas tout de suite, un air espiègle se dessine sur son visage.

- La dernière fois que je me suis retrouvée dans un lit d'hôpital date de l'époque à laquelle j'oeuvrais pour Konoha, et la personne qui se tenait à votre place était Tsunade. Elle venait me faire une proposition, mais au fond, elle me remerciait de lui avoir sauvé la vie lors de votre attentat furtif.

Elle dépose son regard dans le mien.

- Vous n'êtes pas venu seulement pour me poser cette fameuse question, j'ai l'impression. Enfin, vous me direz plus tard… Voyez-vous, commence-t-elle enfin, après les deux années passées avec Rechiku et Nechiku, les démons jumeaux, j'ai, disons, acquit une identité démoniaque. Saviez-vous que des êtres envoyés des Cieux viennent pour purifier le monde des mortels ? Ils sont comme vous et moi… enfin. Je ne pense pas que nous soyons une excellente référence.

Elle sourit, amusée.

- Ils ont une apparence humaine, reprend-elle. Une moralité humaine, mais sont programmés dans le seul but professionnel d'anéantir toute forme démoniaque. On les appelle les Traqueurs. N'entendez aucun double sens. Je parle bien de forme démoniaque, et non de personnalité. Sinon… je pense bien que le monde entier serait anéanti. Leur cible est uniquement les créatures malfaisantes. Il faut donc nous défendre à savoir qu'ils ont été conçus ou éduqués pour ne jamais abandonnés, fuir, ou se rendre… quoiqu'ils disent, quoiqu'ils font croire, quoiqu'ils promettent.

Elle marque une pause, fixant ses draps.

- Le combat a mal tourné, donc.
- Oui… Ils étaient bien trop nombreux.
- Combien ?
- Quelques trentaines. Cinq, peut-être.
- Cinq trentaines…
- C'est ma façon de compter, avoue-t-elle avec un demi-sourire.

C'est énorme…

- Et tu as perdu contre Sasuke-kun.

Elle se contente d'hausser les épaules. Je soupire…

- Tu comptes te reposer jusqu'à quand ?
- Je reprendrai mes services demain.
- Matin ?
- Matin.
- Bien.

Je me lève en replaçant la chaise là où je l'ai prise.

- Je vais peut-être vous paraître un peu lourde avec mes discours, mais quelque chose me pèse sur le cœur et il faut que je vous le dise, prononce-t-elle lentement dans mon dos. Je pense que si les Traqueurs ne s'en prennent pas aux humains de… mauvaise personnalité, c'est parce qu'ils ne s'attaquent qu'à la démonisation pure. Chaque humain a une double face, à savoir qu'une personne qui nous semble sympathique peut avoir une part d'ombre… et inversement. Je pense aussi que ce qui nous oblige à distinguer quelqu'un de bien à quelqu'un de mauvais est le côté que l'on nous montre en premier ou que l'on nous montre constamment, et qu'en fait, il n'existe pas de bonté pure ou d'animosité totale chez l'Homme…

Je me pivote légèrement ma tête sur le côté, attendant une suite qui tarde à venir.

- Pour ce matin… Je…

Elle soupire.

- Je tenais à vous remercier.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Lun 30 Mar - 21:01

I was born for your happiness
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Chapitre 33 : Le cœur du démon


J'ai réussi à m'en sortir… non pas sans souffrir, mais je m'en suis sortie… Rechiku, Nechiku, Orochimaru, Emon et Kabuto m'ont aidée. Je me suis évanouie, puis réveillée dans une chambre spéciale, alitée, des bandages entourant mon abdomen et ma cuisse. Je reste une bonne partie de mon temps assise, dos contre la tête du lit à réfléchir. Il est clair qu'Orochimaru aura des questions à me poser, et donc, que je dois m'attendre à recevoir de la visite dans très peu de temps. Je choisis d'anticiper et de préparer les réponses. Il ne manquerai plus que des Traqueurs apparaissent maintenant ! Afin de ne pas m'ennuyer avant l'arrivée d'une personne, je fais apparaître mes feuilles de croquis de conception d'une machine complexe que j'inaugure depuis deux ans déjà. Elle est bientôt achevée, je me donne encore deux autres années. Les pièces sont déjà construites, il ne me reste plus qu'à les assembler, mais c'est toujours très minutieux. Je matérialise ensuite les outils et tout ce dont j'ai besoin, puis suis le programme que je me suis imposée. Je bricole durant de longues heures avant d'entendre la porte s'ouvrir. Je m'empresse alors de faire disparaître mon bazar.

- Bonsoir, Orochimaru.
- Tu m'as l'air en forme, déclare-t-il avec indifférence.
- Mieux que ce matin, oui.
- J'ai quelques questions à te poser.
- J'imagine que vous en avez beaucoup… enfin, je vous en prie.

Il rapproche une chaise et vient s'assoir aux côtés du lit, face à moi.

- Pas tant que cela. Une question qui regorge de nombreuses interrogations, plus exactement.
- « Que s'est-il passé ».
- « Que s'est-il passé », en effet.

C'est drôle…

- La dernière fois que je me suis retrouvée dans un lit d'hôpital date de l'époque à laquelle j'oeuvrais pour Konoha, et la personne qui se tenait à votre place était Tsunade. Elle venait me faire une proposition, mais au fond, elle me remerciait de lui avoir sauvé la vie lors de votre attentat furtif.

Je fixe son regard d'or avec insistance, souriante et amusée.

- Vous n'êtes pas venu seulement pour me poser cette fameuse question, j'ai l'impression. Enfin, vous me direz plus tard…

Je lui explique alors ce qu'est un Traqueur, sans réellement savoir pourquoi je me confie à lui. Je lui fais ensuite part de mon opinion sur eux.

- Le combat a mal tourné, donc, souffle-t-il une fois mon temps de parole achevé.
- Oui… Ils étaient bien trop nombreux.
- Combien ?
- Quelques trentaines. Cinq, peut-être.
- Cinq trentaines…
- C'est ma façon de compter, souris-je.
- Et tu as perdu contre Sasuke-kun.

Là-dessus, je ne peux rien dire…

- Tu comptes te reposer jusqu'à quand ? enchaîne mon supérieur.
- Je reprendrai mes services demain.
- Matin ?
- Matin.
- Bien.

Je l'observe se lever et ranger la chaise sous sa table initiale dans un grincement sourd. C'est étrange, mais Orochimaru n'a pas l'air de refléter l'homme tel qu'il est décrit. Était-il différent, à l'époque ? Aurait-il changé ces deux mois ? Je le vois d'un tout autre regard depuis que je l'ai rejoint. Deux ans auparavant, ou deux mois, cela dépend du point de vue, il me faisait peur, tandis qu'aujourd'hui… c'est autre chose.

- Je vais peut-être vous paraître un peu lourde avec mes discours, mais quelque chose me pèse sur le cœur et il faut que je vous le dise, osé-je avancer. Je pense que si les Traqueurs ne s'en prennent pas aux humains de… mauvaise personnalité, c'est parce qu'ils ne s'attaquent qu'à la démonisation pure. Chaque humain a une double face, à savoir qu'une personne qui nous semble sympathique peut avoir une part d'ombre… et inversement. Je pense aussi que ce qui nous oblige à distinguer quelqu'un de bien à quelqu'un de mauvais est le côté que l'on nous montre en premier ou que l'on nous montre constamment, et qu'en fait, il n'existe pas de bonté pure ou d'animosité totale chez l'Homme…

Dos à moi, il se retourne légèrement, me montrant le bout de son nez fin derrière une longue chevelure ténébreuse.

- Pour ce matin…

Je baisse les yeux, me sentant rougir d'embarras. C'est que je n'ose pas tellement, en fait…

Mais…

- Je… Je tenais à vous remercier.

J'observe longuement, toutefois sans réel intérêt, le drap blanc qui entrave le bas de mon corps en me concentrant d'avantage sur les ombres des froissures, puis baisse lentement ma jambe droite et la passe finalement par dessus l'autre. C'est alors que je vois les plis du drap se rejoindre en une direction, sens le lit se pencher d'un côté sous un léger grincement et le doigt froid d'Orochimaru venant me soulever délicatement le menton. Tandis que mon regard croise le sien, une forte émotion me mord les entrailles.

- Je parie que tu m'en veux toujours pour la dernière fois, chuchote-t-il en caressant ma joue droite avec tendresse, sûrement pour m'amadouer.

Je peine à détourner le regard, mais je finis par y parvenir… Il s'agit là d'une de ses nombreuses techniques de charme, c'est pour cette raison que mon tempérament cajoleur ne passera pas avec lui. Je cueille alors sa main et la détache de mon visage.

- C'était maladroit de votre part, me contenté-je de soupirer en la déposant ailleurs sur le lit. Très maladroit.
- Je te prie d'accepter mes excuses, Seiko.

Je ne peux cependant masquer le léger sourire qui se dessine progressivement sur mes lèvres.

- Excuses acceptées, murmuré-je, toujours sans le regarder.

Je reste immobile à me perdre dans mes draps durant des secondes qui me paraissent interminables. Orochimaru finit par pouffer de rire, balançant légèrement de son index une des mèches qui encadrent mon regard, avant de se lever et de quitter la pièce d'un pas lent.
Une fois seule, je me sens comme renaître, libérée d'une lourde masse pesant sur mon âme. Je n'arrive pas à croire qu'il s'est excusé… c'est hors de nature, chez lui, et pourtant… bah ! Je suis prête à parier que Rechiku ou Nechiku est intervenu ! Cependant, c'est tout… c'est tout ce que je voulais…

Le lendemain, assez tôt dans la matinée, Kaliachi vient me réveiller en m'apportant de quoi me nourrir et m'indique que nous changeons ce soir de repaire suite à un imprévu, puis repart. Apparemment, nous avons été repérés par un ninja de Kusa et que nous nous installerons dans un repaire au nord du pays de la Pluie. Je suis totalement rétablie, physiquement, du moins. Mes plaies ont pratiquement fini de cicatriser, la seule chose qui me reste est la douleur. Abdominale, tout va bien, mais c'est cette flèche dans ma cuisse… jamais je n'aurais osé imaginer qu'elle me comble de soucis. Je tente de me lever, mais n'y parviens pas… Rechiku apparaît juste en face de moi, une lance en main et sa canne personnelle dans l'autre. Je fixe l'objet inconnu si particulier. Cela ressemble à du bois poli et laqué, seulement, la pointe n'en est pas vraiment une. Il s'agit-là d'une sorte de pierre au contact semblant fragile.

- Qu'est-ce que c'est ?
- Une arme redoutable et un précieux compagnon.

Je regarde le démon qui se tient debout tandis que je suis assise. C'est fou comme il est immense ! Il place sa canne dont le manche est courbé vers le bas sur son coude, prend le bâton dans l'autre main et me tend celle de libre. Le contact glacial de ses doigts en mécanique d'or sous les miens me réveille davantage. Il m'aide à me mettre sur pieds, puis me laisse le sceptre entre les mains.

- Ce bâton a plusieurs fonctions, m'indique-t-il.

Je répète sa phrase dans mon esprit, puis souris doucement. S'il savait tout ce qu'on peut faire avec un bâton, il ne prononcerait pas ces mots !

- Seiko-hime, souffle-t-il en joignant ses mains sur sa canne. Je connais ce sourire marié à ce regard…
- Ils jouent bien leur rôle de traîtres, avoué-je timidement. Merci pour ce bâton, il me sera très utile !

Je m'avance vers la sortie appuyant la masse nécessaire sur la lance une fois que Rechiku se soit dématérialisé. Je ferme la porte derrière moi et me dirige en direction de mes appartements pour m'habiller convenablement.

Les heures passent et ma douleur s'atténue. Orochimaru, me voyant tout de même boiter, m'a chargée de sélectionner les membres restant sur les lieux plutôt que de transporter de lourdes charges. Les choix ont été difficiles, sachant que je devais prendre le strict nécessaire en fonction de ses plans. Il est vrai que se déplacer en trop grand nombre n'est pas idéal, mais au final, nous allons finir par compter sur les doigts d'une main… Quoiqu'il a promit de repasser dans quelques mois et de repartir avec les plus compétents.

Début juillet. Période de festivité personnelle : je fête mon anniversaire, mes seize ans. Mon sérieux part en vacances quelques jours pour laisser place à mon côté plaisantin. Ici, ce genre de célébrations ne se fête pas de la même façon qu'à Konoha. Ou non, il n'y en a tout simplement pas, du coup, j'assaisonne les journées à ma manière : pas de pluie, pas de nuage, un soleil éclatant, des ballades en montagne et en forêt seule ou à plusieurs, j'emmène Kaliachi, Emon, Ichiro… j'ai réussi à convaincre Kabuto de venir le deuxième jour.

Il fait beau, il fait chaud, et ce, en montagne ! Je me plais à humer la douce et fraîche odeur sylvestre. Les rayons du soleil caressent tendrement ma peau, la légère brise l'effleurant joue dans mes cheveux, quelques nuages suivent le souffle tiède du vent et viennent affaler toute leur masse vaporeuse sur les monts. Les chênes et les sapins, ces rois forestiers, se dressent fièrement sur leur trône d'écorce avec pour sujets la noble herbe dansante au gré du vent, orchestre de cette nature sauvage, indomptable, délectante… Une araignée tisse sa toile, juste là, au croisement de deux branches, une chenille grignote une feuille non loin, un caméléon se terre un peu plus bas. Légèrement plus bas. Lorsque Mademoiselle deviendra papillon, elle se fera prendre dans la toile de Madame, qui, à son tour, finira dans la gueule de Monsieur. Ou peut-être que Monsieur choisira plutôt Mademoiselle, et dans ce cas, tant mieux pour Madame, ou alors, il choisira les deux, et tant pis pour Mademoiselle et Madame. De nombreuses alternatives s'offrent à cette chaîne alimentaire, rendant ainsi Dame Nature totalement imprévisible. Je me permets de cueillir l'écorce mourante d'une cicatrice laissée par un pivert et de placer le copeau dans mon sac.

- Seiko… j'ai faim…

Je me retourne pour regarder le jeune Isumo soulever ses lunettes rondes et se frotter les yeux de ses petits poings.

- Et j'ai sommeil…
- On va rentrer, souris-je chaleureusement.

Je m'avance vers lui, il s'approche et me tend son autre main que je prends délicatement dans la mienne. Nous enjambons des ruisseaux et des racines, et slalomons entre les rochers et les arbres durant plusieurs minutes jusqu'à arriver aux portes du repaire.

- Que veux-tu pour ce midi ?
- Une salade ! s'écrie-t-il gaiement, oubliant sa fatigue. Une salade aux yeux !
- Aux œufs, corrigé-je, amusée par cette faute courante. Un œuf, des œufs.
- Yeux ! Des yeux durs…
- Tu enlèves le i.
- Zi… œu… z… zœu.
- Bien. Une salade aux œufs.
- Une salade aux yeux !

Je soupire désespérément en ouvrant les portes.

- Aux yeux ! Mais ! Comment tu fais !
- Je ne prononce pas le i.
- Mais j'arrive pas…
- Tu finiras par y arriver, microbe.
- J'suis pas un microbe ! s'exclame-t-il. Microbe toi-même !

Je lui caresse affectueusement la tête en lui demandant de se calmer. Il le fait.
Plus le temps passe, plus Orochimaru me trouve une place dans le repaire. À mes débuts, je confectionnais des pièges meurtriers, puis je suis devenue une tueuse à gage. Aujourd'hui, je m'occupe de l'éducation des plus jeunes. Il ne m'a pas renvoyée de mes anciennes tâches pour autant, ce qui fait de moi cette mercenaire s'occupant d'enfants, au final !
Je me dirige dans les cuisines accompagnée du jeune enfant âgé de cinq ans. Après m'être lavée les mains, je sors du Frigidaire une laitue, de l'huile d'olive, des œufs…

- Tu veux du riz ?
- Oui !

Je sors le riz.

- Des tomates ?
- Oui !

Je sors les tomates.
Isumo me parle de tout et de rien pendant que je rince la laitue, la coupe avec les tomates, fais cuire le riz et les œufs, retire leur coquille, assemble le tout, assaisonne avec un peu d'huile d'olive, et, une fois la salade prête, je nous sers dans des assiettes lavées à l'instant. Isumo s'est arrêté de causer pour manger son plat froid en ma compagnie.

Les semaines suivent, nous approchons d'août. Hisae, une nouvelle recrue de treize années et rescapée du massacre d'un petit village, a été ramenée ici par Orochimaru. Cela fait trois jours qu'elle loge sous notre enseigne et la voilà en admiration totale pour notre très cher dirigeant. Si elle savait… si elle savait qu'il a massacré de nombreuses personnes, si elle savait qu'il s'est servi d'enfants pour mener des expériences sur l'ADN d'Hashirama… Peut-être qu'elle sait, mais je ne comprends pas tellement cette focalisation. Il lui a sauvé la vie, après tout. Il sauve celle de tous les membres du repaire, la mienne y compris.

J'admets toutefois que cet homme est admirable et craignant. Il a fait de grandes choses, à ne surtout pas nier. Déjà de compter parmi les Sannin Légendaires et d'être le plus puissant, le plus intelligent et le plus persévérant, c'est déjà quelque chose ! Ensuite, on sait qu'il possède Kusanagi, qu'il a été un membre de la Racine, un des plus proches de ce cafard de Danzō, qu'il a été suggéré Hokage — par Danzō —, qu'il a fait parti de l'Akatsuki, et qu'il a ensuite créé Otogakure avec Kabuto. Il a fait avancer la Science, cependant, personne ne reconnaît ses trouvailles. Il faut dire que ses manières sont contestables, mais tout de même ! Il a tué les Kazekage et Sandaime Hokage, et a faillit faire tomber Konoha. Il a sauvé du monde, des enfants, des adultes… il en a tué… Il a pour élève Sasuke, aussi. Non, disons plutôt un Uchiwa. Oui, c'est plus valorisant ainsi ! Il a enseigné à Anko qui m'a à son tour enseigné… il a été l'élève d'Hiruzen Sarutobi — qui a été l'élève des frères Senju, Shodaime et Nidaime Hokage — avec Jiraiya et Tsunade, Tsunade qui m'a aussi transmit son savoir.
Je me surprends à sourire de satisfaction à la pensée que je me rapproche d'un des plus puissants shinobi de ce monde, mais cette satisfaction s'évanouit aussitôt que je m'en aperçois.
Je me tourne dans mon lit, déformant les draps.
Cependant !
Je suis l'élève des célèbres démons jumeaux ! Et ça, ce n'est pas rien !

Mais l'épée de Kusanagi… tout de même ! Il suffirait qu'elle m'intéresse un tout petit peu plus pour me jeter dans la gorge d'Orochimaru et fouiller dans son estomac pour me l'accaparer ! Et me voilà séduite par un bout de métal, maintenant…
Je me couvre la tête de mon oreiller, grognant, puis me replace de façon à pouvoir respirer correctement.
Bout de métal légendaire qui a bien faillit me tuer il y a quelques années !

Quelques années, déjà… Cela va faire… aller, quoi ? Trois ans que j'ai rencontré Orochimaru.

Je me souviens de la petite Seiko qui apprenait à lancer des kunai avec l'instructeur de l'Académie, Iruka-sensei. Et dire qu'il est… J'espère qu'il ne me regarde pas, il ne serait pas très fier du résultat, puisqu'au final, personne n'a dit qu'Orochimaru est juste et bon. À noter, toutefois, que je ne le sers pas dans son intérêt, mais dans le mien pour une cause qui me semble juste et bonne. Voilà. C'est ma justification.
Donc au bout du compte, qu'est-ce que j'ai fait ? Toutes mes actions n'ont servi que moi. J'ai arrêté d'être dans le service militaire de Konoha parce que j'avais peur, j'ai aidé pour l'argent, j'ai réapprit pour avoir une nouvelle vie, j'ai tué pour ma peau ou pour assouvir un désir, j'ai condamné par honneur, j'ai pactisé avec le Diable…

Je me redresse pour quitter la chaleur de mes draps et enfile un peignoir.

Au pire, ça m'est égal. Si je veux faire quelque chose de bien, je dois vivre, sauf que je ne peux pas vivre dans mon état actuel, donc je dois survivre. Pour le moment, je survis. Je n'ai que seize ans et ce n'est pas à cet âge qu'on peut sauver le monde d'un super méga méchant dieu déchu en buvant une super méga potion qui nous rendra super méga forts avec de super méga pouvoirs et fonder une super méga famille.
Non, le monde n'est pas fait ainsi. Les gentils d'un côté et les méchants de l'autre, non. Sakura serait morte, autrement. Kakashi aussi. Konoha entier, en fait, et une guerre aurait été déclarée avec une alliance entre tous les shinobi contre Konoha.

Je quitte ma chambre et me dirige vers le hall d'un pas lent.

Et Naruto, mon petit blondinet… qu'est-il devenu ? Et que va-t-il devenir ? Comment finira-t-il ? Comme Sakura ou comme Ino ? Ou comme moi, je l'espère. Je ne peux rien faire pour lui, mais j'aimerai tant… Il faut que je reste dans l'ombre, je suis considérée comme morte, à Konoha… Jiraiya aussi n'est au courant de rien. Mais Naruto est avec lui, donc tout va bien. Ils s'en sortiront comme moi je me suis tirée d'affaire. J'apprécie énormément Ero-Sennin, je sais que c'est un homme de confiance. Peut-être que les autres sont perdus et attendent le retour de Naruto pour voir ce qu'il y a à faire. Je pense que c'est le cas d'Hinata et de Neji, et donc de Tenten et de Rock Lee. Je pense qu'au final, c'est le cas de tout le monde. Je l'espère. Ils ne resteront pas soumis aux ordres de Tsunade. Ils s'en sortiront.

Je m'assieds à une table. Lorsque je ne trouve pas le sommeil dans ma chambre, je viens ici pour dessiner en sirotant un quart de vin rouge, secrètement emprunté à Orochimaru, dans un verre à pied. Mais ce soir, je n'ai pas le cœur à faire jouer mon poignet au-dessus d'une feuille de dessin, alors je croise les bras et y pose ma joue, puis titille l'objet transparent du bout de l'ongle en me replongeant dans ma méditation.

- Votre cœur est lourd, fait une voix caverneuse en face de moi.

Je lève alors lentement ma tête pour croiser le regard vitreux de Nechiku, puis me redresse afin de me tenir convenablement.

- On dirait que cela devient une habitude, soupiré-je.
- Qu'est-ce qui vous tracasse, à présent ?

S'il me pose la question, ce n'est pas pour que je réponde, puisqu'il sait déjà…

- Je me soucie du bien-être des personnes qui m'étaient proches, confessé-je, mais j'ai l'impression de ne faire qu'espérer.
- Vous ne pouvez rien pour eux. C'est ce que vous vous dites.
- Et c'est le cas.
- Vous omettez un détail.

Silence.

- Lequel ?
- Que vos gestes du passé ont une répercussion sur le présent.

Je réfléchis un instant, baissant le regard, puis le relève sur lui.

- Sauf que je ne vois pas quoi faire pour les aider.
- Ne pensez pas au futur, Seiko-hime. Vivez comme vous le faîtes si bien : pensez au présent. Un coup d'œil au passé et vous repartez dans le brouillard. Votre vie n'est pas un fleuve, mais un brouillard épais : vous n'avez pas vu la mort de votre mère, ni votre rencontre avec Orochimaru, ni votre alliance avec lui, et moins encore, mon frère et moi. Tous les éléments de votre vie, vous ne les avez pas vus venir, et pourtant, vous avancez toujours.

Il marque une pause pour me laisser enregistrer ses paroles et les analyser.

- Toutes tes décisions sont prises sur un coup de tête, ajoute Rechiku qui se terrait dans l'ombre. Vivre ou mourir ? Mourir. Manque de pot, nous sommes là, donc vivre. Venir en aide à Konohagakure ? Oui. Otogakure ou Akatsuki ? Que propose l'un ? Qu'offre l'autre ? Otogakure.
- Dites tout de suite que je suis une imbécile, souris-je en croisant les bras.
- Tu agis avant de réfléchir, et non sans. Une imbécile ne s'adapterait pas.
- Vous êtes une femme instinctive et vous comprenez parfaitement bien que certains choix sont radicaux et sans retour possible. Ce qui fait de vous quelqu'un de remarquable est votre rapide adaptation à la situation dans laquelle vous vous trouvez, sans oublier que vous en avez eu, des situations différentes.

Je détourne le regard, intimidée.
Rechiku se penche en avant pour mieux me voir en s'appuyant sur sa canne.

- Une diablesse qui rougit, s'amuse-t-il. Ce n'est pas bien commun.

Mais cette fois-ci je sens bouillir mes oreilles.

- Je te taquine, va.
- C'est bien la première fois, soufflé-je en croisant les bras. Aussi, je ne suis pas une diablesse…
- Si tu n'en es pas une, dis-moi qu'elle créature a à son service Nechiku et moi-même, nous, les démons d'argent et d'or ?
- Vous vous êtes portés volontaires et vous refusez de me dire pourquoi.

Un silence. Le Doré se redresse.

- Tu l'apprendras plus tard.
- Pourquoi pas maintenant ?
- Nous ne pouvons rien vous dire pour le moment.
- Je vous fais confiance pour me le dire avant ma mort, alors ?
- Oui.
- Dans ce cas, fis-je en me levant. Tout va bien !

Ce qu'ils me cachent, tous les deux, est important. Je le sais… je sais qu'il y a un rapport avec mes origines… je m'en doute très fortement. Ils ont une information que je n'ai pas, et cela, ça m'agace ! Mais cela voudrait dire que j'ai un lien avec eux, hors mis la relation professeurs-élève. Lequel, cependant ? Non. Ne te pose pas plus de questions, Seiko, ou tu ne dormiras pas cette nuit.

Je retourne alors dans mes appartements après avoir rangé mes interdits et regagne mes draps pour me blottir contre Morphée.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Mar 31 Mar - 16:36

Enfin une personne qui passe sur le forum

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Mar 31 Mar - 16:37

Oui.
Mais je suis via mobile, alors je ne vois pas qui passe et qui ne passe pas.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Mer 1 Avr - 15:59

En gros, plus personne passe sur le forum

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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 2 Avr - 20:50

Ah.
Bah ça me rend un peu triste puisque Maxime a la flemme de continuer bien qu'il veuille connaître la suite et toi, t'as la flemme tout court. Du coup, je continue de poster pour ceux qui sont plus rapide.
Mais sinon, c'est dommage que Zobi, Yasabi, Xday etc de viennent plus.
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MessageSujet: Re: I was born for your happiness   Jeu 2 Avr - 21:02

I was born for your happiness
Souvenirs



Chapitre 34 : Retrouvailles


Une année et sept mois ont filé comme des flèches. Nous sommes au printemps, en avril, et plusieurs anniversaires ont été fêtés. Dix-sept ans passés, je n'ai plus gagné en hauteur depuis mes seize ans. Néanmoins, cet âge est masqué derrière l'identité d'une jeune adolescente aujourd'hui de seize années.

Les Traqueurs n'ont pas cessé leur activité pour autant et leur existence demeure un des plus grands mystères de ma vie suivi de près par celle de Rechiku et Nechiku et la mienne. L'attitude de Kabuto reste aussi troublante. J'ai l'impression d'en faire plus que lui… se détacherait-il du Sannin ?
Quant à lui, il continue d'étudier mon cas avec d'autres. Est-il nécessaire de préciser que j'ai réellement fini par m'attacher à lui ? Je n'y crois pas… Dire que je l'appréhendais au plus haut point lorsque je logeais à Konoha ! Même après, je doutais de sa parole, mais trop de situations sont entrées en jeu pour qu'il me dupe, et me sachant accompagnée de Rechiku et Nechiku, il n'aura sûrement pas l'audace de me faire rouler dans la farine. Il s'est déjà excusé auprès de moi, mais c'est bien parce qu'ils sont intervenus. Cela me rassure beaucoup…

Nous y sommes presque. J'ai parié à Emon que nous finirons par être six au repaire, et nous sommes déjà huit : Orochimaru, Kaliachi, Kabuto, Sasuke, Hisae, Ichiro, Emon et moi, bien que je doute que nous en perdons deux avant six mois. Six mois… dans six mois, Golden-Eyes possèdera le corps de l'Uchiwa. Déjà… et nous pourrons passer à l'offensive contre Konoha… Donc dans six mois, je serai guérie. Orochimaru affirme que nous n'en avons plus pour longtemps. Je m'en réjouis pleinement ! Je la sens partir, cette maladie ! Je n'ai presque plus de symptômes ! Enfin, je lui dois ce que je lui ai promis : ma dévotion totale jusqu'à la destruction de Konoha. Ensuite, je construirai mon avenir à ma guise tout en restant à ses services lorsqu'il en aura besoin jusqu'à lui sauver la vie à mon tour.

Demain, il est prévu qu'Orochimaru et Kabuto retrouvent un membre de l'Akatsuki au pont du Ciel et de la Terre de façon à l'éliminer. Apparemment, Kabuto travaillait pour lui quelques années auparavant. Il était un agent double et rapportait des informations d'Orochimaru à ce membre, Sasori des Sables Rouges. À l'époque, Kabuto subissait les conséquences d'une amnésie orchestrée par ce type. Il en a été délivré par le Sannin et a choisi de rester à ses côtés ; il est donc devenu un agent double en faveur d'Orochimaru. Ils se servirons de cela pour piéger Sasori et ainsi l'attaquer par surprise. Cependant… un mauvais pressentiment hante mon esprit.

Je quitte la table sans avoir touché à ma nourriture et me dirige d'un pas lent en direction du bureau d'Orochimaru. Je frappe, attends son autorisation, puis entre.

- Comment avez-vous su que je me tenais derrière cette porte ? questionné-je, interloquée à l'entende de mon nom après sa permission.

D'autant plus que ce n'est pas la première fois. Il se retourne pour me regarder. Soudain, je me souviens.

- Ah ! Oui ! ris-je. J'oubliais ! Mes excuses…
- Que veux-tu ?

Mon sourire s'efface peu à peu de mon visage et mon regard quitte celui du Sannin pour se réfugier sur le parquet. J'avale ma salive avant de marmonner :

- J'apprécierai grandement vous accompagner, demain.

Il se contente de se retourner pour ranger, comme à son habitude dès que j'arrive, les bricoles qu'il laisse sur sa table. Le silence permet à mon estomac de s'exprimer librement et farouchement.

- Et pourquoi donc ?
- Je…
- Tu es soucieuse.
- Oui…
- Pourquoi ?
- Je ne peux pas répondre à cette question…

Il se retourne de nouveau afin de me faire face, prenant appui contre la table.

- Écoutez… je suis peut-être bileuse, mais sachez que les mauvais pressentiments ne m'ont jamais fait défaut, ce qui ne m'a pas empêchée de les prendre à la légère. À aucune fois je n'ai été présente pour soutenir lors d'une catastrophe.

Je marque une pause, puis déclare :

- Laissez-moi vous accompagner.
- Il n'y a pas lieu à s'inquiéter, pouffe-t-il en croisant les bras.
- Oui, mais… non.
- Tout se passera très bien.

Je réfléchis un instant, cherchant des arguments ou des exemples qui pourraient éventuellement le faire changer d'avis.

- Et… et s'ils étaient plusieurs ? Les membres de l'Akatsuki se déplacent toujours en binôme, non ?
- J'ai affronté Tsunade, Jiraiya et leurs deux accompagnateurs alors que j'avais perdu l'usage de mes bras.
- Mais vous ne vous en êtes pas sorti vainqueur…
- Mais je suis toujours là.
- Et vous aviez Kabuto…
- Et je l'ai toujours, s'amuse-t-il.
- Les membres de l'Akatsuki ne sont pas les deux personnes avec lesquelles vous avez grandi et évolué !
- J'ai compté parmi eux suffisamment longtemps pour connaître leurs capacités et j'ai mes bras.
- Tsunade et Jiraiya n'avaient pas l'intention de vous tuer, rétorqué-je en posant une main sur une hanche.
- Crois-moi, si.
- Imaginez le pire des imprévus.
- J'apprécie que tu te soucies de moi, mais cela n'en vaut pas la peine.
- Mon avenir est entre vos mains, défendis-je en croisant les bras. C'est tout.
- Me voilà vexé.
- Emmenez-moi.
- Non. Toi, tu resteras ici. Je n'emmène que Kabuto.
- Je pourrai être utile…
- J'ai dit non.
- Et pourquoi pas ? me fâché-je.
- Tu m'ennuies, Seiko…
- Trouvez de bons arguments et je vous laisse.

Orochimaru soupire d'agacement, mais il sait que s'il souhaite se débarrasser de moi, il devra me convaincre.

- Je te veux à la tête du repaire en mon absence et j'ai besoin de Kabuto pour le scénario.

Je le regarde un instant, puis tourne les talons.

- Je ne suis toujours pas convaincue, soufflé-je, mais je n'ai pas d'autres choix que de vous faire confiance, on dirait… Quand serez-vous de retour ?
- Demain midi.
- Entendu.

Et je quitte la pièce, peu satisfaite de cet entretien. Je m'en fiche, au risque de le décevoir, j'envisage bien de le suivre et je me remplacerai par Emon. J'ai promit mes services à Orochimaru, je lui ai offert ma loyauté et il sait pertinemment que je ne suis plus une machine à exécuter des ordres. Mes mauvaises intuitions ne m'ont jamais menti et toujours, cela finissait par des cadavres, avant même que je ne puisse faire quelque chose. Je ne m'inquiète pas, non, j'ai réellement peur, et cela, il n'a pas l'air de le comprendre…
Je tâche d'avaler quelque chose avant de me coucher.

Je me lève suffisamment tôt le lendemain pour me préparer discrètement en même temps que mon collègue et mon supérieur. Je me douche, prépare mon arsenal, m'habille, et ce, toujours avec ce détestable sentiment. Je ne m'imaginais pas qu'ils partiraient d'aussi bonne heure, le soleil n'est même pas levé, mais par précaution… et j'ai bien fait.
Une fois prête, je patiente sagement leur départ en ajoutant une bonne quinzaine de minutes avant le mien afin de m'assurer qu'ils ne feront pas demi-tour s'ils oublient quelque chose. Enfin, ne sait-on jamais ?
Emon est réveillé, lui aussi.

- Emon, je te lègue mes fonctions jusqu'à mon retour.
- Où vas-tu ?
- Je suis Orochimaru et Kabuto.

Il me fixe de son regard sombre un long moment, puis devine :

- Sans leur accord.
- Exact, et tu ne m'empêcheras rien du tout.
- Je n'en ai pas l'intention, sourit-il. Mais pourquoi ?
- Un mauvais pressentiment, soufflé-je.

Son sourit s'efface, rendant son visage soudainement sérieux.

- Tu me connais, Emon…
- Oui.
- J'y vais, à ce midi.
- À ce midi, Seiko. Et bonne chance contre Sasori.
- Merci.

Et je m'éclipse. Orochimaru et Kabuto doivent être bien loin, surtout s'ils sont partis au pas de course, ce qui m'étonnerait, toutefois. Mon sceptre en main, je place la pierre au dessus de ma pomme et invoque une énergie bestiale. Je lève ensuite mes yeux vers le ciel pour voir un aigle gigantesque se poser sur le sol, à mes côtés. Une année et sept mois… je n'ai pas tardé pour m'entraîner davantage et apprendre de nouvelles choses. Je monte alors sur le dos de ce magnifique rapace et quitte le sol pour m'élever haut dans les airs. J'aperçois au loin ceux que je recherche, puis leur destination. Nous dépassons alors les nuages pour cacher notre présence et planons en direction du pont durant de longues demi-heures. Nous perdons ensuite de l'altitude et volons à présent au dessus d'une forêt. En fusionnant légèrement avec l'animal, je parviens à repérer Kabuto habillé d'une cape sombre, et Orochimaru marchant loin derrière. Sasori est déjà au rendez-vous… c'est donc lui… un regard vide, un foulard sur le bas du visage, des tresses qui partent vers l'arrière, le dos voûté, une queue de scorpion métallique… Il est effrayant. Mon collègue finit par émerger des bois, le Sannin, lui, s'arrête avant, sûrement pour observer la scène. Le membre de l'organisation criminelle ennemie échange quelques mots avec l'appât. Ce-dernier semble lui réclamer quelque chose, et, tandis qu'il s'est retourné pour s'assurer qu'il n'était pas suivi, Sasori sort un kunai. Un instant après, Orochimaru apparaît derrière Kabuto, les bras croisés. J'observe la scène attentivement. Ce n'est pas normal… Ce type possède une arme redoutable et sort un misérable kunai… Je décide de me rapprocher un peu plus, mais toujours très discrètement. Un serpent s'enroule autour de Kabuto, et, jouant la surprise, ce-dernier bondit en dehors de sa cape pour se placer aux côtés de Sasori. Le jeune homme aux cheveux pâles active son scalpel de chakra. Je me mets en garde, mais il se retourne pour décapiter le membre ennemi, laissant apparaître le vrai Saso… ri ? Non… cette tenue… ce bandeau… Sasori des Sable Rouge devrait avoir le symbole de Suna sur le front, et non pas celui de… Konoha… Konoha ! Ça ne pouvait pas tomber plus mal ! Et s'il se passe quelque chose, comme mon intuition me le convainc, je ne pourrai pas faire demi-tour ! L'impasse ! Kabuto pose une main sur sa hanche, perplexe, puis comprend enfin… Le vrai Sasori a du être tué par mon village natal. Mon collègue regarde l'usurpateur, puis Orochimaru. L'ennemi fait un geste d'appel et trois personnes viennent se placer devant lui. Les couleurs me viennent en premier : rose, orange et gris… Sakura, Naruto, Sai… Naruto… c'est Naruto… L'impasse et de plus en plus étroite… Kabuto se tourne vers Orochimaru et lui dit quelque chose, l'air grave. Je pourrais deviner de quoi il s'agit si j'avais une vue sur le visage du Sannin, mais je suis derrière lui. Cependant, Kabuto recule jusqu'au groupe ennemi. Qu'est-ce que cela signifie ? Sommes-nous toujours dans le prévu ? Il explose ensuite de rage, à ma plus grande des surprises, mais je ne peux pas l'entendre : le vent joue en ma défaveur et le tourner attirait l'attention. Une chose est claire, toutefois : nous sommes face à deux grands imprévus. Konoha… et Kabuto. Ce dernier charge sur Orochimaru, accompagné de Naruto. Je ne prends pas la peine d'attendre plus longtemps pour intervenir : je quitte mon perchoir, usant de la puissance des ailes qui viennent d'apparaître dans mon dos pour atterrir le plus rapidement possible sur le pont entre les deux ennemis, repoussant mon ex-collègue de deux coups de bâtons dans le flan et le blondinet d'un puissant coup de pied dans l'abdomen. Konoha sait à présent que je suis en vie…

- Je me demandais justement quand tu allais entrer en scène, Seiko.

Je tourne mon regard sur celui de Sakura, abasourdie par ma présence. Naruto a relevé la tête au son mon nom sorti de la gorge du Sannin.

- Seiko…
- Navrée pour le coup de pied, souris-je. Et coucou.
- Mais… tu…
- Es censée être morte, oui. C'est une longue histoire. Mais je suis là.
- Seiko, qu'est-ce que tu fais ici ? Rentre à Konoha, sollicite Naruto.
- Tu te moques de moi ? m'offensé-je en frappant le manche de ma hache contre le sol.

Je réfléchis un instant, puis saisis la situation.

- Comment Tsunade t'a annoncé ma mort ? douté-je.

Je vois Sakura détourner le regard et bouger nerveusement.

- Qu'a-t-elle dit à mon sujet ? à notre sujet ?
- Que… que vous êtes morts en mission, lâche-t-il maladroitement.

Sa réponse me fait doucement sourire.

- Il faut que tu reviennes à Konoha, insiste-t-il. Avec Sasuke !
- Oh… ne t'inquiète pas pour cela, Naruto-kun, je compte bien revenir. Mais il y a une chose que tu omets…

Je laisse le vent souffler dans mes boucles brunes, fixant le regard de Naruto autrefois enfantin, mais toujours d'un bleu aussi naïf.

- Tu n'es pas en mesure de ramener qui que se soit à Konoha.
- Mais… pourquoi ?
- N'interfère pas dans nos vies et respecte nos choix.
- Je te briserai les jambes et je te traînerai de force, s'il le faut !
- Tu ne sais rien, Naruto Uzumaki.
- Qu'est-ce que je suis censé savoir ! s'énerve-t-il.
- Plus tard. En attendant, je ne te laisserai pas approcher.
- Je ne veux pas me battre contre toi, blâme-t-il.
- Tu es obligé ! Naruto ! Je suis ton ennemie tant que tu es à Konoha et moi à Oto ! C'est le cours de la vie et tu ne peux rien y changer ! Tu as choisi ton destin et j'ai choisi le mien… Tu n'as pas à décider à ma place. J'ai mes raisons d'être ici.
- Tu me tuerai ?
- Je…
- Es-tu prête à me tuer !
- Je suis prête à tuer pour Orochimaru, avoué-je.
- Pour Orochimaru, répète-t-il doucement. Pour cette… ordure ?
- Il est l'essence même de mon avenir, rétorqué-je. C'est vivre… ou mourir !
- Et tu lui fais confiance ?
- J'ai choisi de vivre.
- Il t'utilise !
- Et je l'utilise aussi, c'est ce qu'on appelle un marché.
- Un pacte, oui !
- J'ai troqué trois années et de recherches contre trois années de loyaux services afin qu'il me tire de ce pétrin. Nous coopérons dans un but commun, et s'il parvient à me soigner, je resterai à ses côtés.
- Tu es folle…
- Tu as la chance de ne pas avoir de compte à rebours sur la conscience, toi.
- Kimimaro était pareil, lance-t-il d'un geste sec de la main. Atteint d'une maladie incurable et il en est mort alors qu'Orochimaru lui avait promis la vie !
- Peu importe.

Il m'est impossible d'effacer l'ignorance de Naruto en présence de ses deux ou trois cafards. Je ne fais confiance à aucun d'eux.

- Seiko… s'il-te-plait…

Je le dévisage, ennuyée par son insistance.

- S'il-te-pl…
- Tais-toi, tranché-je.

Silence.

- Dans ce cas, déclare-t-il en joignant ses mains, je ne vois pas d'autres moyens.

Il fait apparaître deux clones à ses côté, tend une main à celui de gauche, mais il est arrêté par l'adulte du groupe.

- Que comptes-tu faire ?
- Hein ? Euh…

Cet homme a raison. Naruto ne peut pas se battre seulement contre moi si Orochimaru est proche. Quoique, tel que je le connais, le Sannin pourrait très bien se contenter d'observer.

Je jette un coup d'œil sur Sakura dont le regard trahit pleinement sa surprise de me voir. En m'incrustation dans son esprit, je peux comprendre que ce qui la choque, en plus de mon actuelle existence, est le fait que j'ai subitement grandi et que je fasse plus que mon âge normal. Elle aussi, a grandi. Ses traits sont moins ronds, mais ses yeux ont ternis. Je me demande si elle a progressé comme Naruto, si la fausse Tsunade a continué son enseignement ou si elle s'est entraînée seule. En tous les cas, elle a évolué.

Quant à Sai, son visage, masqué d'une impassibilité plus inquiétante que trois ans au paravant, s'est affiné.

Kabuto, lui, a les traits crispés.

Seul l'adulte de Konoha m'est inconnu. Je l'observe avec insistance, mémorisant chaque trait, chaque ride, chaque caractéristique de son visage. Ses mains sont celles d'un artisan ou d'un farouche combattant. Cet homme a prit la place de Sasori dans une marionnette en bois alors que ce dernier est réputé pour user de matériaux organiques et humains servant à la fabrication de pantins. Ce type est donc un utilisateur du Mokuton, seulement, Hashirama Senju, Shodai Hokage, pouvait se servir de cet élément. Lui uniquement.
J'ai appris qu'un shinobi peut posséder deux types chakra, et lorsqu'il les fusionne, il peut obtenir un nouvel élément. Sachant que nous avons l'eau, la foudre, le feu, le vent et la terre… je dirais que l'obtention du bois se fait à partir de l'eau et de la terre. Est-ce le fruit du hasard ou est-il un descendant d'Hashirama ? Non… il est jeune. Plus jeune que Tsunade. Il pourrait être son fils, mais cela, je l'aurai su. Peut-être un neveu ? Je l'aurai su aussi… mais peut-être pas. Je ne lui trouve aucun air de ressemblance avec Premier Hokage et encore moins avec Tsunade… Enfin. C'est de la génétique, et qui dit génétique, dit hasard…

De la génétique, hein…
Orochimaru ?
Cela s'emboîte parfaitement avec les dates… Ayant étudié l'histoire de Konoha de long en large et en travers lors de l'arrêt de ma vocation après la mort de ma mère, je viens de me souvenir que Sandaime était à la recherche d'un moyen pour utiliser les techniques de maîtrise du bois et des Bijû. À cette époque, Orochimaru œuvrait pour Konoha, et sachant dans quoi il excelle, je peux deviner que vingt ans auparavant, il a effectué des expériences sur des enfants servant ce même-but, dans le dos de la loi. Vingt ans… oui… quatre ans avant l'attaque de Kyubi sur Konoha et son scellement à l'intérieur Naruto alors qu'il venait de naître.
C'est donc pour cela qu'ils l'ont choisi à la place de Kakashi…
Il doit y en avoir d'autres, des utilisateurs du chakra d'Hashirama. Il ne doit pas être le seul…

Je détourne mon attention Kabuto.

- C'est donc ici que nos chemins se séparent, soufflé-je avec une pointe de regrets.

Il se contente d'affirmer ma déduction par un "oui" accompagné d'une remontée de lunettes rondes du bout de son annuaire.

- Dans ce cas… Orochimaru ?

Un silence.

- Tu peux y aller, m'autorise-t-il de sa voix gutturale. Je ne me salirai pas les mains pour lui.

Je reste un instant immobile, analysant ses paroles. Il est clair qu'il est loin d'être ravi de la situation. Je n'attends pas plus longtemps pour m'avancer vers notre veste retournée, ma hache en main, en prenant soin de poser un pas après l'autre. Il active sa lame de chakra, prêt à se défendre. Je regrette aussi la tournure que prend la situation… Il recule, le front perlant.

- Ne fais pas ça ! s'écrie Naruto.

J'aimerai, mais il en sait trop… il a des informations en sa possession dont je refuse leur divulgation.

- Ça sera rapide, assuré-je en changeant ma hache en épée. Et propre.

J'ignore par quelle réaction psychique Kabuto trouve le courage de foncer sur moi, mais il fonce, armant sa lame de chakra. Arrivé à mon niveau, je le laisse m'atteindre : sa main traverse mon abdomen sous les six regards abasourdis. C'est… douloureux… je l'admets. Cependant…
Je disparais pour me matérialiser derrière lui, intacte, place ma lame devant sa gorge et…
Du coin de l'œil, j'aperçois un projectile sombre fuser en ma direction. Je l'arrête de justesse en l'attrapant le manche dans ma main gauche. Cette puissance dans ce kunai…

- Tu as du culot… Sakura, grincé-je en lui renvoyant son arme de lancer d'un simple geste de la main décuplant aussi ma puissance.

Lorsqu'elle s'apprête à percuter son front, Naruto tire vers lui le cafard rose de façon à lui épargner une mort brutale. Le kunai vient se perdre dans la forêt derrière eux, transperçant bien des arbres avant de s'arrêter je ne sais où.

- Mais tu as de la chance, souris-je amicalement.

Kabuto tente de s'échapper, en vain, je le maintiens fermement.

- C'est bon. Seiko.

Je tourne mon regard sur le Sannin. Il me fixe de ses yeux d'or…

- Laisse-le.

Je ne lui obéis pas sur l'instant, mais finis tout de même par relâcher ma prise et le laisser repartir, non à contre-cœur. Il doit sûrement avoir quelque chose en tête.

- Tu es devenue une chienne, m'insulte Naruto.

Pour toute réponse, je lui souris doucement. L'homme de bois serait bien intervenu si Sakura avait été moins rapide. Ils doivent y tenir, à Kabuto.

- Pour combien tu te vends ?
- Naruto ! intervient l'adulte.

Je ne bronche pas, puisqu'il semblerait que le blondinet essaie de jouer sur mes nerfs. Le Sannin ne semble pas non plus réagir à ses agaceries.

- Ne la provoque pas.
- Eh ! Orochimaru ! persiste-t-il. Je vais ramener Seiko et Sasuke, que tu le veuilles ou non ! Et par n'importe quel moyen !

Ah oui…

- Je serais tout de même curieux de voir l'évolution de mon Sasuke-kun en te plaçant face à lui, déclare Orochimaru dans mon dos.

Naruto a eu un tilt sur sa phrase. Il se crispe, change physiquement… Ses cheveux se raidissent, ses yeux deviennent orangés, sa pupille s'allonge vers la verticale. Il grimace, laissant apparaître une rangée de dents pourvue de canines anormalement longues.

- Enfoiré, prononce-t-il avec mépris. Ne parle pas de Sasuke comme s'il t'appartenait !

J'arme mon épée, me mettant aussi en garde.

- Je suppose que nous allons pourvoir nous amuser un peu, ricane mon supérieur. Je te laisse soin des autres, Seiko.

Cette fois-ci, Naruto charge. Il ne fonce pas sur moi, mais sur Orochimaru. Je ne le retiens pas. Il passe à ma droite, provoquant un formidable appel d'air. Comme convenu, je laisse le Sannin avec le blondinet.

- Yamato-taichou, prononce Sakura. Cette fille a les mêmes capacités que les miennes.
- Elle a déjà beaucoup plus que toi, dit Sai.

Il se moque, bien évidement. La grimace de mon ancienne amie le montre parfaitement.
Donc cet homme se prénomme Yamato.

- Seiko, m'interpelle Kabuto. Je n'ai pas envie de te tuer.
- C'est réciproque pour moi.
- Mais je le ferai si tu m'y obliges.
- Ah ! un point qui nous différencie ! Le désir et le devoir me manque, ce qui fait de toi la seule exception.

Quoique…

- Ou une des seules. Je verrai bien !

Mon ex-collègue active sa lame de chakra.

- Toujours aussi instinctive, hein…

Je souris.

- Il m'arrive tout de même de réfléchir, répondis-je calmement.

Je tiens évidement à Orochimaru… mais aussi à Naruto. Ces deux personnes-là se combattent et il m'est interdit d'intervenir.
Kabuto charge, je m'écarte d'un pas sur la droite pour le laisser passer, m'avance, me retourne et balance ma jambe dans son dos, l'envoyant valdinguer près des autres.
Je dois couvrir Orochimaru et soutenir Naruto sans intervenir. En y réfléchissant, j'occupe déjà ce groupe, facilitant la tâche du Sannin. Mais dans un même temps… il faut que je garde chacun d'eux en vie. Même Sakura. Quant à Sai… je ne sais pas.

Un tremblement. Un vent violent. Chaud et violent. Je me retourne pour apercevoir les arbres se déraciner sous cette puissance phénoménale et fuser droit vers nous. Orochimaru et Naruto se sont éloignés.

- Restez derrière moi, commandé-je.
- Quoi ?

Je tends les bras au ciel, les rabaisse au niveau de mes épaules et les propulsent vivement vers l'avant, provoquant un vent contraire tout aussi puissant jusqu'à ce que cela cesse. Je me tourne alors vers le groupe qui me dévisage.

- Pourquoi… as-tu, bégaie Sakura.
- Je tiens à Naruto, déclaré-je. Vous protéger est une façon de le protéger.
- Et Orochimaru ?
- C'est la même chose. Vous combattre lui facilite les choses. Si je te tue, Sakura, Naruto m'en voudra et ce n'est pas ce que je souhaite. Kabuto n'est pas ma cible, Sai me paraît tout aussi stupide que le blondinet, et Yamato est la seule personne qui puisse maîtriser Kyubi.
- Orochimaru t'a racontée, suppose ce-dernier, confirmant ainsi ma déduction.
- Orochimaru ne m'a rien racontée du tout. Un rassemblement d'informations suffit.
- C'est pour ça que tu l'as fixé vicieusement toute-à-l'heure.
- Vicieusement ? répété-je, indignée. Tu ne choisis pas le bon vocabulaire, bonhomme.
- Que comptes-tu faire, là ? pose Sakura.
- Attendre sagement qu'Orochimaru aie fini ce qu'il a à faire.
- Tu veux dire que…
- Je n'ai pas envie de me battre. Grosse flemme, si tu préfères, souris-je.
- Et si nous attaquons, ajoute Yamato. Que feras-tu ?
- Allez-y. Vous verrez bien.
- Je pensais que tu n'en avais pas envie, remarque-t-il.
- Eh ! ris-je. Ce n'est pas une raison pour ne pas le faire ! Regardez : je n'ai pas envie de tuer Kabuto, et portant, j'allais pour l'égorger. Pareil pour Sakura : je veux la faire payer, mais je ne m'y prendrai pas.

Je marque une pause.

- Le lien qu'elle entretient avec Naruto m'en empêche, expliqué-je. Orochimaru m'a arrêtée dans mon geste, et je ne t'ai donc pas tué, Kabuto. Cependant, si ce lien n'existait pas entre Sakura et Naruto, je n'hésiterai pas. Tout comme vos cellules, Yamato. Sans les capacités d'Hashirama, je vous aurai pris pour cible.

Je souris.

- Si vous voyez où je veux en venir…

Je le laisse réfléchir jusqu'à ce que Sakura s'en mêle :

- Arrête de tourner autour du pot et dis-nous ce que…
- Tu n'engageras pas le combat, comprend Yamato.
- C'est exact. Je ne ferai pas le premier pas.

Sakura se redresse, charge son poing de chakra et fonce sur moi, suivie de près par Sai qui a sorti son katana.
Elle me décoche une droite que j'évite d'un pas sur la gauche. Je passe derrière elle, arrête le geste de Sai en lui empoignant la main, agrippe le col de Sakura, tire le jeune homme vers moi et tout en projetant mon ex-camarade sur Kabuto qui arrivait à son tour avec une lame de chakra. L'artiste en herbe balance souplement sa jambe en ma direction, mais je le déstabilise en le tirant d'avantage et parviens à passer entre ses jambes. Je lâche alors sa main en prenant soin de le désarmer et de planter sa lame dans son vêtement sans pour autant le blesser une fois qu'il eu touché le sol. Immobilisé.

Je me retourne sans attendre et j'ai bien fait. J'effectue un rapide pas sur la droite, esquivant de peu une branche d'arbre sortie tout droit de la paume de Yamato. Pointue. Eh bien !

- Ma vie est en jeu, on dirait, m'exalté-je.

Au moins, il a compris qu'il ne faut pas me prendre à la légère.

- Sakura ! appelle-t-il. Prépare-toi !

L'homme de bois plaque sa main libre contre le sol, invoquant plusieurs branches qui viennent se nouer autour de mes membres. Ah ! Je ne peux plus bouger…
Sakura arrive.
Iruka n'a pas réussi à m'immobiliser avec des cordes. Ce n'est toujours pas aujourd'hui que l'on réussira avec des brindilles ! Je libère une puissante onde de choc, renvoyant Sakura comme elle est venue et éclatant ces chaînes de bois en mille et un fragments et fuse vers Yamato. Il parvient toutefois à contrer mon coup de pied dans lequel je n'ai concentrer aucune surpuissance.
J'aperçois du coin de l'œil Kabuto arriver. Yamato repousse fermement ma jambe. Je profite alors de cet élan pour prendre appui dessus et propulser l'autre en pleine face du myope, l'envoyant valdinguer plus loin.

Cependant, Sakura trouve le temps de venir en aide à Sai. Elle est la seule avec moi à être dans la capacité de retirer l'arme du jeune homme dont la lame est entièrement plantée dans le sol. Je fais alors appel à Kuro qui vient s'interposer entre les jeunes shinobi.
Je détourne ensuite mon attention sur Kabuto et Yamato qui profitent de mon dos tourné pour tenter une offensive. Ils sont grands… l'un fait une demi-tête de plus que moi, l'autre une entière. Je disparais sous leurs frappes pour me matérialiser juste derrière eux. Kabuto trouve le reflex de se retourner et de trancher l'air de sa lame de chakra, tranchant vainement ma chair, toutefois. J'esquive en me baissant, tendant ma jambe senestre et repliant la dextre, puis balaie d'un geste vif le sol de façon à faire chuter Yamato sur le côté gauche. Quant à Kuro, il s'est débrouillé pour envoyer Sakura sur Kabuto. Il m'arrive de m'interroger sur la conscience de mon compagnon reptilien. Plus le temps passe, plus j'ai l'impression qu'il s'humanise.
Enfin !
Yamato, à terre. Kabuto et Sakura aussi. Sai, immobilisé. Et je dois m'entretenir avec mon ancien collègue et mon ancienne amie.

- Oh mais, j'y pense, ris-je à l'intention du jeune homme. Il s'agit là de la deuxième réception de Sakura ! Toutes mes excuses, Kabuto. Tu dois en avoir assez de te la prendre sur le nez.
- Putain, c'est quoi ton problème ! gueule la rouquine pour le peu qu'elle l'est.
- Mon problème ? répété-je, amusée.
- Ouais, ton problème…
- Vous n'êtes pas fichus de me tenir tête correctement, et pourtant, j'utilise essentiellement le taijustu. Le problème viens de vous, il me semble.

Je jette un coup de tête vers l'arrière pour désigner Sai.

- Ce bonhomme ne cesse de se tortiller pour retirer cette lame qui est sienne, et les fibres de son vêtement sont bien trop élastiques et serrées entre elles pour se permettre de rompre à une simple tension.

Je montre ensuite à ma droite.

- Quant à Yamato, soufflé-je calmement, il est comme enfermé dans un petit nuage. Kabuto et toi êtes les seules personnes encore débout, mais faisons une petite pause, j'ai à vous parler.
- C'est quoi ce…
- Kabuto, coupé-je. J'apprécierai connaître les raisons pour lesquelles tu nous quittes.

Il désactive sa lame de chakra après un instant d'échanges de regards.

- Orochimaru-sama, commence-t-il lentement. Avant que tu ne rentres à Konoha, il m'a envoyé te chercher. Mais tu es apparue plus tôt que prévu et tu as été exécutée sur la place publique.

Il marque une pause, probablement ému. Je connais déjà l'histoire, mais je veux l'entendre de sa voix. Il reprend alors, la gorge nouée :

- Pendant que je logeai à Konoha sous une fausse identité, j'ai rencontré une femme formidable. Son père était malade et il n'a pas pu être sauvé. J'ai donc enseigné mon savoir à sa fille pour qu'elle puisse venir en aide à ceux qui en ont besoin. Je me confiais à elle, et j'ai fini par lui dire que j'étais au service d'Orochimaru-sama, que j'étais là pour toi et que je ne pouvais pas rester auprès d'elle. Elle…

Il s'arrête. Étouffant des larmes du mieux qu'il peut. Je le regarde à travers un masque d'impassibilité, mais pourtant profondément atteinte par cette histoire. Elle me fait toujours le même effet… Je jette un coup d'œil sur Sakura. Comme elle n'a rien à entendre de cette conversation privée, j'isole Kabuto et moi-même dans une dimension créée récemment par mes soins.

- Elle ne m'en a pas voulu, continue-t-il. Mais lorsque tu as été exécutée, elle a insisté pour qu'elle m'accompagne. J'ai refusé, bien évidement, connaissant Orochimaru-sama, seulement, elle a réussi à me persuader que tout se passerait bien. Elle était d'un charme fou… Orochimaru-sama ne pouvait qu'être séduit et l'accepter… Au lieu de cela, emporté par une colère jamais vu chez lui, il l'a tuée d'une manière des plus horribles. Elle a… elle a longtemps souffert. Il m'a forcé à la regarder agoniser tandis que son ventre était ouvert et que ses tripes s'affalaient sur le parquet.

Kaliachi m'a épargnée les détails…

- Il prenait plaisir à la savoir là, étendue sur le sol, baignant dans son sang et souffrant comme il n'est pas permis ! s'énerve-t-il. Il prenait plaisir à me regarder souffrir devant elle ! … Puis… tu es réapparue par je ne sais quel sortilège… La perdre ainsi, ton retour d'entre les mort deux mois après ton exécution… ceci additionné à toi qui es placée directement à mon niveau et à Orochimaru-sama qui trouve sa bonne humeur en te sachant parmi nous a accru mon écœurement. Je n'avais qu'une seule envie : le détruire comme il m'a détruit. Cependant, je me suis souvenu qu'une vengeance de me la ramènerait pas. J'ai donc décidé de partir.

Je le fixe longuement, les bras croisés et le front bas. Bien que le sentiment qui le lie à cette femme m'est inconnu, je ne peux retenir ce pincement au cœur qui noue ma gorge. Seulement…

- Saches que tu te venges en nous quittant, déclaré-je avec indifférence. Tu condamnes Orochimaru et tous ceux qui marchent derrière lui.
- Orochimaru-sama a été comme un père, pour moi.

Je lève ma tête, surprise ou touchée, je ne sais que dire, peut-être bien les deux…

- Il a contribué à mon éducation, il m'a nourri, enseigné, protégé…

Un père…

- Le mien m'a insultée, frappée, a tenté de me tuer, et m'a peut-être même…

Je détourne le regard, émue et censurée par ma morale.

- Je ne sais pas…

Après avoir marqué une brève pause, je reprends :

- À côté de cela, il lui arrivait de sauver des vies.

Je lève ma tête.

- Au bout du compte, nous ne sommes pas bien différents, tous les deux ; nous ne connaissons pas nos parents biologiques, nous nous sommes retrouvés avec le sang de nôtres mères adoptives sur les mains et j'en omets. Seulement, un détail échappe à cette ressemblance qui fait toute notre opposition.

Il me dévisage, silencieux.

- Dans quel intérêt as-tu servi Orochimaru ? Tu le suivais sans rien dire…
- Je…
- Quelle cause te ralliait à sa personne ?

Le voyant hésiter et baisser à son tour les yeux, je m'approche de lui d'un pas lent.

- Kabuto, murmuré-je.

En fait… il ne cherche pas la réponse : il la cache. C'est ainsi que je la devine. Je me permets alors de porter ma main droite à la branche de ses lunettes rondes et de les lui retirer, puis de les replier. À présent presqu'aveugle, je cueille une de ses mains et y dépose l'objet si précieux à ses yeux malades.

- Sois toi-même, Kabuto, déclaré-je.

Au son de cette phrase standard, il lève la tête. Je lui souris alors, sachant parfaitement qu'il parviendra à le percevoir.

- Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris.

Je referme sa main sur l'objet dans un même temps, puis disparais, le laissant seul dans ce vide immaculé.


Avec une petite illustration car le dessin c'est est le bien
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